‹ Histoire de la ville d'Alais de 1341 à 1461Chapitre 12 sur 52 · Marchands apportant de la cordaille · texte numérisé non relu

Marchands apportant de la cordaille

7. Les animaux quadrupèdes se vendront au plan du Pont-Vieux, en dedans ou en dehors de la ville.

8. Les cuiratiers, savetiers, chaudronniers, potiers, étaleront sur la place du Marché.

Pour le retour de foire du mois d'août, c'est-à-dire la Saint- Barthélémy, tous les marchands pouvaient déballer à la place du Marché ; pour le retour de la foire de Saint- Antoine ils pouvaient déballer rue Saint-Antoine, rue 8oubeyranne, rue Valauris, rue Veyrerie, rue Pélisserie, rue Saint-Vincent, rue et place de la Tisserie. Bien entendu que les animaux conservaient la même place que pour les foires.

Un autre acte du 27 juin 1438 nous initie encore aux fonctions du roi des merciers :

Noverint universi que Johannes le Galoys, mercerius, habitator Avenionis, locumtenens Thomassi Ferut, rexet magister merceriorum in regno Francie in partibus lingue Occitane et ducatus Aquitanie fecit procuratorem suum Anthonium de Corlassio, merceriumy habitatorem Sancti Ambrosii, présentent et onus hujusdem procurationis in gratia suscipientem, specialiter et expresse ad visitandum quœcumque hospitalia, et si reperiantur aliqui mercerii in aliquo hospitali portantes mercerias ultra valorem 25 s. t., ipsas mercerias possit *t valeat ad. utilitatem D. N. /î" et régis merceriorum capere seu capi facere et distri' buere ut in talibus est fie ri consuetum, necnon ad compellendum quoscumque mercerios displicantes diebus dominicis ad solvendam pxnam super hoc edictam et etiam compellendo quoscumque officio mercerie utentes ad monstiandum litteras suas si habeanl ; si vero non habeant, compellendi ipsos ad recipiendum juramentum in talibus prestari solitum et eis prohibera officium donec

concurrents du dehors, que le tarif de location des bancs sur lesquels les étrangers installent leurs pacotilles fut augmenté.

Louis Nynard regretta de ne pouvoir écouter plus longtemps le récit de leurs petites misères et se contenta de leur poser une seconde question. Le nouveau roi Louis XI a-t-il confirmé les privilèges de la ville? Non. En ce cas les dits privilèges n'existent plus, et s'en servir sans avoir eu cette confirmation entraine une amende de cent marcs d'argent. Mais le Roi est juste ; prenant en considération la bonne foi des Alaisiens, il les autorise à user desdits privilèges jusqu'au 25 mai ; pendant cette quinzaine il faudra qu'ils aient soin de s'entendre avec le général des finances.

L'auteur d'un ouvrage intitulé : Louis XI et les villes, dit:

c Louis XI... à la requête des villes... confirme un très grand nombre de privilèges qui ont été accordés soit par ses prédécesseurs, soit par d'autres princes. Ce n'est point une vaine formalité, car les statuts n'ont rien de perpétuel ; à chaque changement de règne ils tombent pour ainsi dire en désuétude, à moins qu'un acte formel n'en assure le maintien Les habitants s'empressent d'en demander le renouvellement. »

M. Henri Sée s'est trop fié aux textes de ces actes confirraatifs. Louis XI n'attend pas qu'on lui demande confirmation des anciennes chartes, par la raison fort simple que les habitants de Languedoc ne reconnaissent pas au Roi le droit de disposer à son gré de leurs libertés. Louis XI réclame en réalité le don de joyeux avènement.

Dès que Nynard est parti, le conseil envoie un consul à Nimes pour avoir l'avis du savant Guillaume de Bourgjuif, docteur es lois, sur la prétention du Roi. Bourgjuif leur dit-il de résister ? Eut-t-il môme le temps d'étudier la question ?

Le 25 mai, Nynard faisait assigner les Alaisiens devant le général des finances qui leur demanda sans ambages 200 écus d'or !

Le conseil réuni le 1er juin, est saisi de l'affaire. Puis-

qu'on ne peut se sauver des griffes du fisc, il faut tâcher au moins d'en avoir pour son argent, et à cet effet dès aujourd'hui compulser la liasse des titres et des privilèges de la ville.

Le 9 juin, les consuls requièrent de l'autorité judiciaire la légalisation d'une copie collationnée des deux fameuses chartes communales (1).

Les choses semblaient marcher assez bien lorsqu'un nouvel abus de pouvoir de la Royauté décida les Alaisiens à ne pas se presser. En septembre 1464, le Roi, de sa propre autorité, imposa au Languedoc un supplément d'impôt de 120000 livres. Six mois avant, les Etats réunis au Puy, avaient pourtant voté au Roi un subside important. (2)

(1) Vidimus des statuts anciens et nouveaux en la cour ordinaire seigneuriale par Jean Fabre, bachelier en droit, juge de la cour commune, et Guillaume Ckabanon, régent de la viguerie corn taie. Témoins Etienne Reilhan, prieur de Saint-Julien-d'Escosse, Gaspard de La Tour, bachelier es lois, fils de Guillaume de la Tour, noble Antoine Boni, les notaires Rolland de Cubellis, Pierre Barthélémy et Guillaume Bossuge. — A. M., liasse I, n°2.

(2) Il est utile de consigner sommairement les renseignements qu'on trouve dans les délibérations d'Alais sur les Etats :

Conseil du 23 avril 14G1. Les Etats tenus au Puy, où noble Simon de Salayron représentait la ville, ont accordé au Roi 120000 1. t.; la part d'Alais a été fixée par l'assiette diocésaine à 446 1. S s. t. ; les dépenses communales étant de 141 livres environ, et le compoix de 18641 livres, il faut imposer 8 deniers par livre. Car bien que le compoix soit de 18641 livres, déduction faite des dispensés, des titres des prêtres, on n'a que 17600 livres comme capital imposable. Etienne Girard, adjudicataire de la dite taille, a accepté moyennant 35 1. de traitement.

Conseil du 6 mai 1402. Les Etats réunis à Montpellier, le 8 mars, où le consul Pons Castanet a représenté le ville, ont accordé au Roi 120000 + 10000 1.; la part d'Alais s'élève d'après l'assiette diocésaine à W3 1. 12 s.; les dépenses communales étant à peu près les mêmes que l'année précédente, on vote 10 d. t.. Guillaume Peyrabelle est déclaré adjudicataire, Irrntor, de la dite taille moyennant trente livres de traitement. Guillaume Peyrabelle prendra cinq pataes puiir un double, deux orozats pour trois doubles, cinq quarton pour deux doubles, cinq liards pour un gros.

Conseil du 31 mai 1463. Il a été accordé au Roi par les Etats

Le conseil municipal du 3 janvier 1465 fut saisi de deux réclamations encore plus étranges.

Pierre Bonini, receveur des tailles du diocèse de Nimes de 1457 à 1462, avait malversé; la Cour des Comptes avait calculé le déficit de sa caisse, et la Royauté trouvait tout naturel de faire combler ce trou par les contribuables d'Alais jusqu'à concurrence de 480 livres ! Les détournements de Bonini devaient être considérables ; car le même jour, le duc de Calabre, prétendant avoir une délégation de 4700 1. t. sur les recettes particulières diocésaines de Languedoc, envoyait inutilement François Capon encaisser cette somme.

Enfin le 27 février, le conseil arrêtait la liste des demandes qu'il fallait soumettre à Guillaume de Varie , en échange des 200 écus d'or. Simon de Saleiron et un autre consul furent chargés d'obtenir pour ce prix la confirmation des privilèges ci-après :

1° Avoir toujours une maison consulaire, avec droit d'y tenir conseil quand bon leur semblerait ;

tenus récemment à Béziers 114000 + 20000 + 2000 + 800, total : 136800 livres, soit pour Mais 515 1. 16 s. 10 d. Les dépenses communales sont à peu près les mêmes ; on vote neuf deniers par livre d'estime, car l'estime moderne est plus élevée que la précédente. Le 11 juin, Etienne Girard accepte de lever cette taille moyennant 25 livres de traitement.

En juillet 1463, il a été accordé à Montpellier 18000 livres ad causant abolitionis generalis. Lorsque le pays a accordé au Roi 100000 écus d'or antiques pour dégager la Picardie du duc de Bourgogne, l'Occitanie a été taxée à 10600 livres tournois.

Pour ces deux choses, d'après l'assiette diocésaine, où Antoine Boni représentait la ville à raison de quinze sous par jour, la ville d'Alais a été taxée à 133 livres 6 s. 8 d., payables en janvier 1464 au plus tard. Il faut donc voter 2 d. t. (délibération du 31 décembre 1463).

Conseil du 29 juin 1464. Les Etats ont accordé au Roi 65000 livres + 3000 livres ; la part d'Alais d'après l'assiette est de 308 1. 2 s., payables le 15 août ; les dépenses communales sont d'environ 140 livres ; l'estime étant de 19416 livres, on vote 7 deniers par livre d'estime ; le receveur de la taille touchera 24 1. t.

En mai 1464 la ville fit marché avec Jean Bagard, peyrier d'Alais pour les bars de la voûte de la tour de l'horloge.

2° Confirmation des coutumes de 1200 et de 1217 ;

3° Confirmation de la sentence de 1294 ;

4° Libre disposition des revenus de la maladrerie, de l'hôpital neuf, du couratage, du drapage ;

5* Droit de tenir marché chaque lundi ;

6° Confirmation des foires accordées par Charles VII ;

7° Police des poids et mesures ;

8° Droit de visiter les boulangeries et de saisir le pain dont le poids ne serait pas conforme à la taxe municipale ;

9° Droit pour les individus arrêtés de choisir soit la prison comtale, soit la prison baronniale ;

10° Confirmation des statuts de la confrérie du marché :

Confxrmari quamdam societatem et confratriant nuncupatam abbatis et monachorum 'mercati per nonnullos incolas seu populares ville Alesti in eadem villa celebrari, congregari et comedi consuetam annis singulis in die festi Nativitatis Sancti Joh. Bapt.f cujusquidem confratres, prœtextu confratrise tant pro electione abbatis et rectorum, quant pro confratribus defunctis sepeliendis et associandis, et inftrntis visitandis et vigilitandis, quant etiam ad causant elemosine panis quant quolibet armo in dicto festo S1 Jl§ pauperibus facere consueverunt, dîversis aliis diebus,juxta casum predictorum, exigentiam et necessitatem, se invicem congregare consueverunt ;

II* lient supplicant dicti consules, nomine certorum agricolarum sive brasseriorum predicte ville Alesti, qui ob jucunditatem et solempnitatem festi Nativitatis S1 Jlg Bequi est caput sive patronus A., instituere et celebrare volunt quamdam societatem et confratriam, in qua se invicem tam in vigilia quam in die dicte festivitatis, et tam pro certa cabana sive brandon concremanda quam pro dicta confratria invicem comedenda et pro elcmosina panis fienda, congregare intendant, quathenus pfaceat Regiœ Majestatif dictis agricolis sive brasseriis et aliis qui in dicta confratria adesse voluerunt, dare eteoncederc licentiam societatem instilnendi et ejus occasione se invicem quoties opns fuerit congrogandi;

12° Droit de nommer des prud'hommes jurés, visiteurs des maisons et des immeubles ruraux, des visiteurs des boucheries, de la poissonnerie, des futailles et des cuirs ;

13o Confirmation de toutes les coutumes ;

14° Sauvegarde des consuls et suis fa.milia.ribus ;

15° Confirmation de l'ordonnance du roi Louis X dit le Hutin du 1er avril 1315, etc.. etc.

Voilà où en étaient réduits les consuls au milieu du XV* siècle. Pour former une société chargée de fêter la Saint Jean-Baptiste, le patron de la paroisse, on avait besoin de la permission du Roi !

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