‹ Histoire de la vie et des voyages de Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 18 sur 27 · III · texte numérisé non relu

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çrojfAemt à Tmt de/i Ues Caraïbei», tandis que Ta* mirai croigjpait, malgré tous ses efiorts, d'être retombé à l'ouest d'Hispaniola \

Ses apprébensions n'étaient que trop bien fondées. Le lo mai, il arriva en vue de deux îles basses, au nord-ouest d'Hispaniola ^ auxquelles il donna le Hom de Tortugas, à cause de la grande quantité de tortues qu'il y vit ; ce sont aujourd'hui les Caymans. Continuant à gouverner droit au nord, il se trouva, le 3o mai, au milieu du groupe dlles qui sont au sud de Cuba^ et auxquelles il avait donné le nom de Jardins de la Reine; il avait été entraîné de huit à neuf degrés à l'ouest du port de Saine* Domingue, Il y jeta l'ancre près de Fune des cayes, k environ dix lieues de l'île principale. Ses équii pages étaient épuisés de fatigues et mouraient^e Êûm; il ne leur restait pour toutes provisions qu'un peu de biscuit, d'huile et de vinaigre, et ils étaient obligés de faire jouer continuellement les pompes pour maintenu^ les caravelles au-dessus de l'eau. * A peine venaient-ils de jeter l'ancre, qu'à mînuit il éclata tout à coup une tempête si violente que 9 suivant l'expression énergique de Colomb, on eut dit que le monde allait se dissoudre ^. Ils perdirent presque aussitôt trois de leurs ancres, et la caravelle Bermuda fut lancée avec tant de vio-* lence contre le vaisseau de l'amiral, que la proue de l'une et la poupe de l'autre en furent presque

* Lettre écrite de la Jamaïque. '

* Lettre écrite de la Jamaïque.

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brisées. Les vagoes étaient si hautes, le vent si impétueux, que les navires allaient sans cesse donner l'un contre l'autre , et Ton avait totites les p^nes du monde à les séparer. Une seule ancre restait au vaisseau de l'amiral, ce qui l'empêcha d'être entraîné sur les récifs; mais on découvrit au point du jour que le câble était usé, et qu'il ne tenait presque plus. Si l'obscurité eût duré encore une heure, Colomb ne pouvait guère éviter de faire naufrage *.

Au bout de six jours, le temps étant plus calme, il remit à la voile, se dirigeant à l'est vers Hispahîola, <r ses gens, dit-il, abattus et sans courage, ses ancres perdues, et ses vaisseaux percés d'autant de trous qu'un rayon de miel. » Après avoir lutté contre les vents contraires et les courans de l'esi, il atteignît le cap Cruz, et jeta Tancre près d'ùi^ village, dans la province de Maoaca, où il avait touché dans son voyage, en i494> 1^ îong de la côte méridionale de Cuba. Il y obtint des naturels une provision de pain de cassava , et il y resta plusieurs jours , retenu par les vents contraires. Enfin il^se retait ai mer, et s'efforça de remonter jusqu'à Bispaniola; mais tous ses efforts furent inutiles : les vents et les courans étaient. toujours contre lui; Feau faisait continuellement des progrès dans ses vaisseaux, quoique les pompes ne cessassent de

* Hist. Jel Almirntey icap. i oo. Lettre écrite de la Jamaï^ par Colomb.

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jouer, et que les matelots la vidassent encore aveq des seaux et des baquets. Le u3 juin, veille de Saintr Jean, ils jetèrent Tancçe dans Puerto Bueno, aur jourd'hui le Havre -Sec; mais ils ne rencontrèrent point de naturek; ils ne purent se procurer de provisions , et il n'y avait pas même d'eau douce dans le voisinage. Souffrant tout à la fois de la faim et de la soif, ils remirent à la voile le lendemain, toujours dans la même direction , et gagnèrent uqi autre port auquel l'amiral donna le nom de port San Gloria , mais qu'on appelle aujourd'hui la baie de Don Christophe.

Là, Colomb fut enfin obligé d'abandonner s£| longue et pénible lutte contre les élémens opiniâtres* Ses navires, dont il ne restait presque que la carcasse, ne pouvaient plus tenir la mer, et étaient au moment de couler k fond, même dans le port. Il donna donc l'ordre de les échouer, à une portée d'arc du rivage, et il les fit attacher fortement l'un contre l'autre. Ils furent bientôt rempUs d'eau jusqu'au tillac. Des cabines couvertes de chaume furent alors construites sur la poupe et sur la proue pour les gens des équipages, et ces tristes débris furent mis dans le meilleur état posr sible de défense. Ainsi fortifié au milieu de la mer, Colomb espérait être à l'abri de toute attaque soudaine de la part des naturels, et en même temps empêcher ses matelots de s'écarter dans les environs, et de s'abandonner à leurs excès ordinaii^. Personne ne pouvait se rendre à terre sans une

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permission spéciale, et les plus grandes précautions furent prises pour éviter tout ce qui aurait pu offenser les Indiens ou leur porter ombrage., La moindre conspiration de leur part pouvait être funeste aux Espagnols dans la position où ils se trouvaient. Une étincelle jetée dans leur forteresse de bois, pouvait l'envelopper de ^flammes, et les laisser sans défense au milieu d'une foule d'ennemis.

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