IV. PAftTlE. SES OUVRAG
fnBn délivré. Ledernier ^le plus chéri ^ celui qui ne peut, même à présent y sortir de mon cœur y était de rejoindre xnilord MdxêehsA ; de donner mes derniers jours à mon ami , mion protecteur , mon père y au seul homme qui m'ait tendu la main dans ma misère et qui m'en ait consolé. Mais cet espoir m'était trop doux ; il m'échappe encore : mon triste état me l'ote ; il ne m'en reste presque plus que le désir , à moins que le reste de l'hiver ne m'épargne , et que le retour de la belle saison »e. fasse un miracle; je n'attends plus d'autre changement à mon sort ici bas y que son terme,, il ne me reste plus qu'à souffrir et mourir. Cela se peut faire ici tout comme ailleurs ; et si je ne puis rejoindre milord Maréchal, je ne songe plus à changer de place : ce dont j^'ai besoin, désormais, se trouve partout.
Il y a long- temps que je n'ai eu de nouvelles de milord Maréchal, je soupçonne que dams le long trajet ijios lettres s'égarent ^ car je suis parfaitei^ient sur qu'il ne m'oublie pas et j'en ai la preuve , par ce qu'il vient de faire en vaa faveur auprès de vous. Ah ! ce digne homme I au bout de la terre il serait mon bienfaiteur encore et mon cœur iratit l'y chercher. Ayes^la bonté , Madame , de- lui faire parvenir . Viucluse : je le connais ;; je sais qu'il m'aime et vqos Lui feres plaisir presqu'au^nt qu'à moi.
Vous voulez que je voi%s donne des nouvelles de mademoiselle La Vasseur : c'est une bonne et honnête personne,. digne.4e l'honneur que vous lui faites. Chaque jpur ajoute à mon estime pour elle, et la seule chose qui pie rend désormais l'habitation de ee pays déplaisante, est de l'y laisser sans amis après n»oi qui la protègent contre l'avarice des gens de loi qui dissiperont mes gueuilles et visiteront mes chiffons. Du reste, l'air de ce
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pays lui est plus. favorable qu'à moi /et elle s'y fôrHf mieux qu'à Montmoreacy , quoiqu'elle s'y plaise moins. Permettez-lui ^ Madame, de vous faire ici ses remerciments très-humbles et de joindre ses respects aux miens. »
Celte lettre, imprimée pour la première fois à Londres, ep iSio, fait ToirTétat moral de Rousseau. La conduite de madame de Bouf* flers justifia ce qu^il dit de la beauté de son âme. Voy. tomel, page t3i et suit.
5o5. A. M. Théodore Rousseau. ^ Métiers^ le3i octobre
« Si j'avais ^ mon cher cousin , dix mains y dix secrétaires , une santé robuste et beaucoup de loisirs , je serais inexcusable envers vous, envers M. Chirol et beaucoup d'autres ; mais , ne pouvant suffire k tous , je me borne aux choses indispensables , et quant aux simples lettres de souvenir , je m'en dispense , bien sûr que mes parents et mes amis n'ont pa$ besoin de ce témoignage du mien. Si j'avais pu faire ce que souhaitait M. Chirol , je l'ajorais fait tout de suite ; mais il m'a paru peu nécessaire de lui marquer que je ne le pouvais pas ; * je voudrais de tout mon cœur pouvoir contribuer à ses avantages, mais je n'ai rien à lui fournir pour imprimer. Quant à vous , mon cher cousin , j'espère que vous voudrez bien pardonner quelque inexactitude dans mes ré" ponses , qui marque bien plus la confiance que j'ai dans votre amitié^ que l'attiédissement de la mienne. Je salue avec respect ma cousine votre mère , et vous embrasse , mon cher cpusin ; de tout mon cœur.
J.-J. Rousseau. >