CHAPITRE VI
Propositions de Colomb aux rebelles. — Bataille de TÂdelantado contre Porras et ses complices (i5o3).
Lorsque Colomb eut calmé le désespoir dans lé* quel la courte visite et le brusque départ d'Escobar avaient plongé ses compagnons, il résolut de profiter de cette circonstance pour faire une nouvelle tentative auprès des rebelles. Il savait qu'ils étaient découragés par la perspective des calamités inévitables qui suivent une vie de vagabondage et de désordres; que beaucoup désiraient rentrer dans le sentier sûr et paisible du devoir, et que les mal intentionnés, voyant avec quelle adresse il avait déjoué toutes leurs intrigues auprès des naturels pour produire la disette, commençaient à craindre qu'il ne finît par triompher et qu'ils ne fussent exposés à toute sa vengeance. U
pensa que c'était une occasion favorable de mettre ces sentimens à profit, et de chercher par la douceur à les rappeler auprès de lui. Il envoya donc deux de ses gens , qui avaient conservé des intelligences avec les rebelles , pour leur apprendre larriVée récente d'un bâtiment, chargé de dépêches du gouverneur d'Hispaniola, qui promettait de les délivrer bientôt. Colomb leur offrait, s'ils rentraient immédiatement dans le devoir, de leur pardonner le passé, de les traiter avec bienveillance, et de les emmener avec lui, à bord des vaisseaux qu'il attendait. Pour les convaincre qu'il était réellement arrivé un navire, il leur envoya une partie du porc qui avait été apporté par Escobar.
Dès que Francisco de Porras aperçut ces ambassadeurs, il s'avança à leur rencontre, accompagné seulement de quelques-uns des chefs de sa bande. Il s'imaginait que ce pouvait être quelques propositions de l'amiral, et il craignait qu'elles ne fussent entendues par la masse de ses gens, qui, dans un accès de mécontentement ou de repentir, pourraient bien l'abandonner à la moindre apparence de pardon. Après avoir écouté les nouvelles dont ces messagers étaient porteurs, et les ouvertures qu'ils étaient chargés ^e faire, Porras et ses confidens intimes se consultèrent quelque temps. Perfides eux-mêmes, ils doutaient de la sincérité de l'amiral ,^ et se rendant justice, ils ne pouvaient croire qu'il eût la magnanimité de leur pardonner. Ils résolurent donc de ne point se fier à ses offres
8i4 BKTOiEs^ [lit. m.
d'anmistie. Ils répondirent aux m^sagers qu'ils n'avaient nul désir de retourner à bord des vais* seaux ^ et qu'ils préféraient vivre en liberté dans l'île. Us ofifraient néanmoins de s'engager à mener une conduite paisible et régulière, si l'amiral leur promettait solennellement, au cas où il arriverait deux vaisseaux, de leur en donner un pour s'y embarquer, et, s'il n'en arrivait qu'un, de leur en laisser la moitié; et en même temps à condition que l'amiral partagerait avec eux les vivres et les provi- «ions qui lui restaient, attendu que la mer avait englouti tout ce qu'ils en avaient. Sur l'obser» vation qui leur fut faite que ces demandes étaient extravagantes et inadmissibles , ils répondirent in* solemment que, si elles ne leur étaient pas accordées de bonne grâce, ils emploieraient la force) et, avec cette menace, ils congédièrent les ambas* aadeurs'.
Cette conférence ne put avoir lieu si secrèjtement que le reste des rebelles ne fussent instruits de ce qui s'était passé, et l'amnistie qui était offerte, jointe à la perspective de sortir de l'île ^ agitait et £gdsait fermenter toutes les têtes. Poir^^ craignant leur désertion^ eut recours à toute son éloquence, et aux mensonges les plus impudens pour les abuser. Il leur dit que ces offres de Ta* tûirBÏ n'étaient qu'un piège) que crud et vindicatif par caractère^ il ne cherchait à les attirer en son
* XàsCasas, iib. n, CAp. 35. Hisu dêlJSmmmu^ mf. io&
C9« Vli] DE GHRISTOPaE 60L0MB. 3l 5
pouvoir quis pour faire tomber sur eux sa vengeance. Il les exhorta à persister dans leur coura* geu^ résistance à sa tyrannie, leur rappelant que ceux qui en avaient agi de la sorte à Hispaniola , avaient fini par triompher, et par l'envoyer enthaîné en Espagne. Il les assura qu'ils pourraient en £sdre autant, et il leur vanta de nouveau l'appui et les protections sur lesquelles il pouvait compter auprès de la cour. Mais son assertion la plus auda* cieuse fut relativement à la caravelle d'Ëscabar» Elle montre l'ignorance du siècle, et jusqu'où allait la superstition des matelots par rapport à Colomb et à ses connaissances astronomiques. Porras leur affirma qu'aucune caravelle véritable n'était arrivée; que c'était simplement un fantôme conjuré par l'amiral, qui était profondément versé dans la nécromancie. Il cita pour preuve , qu'on ne l'avait vue qu'à la brune , qu elle n'avait 6u de commu*^ nication qu'avec l'amiral, et quelle avait disparu tout à coup dans la nuit. Si c'eût été réellement un vaisseau, les gens dé l'équipage auraient chei^ ché à parler à leurs compatriotes; l'amiral, son fils et son frère n'auraient pas laissé échapper cette occasion de retourner à Saint-Domingne; enfin > le bâtinient serait resté quelque temps dans le port^ et ne se serait pas. évanoui d'une manière si soup daine et si mystérieuse \ Par ces déceptions et d'autres semblables, Poi(ras
' ^ itiêt. dslAbnirmit, \Sb, 106. LasCasas, lib. n^ oap. 55.
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réussit à retremper ïes esprits des rebelles et à leur rendre une partie de leur courage. Toutefois , craignant qu'ils ne cédassent à de nouvelles réflexions ou à d'autres offres de l'amiral , il résolut de leur faire commettre quelque acte de violence qui ne leur laissât aucune chance de pardon. Ayant combiné son plan f il se dirigea un jour vers un village indien, appelé M aima, où fut bâtie ensuite une ville nommée Séville, et qui était à un quart de lieue des vaisseaux. Son intention était, dit-on, de s'emparer des vivres qui étaient à bord des navires naufragés , et die faire l'amiral prisonnier '•
Colomb fut informé des desseins des rebelles , et de leur approche. Confiné dans sa cabine par ses infirmités, il envoya son frère pour tâcher de les ramener par la douceur, mais en même temps avec des forces suffisantes pour repousser tout acte de violence. L'Adelantado , qui était généralement ^plus pour les actions que pour les paroles, prit avec lui cinquante hommes, tous d'un grand courage et d'une résolution intrépide, mais pâles et affaiblis pour la plupart par les maladies qu'ils avaient éprouvées, et par leur long emprisonnement à bord des vaisseaux. Arrivé sur le penchant d'une colline, à une portée d'arc du village, l'Adelantado découvrit les rebellés , et il envoya pour traiter avec eux, les deux messagers qui leur avaient déjà porté des offres de pardon. Mais Porras
* Ifi/t, delAlmirante^ cap. io6. Las Casas, lib. ii, cap. 35.
et les autres chefs des rebelles ne voulurent pas les laisser approcher. Ils se fiaient à la supériorité de leur nombre , et sur ce que leurs soldats étaient pour la plupart de robustes matelots, que la vie errante qu'ils avaient menée en plein air et au milieu des forêts avaient endurcis encore. Ils savaient que la plupart de ceux qui étaient avec TAdelantado étaient des hommes accoutumés à un genre de vie plus doux. Ils firent remarquer leur air pâle et défait, et dirent à leur troupe que c'étaient des soldats de parade, des simulacres de guerriers, qui ne pourraient jamais leur résister. Ils ne réfléchissaient pas que , chez de pareils hommes , la fierté et la noblesse des sentimens fait souvent plus que suppléer à la force du corps, et ils oubliaient que leurs adversaires avaient Tincalculable avantage d'avoir de leur côté la justice et les lois. Trompés par ces discours, les rebelles se sentirent enflammés d'un éclair de courage, et, brandissant leurs épées, ils refusèrent d'écouter les messagers.
Six des plus robustes d'entre eux convinrent de se soutenir mutuellement, de fondre ensemble sur l'Adelantado, et de ne point le quitter qu'ils ne lui eussent fait mordre la poussière , attendu qu après sa mort, le reste de la troupe serait aisément défait. Le corps principal se forma en bataillon , et tous tirèrent leurs épées et agitèrent leurs lances. Ils n'attendirent pas qu'on les attaquât, mais poussant des cris menaçans ils se précipitèrent sur l'ennemi. Cependant ils furent si bien reçus que, dès
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le premier choc, quatre ou cinq forent tués, et c'étaient la plupart de ceux qui s'étaient ligués pour attaquer FAdelantaido. Celui-ci tua de sa main Juan Sanchez , ce marin redoutable qui avait enlevé le cacique Quibian, et, presque au même instant, Juan Barber, qui avait tiré le premier Tépée contre l'amiral dans cette rébellion. L'Adelantado, avec son courage et sa vigueur ordinaires, faisait pleuvoir autour de lui une grêle de coups dans le plus fort de la mêlée, et il était entouré de morts et de blessés , lorsqu'il fut assailli par Francisco de Porras. Le rebelle, d'un coup d'épée, fendit le bouclier de don Barthélemi , et en même temps il le blessa légèrement à la main. Mais l'épée était restée enfoncée dans le bouclier, et avant que Porras pût la retirer, l'Adelantado se jeta sur lui, le prit corps à corps, et, aidé de plusieurs de ses compagnons, après une lutte violente, il réussit à le faire pri-
sonnier '.
Lorsque les rebelles ne virent plus leur chef à leur tête, leur courage éphémère s'évanouit, et ils prirent la fuite en désordre. L'Adelantado voulait d'abord les poursuivre, mais il pensa que la leçon qu'ils avaient reçue était suffisante; et, en outi*e, il était nécessaire de se mettre en garde contre la possibilité d'une attaque de la part des Indiens.
Les naturels avaient pris les armes, et s'étaient rangés en bataille, regardant avec un muet éton-
' His$, delAlmîrante, cap. 107, Las Casas, Bb. 11, cap. 35".
es. VI.] DE CHRISTOMn COLOMB. 5 19
nement ce combat entre des hommes blancs j mate sans prendre parti pour aucun coté. Lorsque le combat fut fini, ils s'approchèrent du champ de bataille, et se mirent à examiner les cadavres des êtres qu'ils avaient d'abord crus immortels. Us regardaient surtout avec beaucoup de curiosité les blessures faites par des armes chrétiennes* Au nombre des rebelles blessés, se trouvait Pedro Ledesma, ce pilote qui avait si bravement plongé au milieu des brisans , pour gagner à la nage Yeraguas , et rapporter des nouvelles de la colonie. C'était un hommed'une force de muscles prodigieuse, qui avait une voix sonore et retentissante. Pendant que les Indiens, qui le croyaient mort , examinaient les blessures dont il était littéralement couvert, il poussa tout à coup une exclamation avec sa grosse voix, dont le son épouvanta les Indiens à un tel point qu'ils s'enfuirent à toutes jambes, croyant avoir tous les morts à leurs trousses. Cet homme étant tombé dans un fossé, ne fut découvert par les Espagnols que le lendemain au point du jour; il était resté tout ce temps sans une goutte d'eau. Le nombre et la gravité des blessures qu'il avait reçues semblent incroyables, mais elles sont attestées par Fernando Colomb, qui les vit de ses propres yeux, et par Las Casas, qui tenait le récit du combat de la bouche de Ledesma lui-même. Faute de remèdes convenables^ ses blessures furent traitées de là manière la plus grossière; néanmoins, telle était la vigueur de sa constitution qu'il en guéritu La» Casas
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causa avec lui plusieurs années après ^ à Séville, et il apprit de lui diverses particularités sur ce voyage de Colomb. Cependant, quelques jours après cet entretien , il apprit que Ledesma était tombé sous le poignard d'un assassin '.
L'Adelantado , après sa victoire, retourna en triomphe à bord des vaisseaux, où il fut reçu de la manière la plus affectueuse par Tamiral, qui le nomma son libérateur. Il amenait Pourras et plusieurs autres chefs de la révolte prisonniers. Il n'y avait eu dans sa troupe que deux hommes blessés^ lui-même qui l'avait été à la main, et l'intendant de l'amiral <jiii avait reçu, d'un coup de lance, une blessure en apparence légère, et qui égalait à peine la moindre de celles dont Ledesma était criblé; cependant, malgré les soins qui lui furent prodigués, il en mourut.
Le lendemain, ao mai, les fiigitifs envoyèrent à l'amiral une pétition qu'ils avaient tous signée, et dans laquelle ih avouaient toutes leurs fautes , toutes leurs cruautés et tous leurs infâmes projets, suppliant l'amiral d'avoir pitié d'eux et de leur pardonner leur rébellion, dont Dieu les avait déjà punis. Ils promettaient de rentrer dans l'obéissance, et de le servir fidèlement à l'avenir, le jurant sur la croix et sur l'Évangile, et accompagnant ce serment d'une imprécation qui mérite d'être rapportée. « Ils voulaient , s'ils manquaient à leur serment, que jamais prêtre ni chrétien ne les
* * Las Casas, Hùt, Ind,, lib. ii, cap. 35.
or. YI.] DE CHEISTOPHE COU}UB. 32 1
Gônfessâty que la pénitence ne leur servit à rien; qu'on leur refusât les sacremens de l'église ; qu'après leur mort, leurs âmes ne reçussent aucun soulagenl^it de bulles ni d'indulgences; que leurs CQrp'fi fussent jet^ en plein champ comme ceux de renégats et d'hérétiques, au lieu d'être enseyelis en terre-sainte; et que jamais ni pape, ni cardinaux, ni archevêques, ni évêqqes, ni aucun prêtre clirétien , ne leur donnassent l'absolution '. Telles étaient les imprécations terribles par lesquelles ces misérables s'efforçaient de donner de la validité à up sernient. On peut toujours juger du peu de confiance que mérite la parole d'un homme, par les protestations ridicules qu'il emploie pour l'appuyer.
L'amiral vit , par les termes abjects dans lesquels cette pétition était conçue , à quel point les mutins étaient atterrés ; avec sa magnanimité ordinaire , il se rendit à leur instances et leur pardonna , mais à la condition que leur chef, Francisco de Porras^ resterait prisonnier.
Gomme il était difficile de maintenir tant de monde abord des vaisseaux, et qu'il était à craindre qu'il ne s'élevât des querelles entre desgçnsqui^iPO» naient si récemment de se battre ensemble , Cpn lomb mît les rebelles convertis sous le commandement d'un officier prudent et dévoué , et lui donnant unecertaine quantité de denrées européennes^
* Las,Cas«S| Hist. Ind.j lib. ii , cap. 35.
m. at
3a A Hwcwat [i*rr.x?r*
fl lui dit de pai^oourir Tîle et de chercher à se pro-i curer des vivres par le moyen d'échi^ges jusqu'à Farrivée des vaisseaux.
Enfin, après une longue année del'attente la plus pénible , les doutes des Espagnole furent heureu-* sèment dissipés par la vue de deux bàtimeus qui cinglaient vers le port» L'un se trouva être un bâtiment qui avait été frété eX ayitaiilé aux dépens de f amiral par le fidèle et infatigable Diego M aid^ } Tautre avait été équipé ensuite par Ovando, et mis tous le commandement de don Diego de Salcado , agent nommé par Famiral pour pi&rcevoir ses revenus à Saint-Domingue.
La conduite d'Ovando, qui abandonnait Colomb à son affreuse destinée , avait , à ce qu'il paraît, extité l'indignation publique àun tel point que, n^me 4u haut de la chaire , on tonnait contre lui C'est un fait affirmé par Las Casas, qui était alors à Ssinth Domingue. Si le gouverneur avait réellement conçu Tespcir , en cherchant à gagner du temps , que dans l'intervalle Colomb périrait à la Jamaïque, les nouvelles rapportées par Escobar le kii avaient ravi, îl n'avait pas im instant à perdre s'il voulak seikîre un mérite de sa délivrance, ou du moins éviter là honte de l'avoir complètement abandonné. H se mit donc à l'œuvre à la onzième heure , et il ^pê- XiïSL ime caravelle en même temps que le vaiissean. <învoyé par Diego Mendez. Celui-ci , après avoir rempli fidèlement cette partie de sa mission et avoir vu partir les vaisseftuac, serendit^nEspagwi-cbQ*
JDrmémeAt aux iajstructioas que lui ^yfBiexA ^panées ramiwd \
*^ l4^ lecfteoriio ¥err$i pçttt*-être p^s ^ns intérêt une courte AQtloe sur la suite des aventures de Diegp Mepdes. Lorsque le roi F^in^ud a{^rit les services qu'il avait rendus , dit OviedO| a récompensa ICendea^ et lui permit de pcxrter un canot dans ses armes , en mémoire de son dévouement. Il continua à re^ 4cr fidèl^ntnt attaché à Tamiral y h servant avee sète après son retour en Espagne et pendant sa demiène maladie. Cdlomb conserva la p^us vive reconnaissance de ion dévouepaent. Sur son Ut de mort , il promit à Mendez qu'en récompense de ses serviccfl , il serait nonnné alguaiil en chef de Tile d'Hi^ani^ ; engagement que le fils de ramiral Don Diego , qui était pr»aent , le diargea volontiers de remplir. Quelques années apréi, lorsque Bon Diego succéda à s#n père, IDendez Im vappda sa .promesse ; mais Don Diego lui dit qu'il avait donné cet emploi à son oncle Don Barthélemi -, du reste , il l'assura qu'il recevrait quelque chose d'équivalent. Mendey lui répondit avec raison qu'il eût mieux valu donner l'équivalent à Don Barthélemi 9 et lui donner la place à lui , puisqu'elle lui avait été promise. Toutefois , il n'en fut rien fait , et Diego Ibndez resta sans récompense. Il entrant ensuite des.vojages de découvertes sur des bâtimens frétés à ses propres hma ; mais il éprouva beaucoup de vicissitudes , et finit y k ce q\i'il paraît, par mourir dans la misère. Son testament, d'où la plupart de ces détails sont tirés , est daté de Valladolid , le 19 juin i536, d'où il est évident qu'il était dans la fleur de l'âge à l'époque de son voyage avec l'amiral. Dans ce testament il demandait que la récompense qui lui avait été' promise fût accordée à ses enfans, et que son fils aîné fût nommé alguazil en chef, sa vie durant, de Saint-Domingue , et son autre fils , lieutenant de l'amiral dans la même ville. On ne sait pas si les successeurs de don Diego ont fait droit à cette requête.'
Dans une autre clause de son testament^ il demandait qu'une
Sa^ mSTOIBE DE CHRISTOPHE COLOMB.
grande pierre fCA placée sur son tombeau , et qu'on y gravit cette inscription : ffi'gù t honorable copolier Diego Mendez , qui seivit loyalement la couronne royale et Espagne , dans la conqu^e des Indes, apec f amiral don Christophe, de glo^ rieuse mémoire , qui en fit la découverte , et ensuite pgar lui^ méme^ apéc des vaisseaux Jr étés à ses frais ^ Il mourut ^etc» etc. Dites pour lui, par charité, un Pater^Noster et un A¥e^ Maria.
Il recommandait qu'au milieu de cette pierre on gravât un canot indien , que le roi lui avait donné pour armes en mémoire de son voyage de la Jamaïque à Hi^ianiola , et qu'au dessus on mît en grosse lettre le mot « GAIiOA. » Il enjoignait à sesh^ ritiers d'être toujours fid^es à l'amiral (don Diego Colomb) et à sa dame» et leur donnait beaucoup de sages conseils , mélét de pieuses bénédictions. Il demandait que sa famille conservât soi» gneusement sa bibliothèque , qui l'avait accompagné duis tous ses voyages et qui se composait d'un petit nombre de volumes , tels que : VArt dt mourir saintement , par Erasme ; un Ser^ mon du même auteur , en espagnol ; les Colloques du même ; YHistoire de Joseph} la Philosophie morale d^Âristote; le X»vre de la Terre '' Sainte; un livre appelé la Contemplation de la Passion de Notre^aupeur ; un Traité sur la Vengeance de la Mort d^Agamemnon; et plusieurs autres traités. »
Ce testament curieux et caractéristique est dans les archives du duc de Yeraguas ) à Madrid.