‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 96 sur 108 · AMad. la Comtesse de Boufflers. Ce jeudi · texte numérisé non relu

AMad. la Comtesse de Boufflers. Ce jeudi

^4 rnars. ( Trie , 1768. )

« Votre lettre me touche , Madame , parce que j'y crois recomiaitre le langage du cœur ^ ce langage qui , de votre part, m'eut rendu le plus heureux des hommes, et à bien peu de frais. Mais , n'espérant plus rien , et ne sachant plus même que désirer , je ne vous importunerai plus de mes plaintes. Si mon sort , quel qu'il soit, vous en arrachait quelqu'une, je m'en croirais moins malheureux.

» La lettre de M. le prince de Contime met en grande peine sur son état actuel. Oserais-je espérer , Madame , que vous voudriez bien m'en faire écrire un mot par quelqu'un de vos gens , ou ceux de son altesse ?

» Je finis brusquement , étant attendu pour aller à Gisors. »

Il parait que Jean^ Jacques avait toujours sur le cœur la lettre que lui avait écrite madame de BoufEers, à Foccasion de sa rupture avec David Hume , et que nous avons rapportée dlans le récit d^ cette querelle. S^il avait connu celle de cette dame à son ennemi, il aurait admiré la noble franchise de son caractère , au lieu de lui faire des reproches*

lY. PARTIE. SES OUVRAGES. 639

85 1. A M. De Saint-Geruain ( sous le nom de Renou )•

A Bourgoin y le*i3 novembre 1768.

a litardi ^ MonsieuV , vous n'êtes pas libre ^ ni moi Inercredi ; le jeudi même est douteux: reste ddnc demain, lundi , pour ne pas aller trop loin. Il me serait moins incommode y il faut Tàvouer , que vous me fissiez l'honneur dé venir manger mon potage ^ mais comme une soupe de cabaret n'est pas trop présentable, et que j'y perdrais l'honneur de dîner avec madame de Saint-Germain , je préfère , Monsieur , dé profiter de votre invitation , en la priant de permettre que j'aille demain lui demander à dîner. S'il faisait beau demain , sur les dix heures , j'irais vous proposer une promenade jusqu'à midi y à moins que vous ne la préférassiez de nos côtés y où il y a d'assez belles prairies.

^ Ne craignez pas -, Monsieur^ d^entendre de ma part, rien qui vous puisse déplaire : je respecte trop , pour cela , et vous et vos sentiments ) et les miens , que je vois bien qui ne vous sont pas connus , en sont moins éloignés que vous né pensez. Mais , ce n'est pas de cela qu'il s'agira.

» Je suis bien sensible , Monsieur , à votre complaisance ; vous ne tarderez pas d'en connaître le prix. Si^ j'avais trouvé plus tôt un cœur auquel le mien osât s'ouvKir , j'aurais souffert de moins vives angoisses, et ma raison s'en trouverait mieux. A demain donc, Monsieur^ puisque vous le voulez bien. Permettez que je présente mon respect très-humble à madame de Saint-Germain.

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