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CHAPITRE IX

L'instruction et l'assistance.

Ecoles. - Mal&drerie et hôpitaux. - Médecins et chirurgiens. - les épidémies et la mortalité.

Nous avons signalé dans notre opuscule € Les écoles à Alais sous V ancien régime » l'absence aux archives de documents relatifs aux mesures prises pendant la guerre de Cent Ans pour l'instruction de la jeunesse. Les faits que nous avons relevés ont trop peu d'importance pour nous donner une idée même sommaire de la vie scolaire à cette époque.

Vers les dernières années du XIV* siècle, c'est un bachelier es arts, Pierre Chabanon, qui est à la tôte des écoles municipales.

(I) Voici la généalogie de ce juge :

1344 Pons Raymond ;

1430 Pons Raymond ;

1453 Lazare Raymond ;

1473 Claude Raymond, époux Elips de Melzac, qui a pour frères et sœurs : Antoine Raymond; Tnnncquin R.. époux Girard Gabrielle; Paule R., femme Jacques de la Baume de Sanilhac ; 8oubeyranne R., femme Claude Iionaure.

Voir pour les sorcières doc. just. n# LV et Arch. dép., K, 530.

Une délibération du conseil du 28 octobre 1427, presque indéchiffrable, ordonne aux consuls de faire respecter les droits de la ville au sujet de la collation de la direction des écoles, fuit ideo appunctatum que honor universilatis servetur illœsus.

Le nom du recteur de 1429 ne nous a été transmis que par le testament d'un barbier voulant faciliter à son collègue et légataire universel le recouvrement de son actif; en tête des débiteurs figure le maître d'école, Pierre Gitard.Le successeur de Gitard, Guillaume Chabanon, quitta l'enseignement pour faire du droit et de l'administration ; il devint lieutenant de viguier comtal.

Au mois d'octobre 1442, un dominicain, docteur en théologie, offre à la ville de diriger, bene et recte, l'école communale ; il s'adjoindra un bachelier capable.

Le 1er janvier 1450, Jean Martin, prêtre, recteur des écoles , prononce à l'église l'homélie traditionnelle qui précède la prestation de serment de la nouvelle municipalité.

Pierre Borzier, recteur en 1459, n'y était plus dès 1461 probablement; car le 6 mai 1462, Jean Fontanon, recteur des écoles de grammaire et de logique, demande à la ville la prolongation de son traité, et le conseil émet un avis favorable, pourvu qu'il conserve son bacca/arius.

Lorsque nous aurons nommé Boanet, recteuren 1464 et Pierre Meynadier en 1473, nous aurons épuisé tous les renseignements que nous avons pu recueillir sur le personnel enseignant. Peut-être trouverait-on d'autres détails dans les archives ecclésiastiques ; c'est en effet le précenteur de la cathédrale de Nimes qui investit officiellement les recteurs des écoles; la municipalité n'a que le droit de présentation. En 1460, le précenteur se trouva assez embarrassé ; les consuls ne s'étaient pas mis d'accord sur le choix du suppléant du précepteur de la jeunesse ; trois d'entr'eux soutenaient un candidat, Antoine Boni en patronnait un autre. Le conseil municipal estima avec raison que le précenteur serait prié d'agréer le baccalarius qui avait les sympathies de la majorité du consulat.

On conclurait probablement à tort de toutes ces notes que la ville d'Alais eut la bonne fortune d'avoir constamment ses écoles ouvertes. Nous voyons en effet la ville de Montpellier ne pouvoir à certaines époques recruter un personnel enseignant (1). Les sacrifices faits par les Alaisiens étaient pourtant moindres ; la ville inscrivait à son budget le loyer de la maison d'école (2), et voila tout ; les parents devaient supporter toutes les autres dépenses ; le montant de la rétribution scolaire à leur charge était déterminé par le cahier des charges dressé par les consuls et accepté par le recteur des écoles ; au milieu du XVe siècle, les enfants de la première classe payaient environ cinq sous par an, ceux de la deuxième division le double et ceux du cours supérieur le triple. A Montpellier, en 1464, les grands payaient 20 sous, les moyens 15 sous et les petits 10 sous. Quelques personnes oseront peut-être dire que le nombre des enfants qui fréquentaient l'école à Alais était probablement plus considérable, et qu'il y avait ainsi pour les maîtres compensation ; il faudrait le prouver. Les pères de famille d'Alais comprenaient certainement l'importance de l'instruction ; avant de mourir, s'ils ont do jeunes enfants, ils consignent dans leur testament leur volonté formelle à cet égard. (3)

(1) Le 27 février 1464 les consuls de Montpellier déclarent scolat grammaticas pro nunc magistro et redore carere et diu est caruisse. (Société archéol. de Montpellier, 2« série, n# 2.)

(2) Huit en 1435 de maison, rue Denrome, moyennant 45 sous par an.

(3) Tous les testaments ne peuvent être analysés ici. En voici doux ou trois :

20 mal 1344, Raimond Ruflï, notaire, dit : meus hères teneatur f.irerr docere in scolis filium meum R. quousque fuerit setatis et prorideat sibi in libris grammatice et logice; il veut qu'un autre de ses fils reste aux écoles jusqu'à l'âge de vingt ans.

14ii(l, Itermond Bedos, aubergiste, qui a quatre enfants dont deux iil les déjà mariées et un (ils qui doit continuer le métier de son père, veut que le quatrième soit tenu scolis grammatice et musire.

2(> août Mil, le testateur a sept enfants dont un appelé Rostaing, hernies mei debeant Rostagnum tenere ad scolas grammatice, logice et musire, et providere de libris etaliis sibi necessariis quous-

Ces désirs des mourants constituent, ce nous semble, des documents irrécusables du zèle et de la capacité des instituteurs de l'époque ; avons-nous, du reste, besoin de de cette preuve ? N'avons-nous pas vu ces enfants après avoir quitté l'école communale venir s'asseoir sur les bancs de l'hôtel-dc-villc ? N'avons-nous pas scruté leurs actes politiques un à un ? Se sont-ils montrés à l'âge mûr pleins de courage et d'énergie, sachant tenir le juste milieu entre l'autorité et la liberté ? Oui, et dès lors, à quoi bon éplucher les vices des méthodes d'enseignement du moyen-âge. peu nous importent les lacunes des programmes et des exercices scolaires. Les maîtres Alaisiens inculquèrent dans les âmes de leurs élèves des sentiments d'honneur, c'est l'essentiel. La génération arrivée aux affaires au moment où se termine cette étude a appris de ses aïeux la patience, de ses pères l'amour du clocher natal et de la grande patrie, la France, de ses pédagogues ce qu'il faut savoir pour remplir honnêtement ses devoirs de citoyen et de chrétien.

On n'enseignait pas aux enfants la gymnastique, c'est possible ; mais tous les élèves savent nager ; ils accompagnent leurs parents aux champs, à l'époque des moissons, des vendanges, des castagnadas et apprennent ainsi plus d'histoire naturelle pratique que nos élèves modernes ; il y a des sociétés de tir sous le patronage en quelque sorte de la municipalité , des salles d'escrime dues à l'initiative privée (1).

que fuerit sufficienter edoctus.

Les nobles vont aux écoles communales : noble Haimond de Claret, le 28 février 1442, veut que son fils soit tenu aux écoles jusqu'à ce qu'il sache lire et écrire.

(1) La ville a accordé à la jeunesse, pour tirer à l'arc, une partie des fossés de la ville, vis-à-vis le couvent des frères-mineurs.

Les salles d'escrime existent même dans des villes de moindre importance qu'Alais ; ainsi nous trouvons l'acte suivant dans les minutes de Jean 8abatier, notaire à Sauve :

3 décembre 1463. Noverint universi que Johannes Paradisi, macellariu8y Salvii habitator, prepositus ludi ensis bloquera, bona fide remisit Johanni Cossaci, de Agantico (Oanges) scolas suai

La cité ne s'occupe pas de l'instruction de la femme. Celle-ci apprend auprès de ses père et mère Tordre, l'économie ; plus grande elle soigne ses jeunes frères et ses jeunes sœurs ; lorsqu'elle se mariera elle aura déjà fait l'apprentissage de ses futurs devoirs envers ses enfants.

La municipalité combat l'ignorance ; elle lutte aussi à sa façon contre la mendicité. Chaque année a lieu, le jour de l'Ascension , la Caritat. Chaque corporation tient à honneur de fournir beaucoup de pains. Le 20 mai 1389, les consuls osèrent transformer cette libéralité indéterminée en un impôt analogue à ce qu'on appelle en Angleterre la taxe des pauvres, en ce sens que désormais chaque contribuable aurait été tenu de fournir du pain proportionnellement à son avoir d'après le compoix ; ainsi en taxant les Alaisiens à un pain par dix livres d'estime, on devait avoir environ 2,000 pains à distribuer. La majorité vota pour; la minorité eut beau faire ressortir que le mot charité impliquait une idée de sacrifice volontaire et spontané, qu'on entrait dans une voie fâcheuse, car on verrait employer la contrainte pour la levée des deniers qui devaient servir au soulagement de l'indigence. On ne renouvela pourtant pas l'expérience tentée en 1389.

Outre cette distribution extraordinaire de pain, il était de tradition que le prieur fit deux fois par semaine la charité à ceux qui allaient frapper à la porte du claustre.

Pénétrons maintenant dans les établissements hospitaliers proprement dits.

La léproserie, située au nord de la ville, sur les bords

quas tend in eodem loco, prout ipse Paradisi tenetur secundum stilum dicti ludi remittere dicto Cossaci et magistro suo, quas scolas ipse Cossaci acceptai) it et mox incontinenii dictus Cossaci dictas scolas eidem Paradisi relaxavit, proviso que dictus Paradisi non situusits associare aliquem qui habeat lucrum in dictis scolisy nec faccre prepositum aliquem de scolaribus suis nec alium, sed dicto Cossaci faccre houorem et fieri facere per scolares suos ut cousue tum est in eodem ludo

du Grabieu, en dehors de l'enceinte, a été rebâtie en 1355 par Jean de Peirabelle.

Un prêtre élu par la municipalité et agréé par l'autorité épiscopale a la haute direction de l'établissement ; on l'appelle le recteur des malâut ières (maladreries) ; il est responsable du matériel; il veille à ce que les titres des rentes, soit en nature, soit en argent, qui constituent la ressource principale du recteur et des pensionnaires de la maison soient renouvelés en temps utile afin d'interrompre la prescription ; il garde avec soin les archives ; il fournit chaque année aux consuls un compte de gestion, mais il n'habite pas avec les lépreux. Aussi cette place d'économe est-elle recherchée ; à la mort de Raymond Peyrabelle, deux candidats la postulèrent; l'un se fit recommander mais inutilement par le baron ; Jean Blanc, son concurrent, l'emporta en promettant de distribuer hebdomadairement aux lépreux une bonne portion de pain, de vin et de viande, de réparer l'établissement si besoin était, de donner trois fois par semaine une aumône aux ladres quêteurs (1445).

Les lépreux, en effet, avaient le droit de quêter à deux lieues à la ronde ; c'était surtout sur les chemins avoisinant la maladrerie qu'ils imploraient les passants de leur accorder quelque chose pour l'amour de Dieu. Le produit de cette quête servait à améliorer l'ordinaire.

Nul malade n'est admis à demeurer dans la léproserie sans verser une somme d'argent; en 1450, une femme donne 12 livres, une autre, en 1461, 7 livres 1/2 ; en mai 1463, Raymond Martin, du mas de Puech-Ollivier, commune de Belvezet, y fait recevoir en même temps ses deux filles, Marthe et Sibile, moyennant 50 1. t.; à la même époque. Catherine Teyssonnière, femme Nogaret, de Saint- Marcel-de-Font-Fouillouse, entra à la maison avec 6 1. 1.

Etienne Pauperin, successeur de Jean Blanc, voyant le nombre des pensionnaires s'accroître si rapidement crut devoir avertir le conseil ; les ressources de l'établissement devenaient insuffisantes, vivunt non commode ; il y avait déjà dix personnes, c'est-à-dire le double de ce que portait le règlement. Le 3 1 décembre 1 464, le conseil décida

que les entrées seraient provisoirement suspendues jusqu'à ce qu'on fut revenu au chiffre normal. La mesure était très sage ; la plupart des recrues de la maladrerie appartenaient à des localités éloignées ; la lèpre avait disparu presque complètement de la ville, et les personnes atteintes de maladies contagieuses avaient recours aux médecins, avant de se séquestrer dans un foyer malsain. Nous avons dit que le recteur de la maladrerie doit être prêtre ; Pierre de Caussargues , bachelier es décrets , nommé recteur, donna sa démissionne 17 mai 1397, parce qu'il n'était pas dans les ordres (1).

On a vu dans le précédent fascicule l'hôpital, fondé par la ville en 1323, doté en 1354 par le cardinal Bertrand de Deaux. Les consuls comme administrateurs généraux nomment l'hospitalier; ils n'ont pas toujours la main heureuse ; le 13 décembre 1357, on renvoie comme incapable celui qui y est, et on nomme Raymond Fossat (2).

Cela ne marcha guère mieux. Le 15 mars 1367, une veuve déclare aux consuls vouloir se consacrer pendant toute sa vie au service des pauvres malheureux de l'hôpital ; elle cultivera les propriétés, faisant tailler et fossoyer les vignes, sans aucun bénéfice ; son gendre se porte garant de la restitution du mobilier. La ville lui accorde dix setiers de seigle, un quintal de salé et un setier d'huile par an (3). Il n'est pas parlé du vin, car l'hôpital en récol-

(1) Doc. justif,, n* XLIV II avait succédé à Bernard Ayraud.

(?) Voir pour l'inventaire du mobilier de l'hôpital à cette époque la pièce justificative n* XLIX.

On remarquera que plusieurs des termes employés dans cet acte ne figurent ni dans le Dictionnaire languedocien de Sauvmje, ni dans Ducange. On juge à première vue du désordre qut règne dans l'établissement en voyant le pêle-mêle du mobilier.

(3) Liasse XVII, n 14. Acte de Pons Mercier, notaire. Témoins : Bernard d'Alayrac, hôtelier; Jean Mazelet, Bernard de Lascours (dr vurlihuH), marchand; Guillaume Laurent, cordonnier ; Armand Est radier , aubergiste. Le mobilier inventorié porte une poêle (surtugintnn), un chaudron (cacabus), lectum ad portandum mor-

te. En 1432, Pierre Clapier, hospitalier, adresse une requête aux consuls ; il a utilisé ses moments de loisir, dit-il, à créer un vignoble dans le clos de l'hôpital, et avant de l'agrandir, il hésite , car il est amovible ; ne serait-il pas possible, afin de l'engager à entreprendre de nouvelles plantations, de lui promettre la conservation de sa place tant qu'il vivra ? Le conseil accorda à ce bon serviteur la faveur de ne pouvoir être renvoyé sans en référer à tout le conseil, et non pas comme jadis aux consuls seulement. Mais c'était tout ; du reste, Clapier mourut trois ans après ; ce fut un menuisier de Vézénobres qui le remplaça. L'inventaire ne nous donne pas une très bonne idée de l'administration de l'hôpital ; il n'y a que vingt-cinq draps de lit, or on sait combien le linge s'use vite dans un établissement de ce genre (1).

Les malades reçus à l'hôpital n'ont rien à payer ; l'hospitalité est entièrement gratuite, mais les Alaisiens préfèrent se faire soigner chez eux, sauf à recourir au médecin communal. Il est souvent question dans les délibérations du traitement accordé par la ville au médecin des pauvres. En 1435, Jacques d'Artésia réclame 10 moutons d'or par an ; en 1444, un autre a 71. t. ; en 1450, Pierre de Lucques, 6 florins; en 1463, Jean Vissée réclame un traitement comme ses prédécesseurs, promettant moyennant ce de servir gratis les pauvres (2).

tuos, six lits, six autres lits, dix-huit couvertures {lodices), trois matelas (culcitras), des oreillers (pulvinaria), un entonnoir (embut), etc., etc.

(1) Inventaire de février 1431 : vingt-cinq linceuls, vingt couvertures (flassades), onze matelats, quinze oreillers.

(2) Voici quelques noms de médecins outre ceux ci-dessus : 1341 Raymond Simil ; 1345 Michel de Martinenche.

1345 Jacques Manhan, physicus.

1390 Etienne de Latour, de Tiirre.

8alomon Bonseigneur, juif, époux Glaire, physicus.

1302 Guillaume Pélissier, licencié en médecine, chanoine du Puy, originaire de Saint-Amans, en Auvergne, recteur de la chapelle comtale de Sainte-Anne depuis 1387.

1395 Jean Michel, de Venise, époux Souveraine, médecin-chirur-

Les chirurgiens sont plus nombreux ; avant d'entre* prendre une opération dangereuse ils exigent que le malade , au cas où mort s'ensuivrait , leur pardonne leur malheureuse tentative (1). Faut-il enregistrer comme victime du devoir professionnel le chirurgien Antoine Pierre, fils de chirurgien, qui fut obligé d'entrer à la léproserie vers 1429?

Le succès des chirurgiens est facile à comprendre. Pour guérir une rétention d'urine, le médecin ne connaissait rien de supérieur à l'huile des scorpions blancs de Sommières ; le chirurgien employait la sonde.

Il n'y a pas encore une barrière infranchissable entre les chirurgiens et les barbiers ; le 24 août 1395, l'hôtelier Antoine Pierre place son fils Jean en apprentissage, chez Etienne Pierre, barbier, ad addiscendum artificium bar-

gien.

1420 Jean Charbonnier, originaire de Brioude.

1410 Durand, du Puy (de Podio), époux Clémence Suéjols, licencié en médecine ; son fils Guillaume se fit marchand et épousa le 24 avril 1426 Catherine, fille de noble Jean Bonimassip.

1423 Jean Bizot, licencié en médecine.

1400 Guillaume Viscard ou Guiscard.

(1) Acte de Jean Sabaticr, notaire à Sauve, année 1465, f# 65.

« Guillelmus M an ni- Au rie i dixit esse inftrmus et fractus dé* persona sua, propterque non calet nec potest curare nisi me^ diante risione et iurenisne Anlîionium de Podio, surgicum Sal~ vit, qui se obtulit i}>sum (iuillelmum, mediante tamen cisione. Deo duce, sanare et curare tlicta fractura ; igitur ipse Guillolmus Manti-Aurici, casu quo propter cisionem aut aliter moriretur, eidem Anthonio parcit mortem suatn ; de quibus dictus Anthonius petht instrumentum per me notarium. »

Voici les noms de quelques chirurgiens :

1360 Ktienne Pierre qui eut un fils nommé ci-après, et une fille, Jeanne Pierre, qui épousa: tu Uaimond du Pont, mercier, et 2° Bernard Roche {Ruppis), notaire.

1365 Pierre Seseron.

1303 Bernard X., Jean Chalvet. — 1420 Antoine Pierre, époux Jacqueline de Sonunières, fille d'Antoine de Sommières, aubergiste.

liH Jean Michel, époux Jeanne Caylar, physicus eteirurgicus.

1470 Jean Astelier, Jean Dupin, Jean Granier, Laurent Gay te.

berie et sirurgie, pendant cinq ans. Si Ton pénètre dans la boutique d'un barbier, on trouve à côté des fauteuils à barbifier, du blaireau, et de la jarre pleine d'eau chaude où l'on a fait dissoudre le savon, lou lessïou, une petite hache, une petite enclume, des limes, dos tenailles, un mortier (1).

Chirurgiens et barbiers, et môme médecins traitent à forfait (2). Mais les barbiers plus modestes se contentent

(t) Location en 1439, à Sauve, d'une boutique de barbier pour trois ans moyennant 4 1. 10 s. par an. On détaille le mobilier: duas cathedras ad barbitonsorem, una jarra ad tenendum lo lessiou, unum spéculum de roda (miroir de Rhodes) ? unam cutim olei fondudam ad longum, 1res bassinos, octo mandilhes, parvam securim, englumas parvas, lavadou cupri, morterium cum trissono, 11 potos de bugia, tabula cum duobus scanis, une conca de S. Quintin (cruche en terre), eschalfadou cupri cum supercello. Le preneur n'a pas encore l'expérience de son prédécesseur qu'il devra consulter dans les cas difficiles : Si aliqui infirmi veniebant inter manus dicti Stephani ad curandurn et ipse Stephanus nesciebat ipsos curare, Ludovicus debeat ipsos curare, et ils partageront les émoluments versés par le malade, comme ils contribueront par égales parts au coût des onguents.

(2) Leurs collègues de Nimes n'opèrent pas autrement. Jean de Montgros, d'Aigrcmont, qui souffre à une jambe, consulte Gaspard Girard, bachelier en médecine, de Nimes ; si celui-ci le guérit radicalement, il lui donnera huit moutons d'or, outre deux moutons déjà payés et perdus pour le patient quoiqu'il advienne. Le médecin lui promet que de quinze ans au moins il ne ressentira plus de douleur ! Le même charlatan, car c'est le seul titre qu'il mérite, traite à forfait avec un autre malade, moyennant quatre moutons d'or, dont dix-huit gros payables d'avance, soit en argent, soit en un demi-muid de vin. (Arch, du départ, du Gard, 1462, E, 387).

Voici les noms de quelques barbiers ;

1352 Pierre Gaussan.

1370 Guichard Bilhot ; 1398 son fils Pierre Bilhot, époux Jacquette Puechaut, qui sera en 1411 bailli comtal du Mas-Dieu; son petitfils, sera Pierre Bilhot, bourgeois, époux Jacquette Capdur.

1389 Nicolas Vinet ou Binet, qui fut héritier de Pierre Evesque laboureur.

1391 Raimond Honorât.

1391 Etienne Pierre, qui fut héritier de Durand Magot, labourçur.

1406 Gilles Malhan, d'Evreux.

1428 Jean de Valoys.

de peu, et ils arrivent à l'aisance plus vite que les médecins qui ont de grandes prétentions*

Néanmoins il faut reconnaître que tous ces manieurs de la lancette ou du bistouri ne peuvent rivaliser, au point de vue des bénéfices, avec les apothicaires. Ces apothicaires, il est vrai, sont à la fois épiciers et droguistes.

Voyez en 1351, au contrat de mariage de l'apothicaire Pierre de la Pénitence, fils de Raymond, avec Ducros Alasaïs quels sont les témoins : noble Raymond de Montalet, Simon Gobi, Guillaume et Bertrand Boni, de la haute bourgeoisie Alaisienne.

Lorsque Pierre à son tour mariera en 1388 sa fille avec son confrère, Bertrand d'Hermenteyrargues, apothicairepoivrier, il lui donnera 120 livres en numéraire, une robe dont l'étoffe coûte 65 sous la canne, une ceinture en argent.

Les Bonnier sont très riches ; les Massayre encore plus peut-être (1).

1430 Jean Bazin.

1420 Guillaume Manent, époux Antonie Plantier.

1440 Jean Dalmas.

1441 Jean Astelier,

1441 Guiot Vendobre, époux Isabelle.

1459 Antoine Astelier.

1460 Louis Mazel.

(1) Bertrand d'Hermenteyrargues eut un fils qui mourut sans postérité ; vu en 1441 Jean dit Bertrand d'Hermenteyrargues.

1361 Jean et Pierre Bonnier; 1371-1393 Michel Bonnier.

1370-1403 Jean Massayre, époux Isabelle Gervais, fille de Jean Gervais, d'Anduze ; il a un commis, Pierre Sabran.

1432 Philippe Massayre, iils de Jean et d'Isabelle ci-dessus qualifiés, époux de noble Dulcie Milon, fille du seigneur d'Aubussargues.

1395 Pierre Raimond.

1430 Laurent Janvier.

1440 Jacques Arnaud.

1460 Pierre Bonafous.

1460 Jean Gautier.

1487 Jean Bonafous.

Quelques bonnes mesures prises par les autorités civiles et religieuses ont rendu les épidémies plus rares et surtout moins meurtrières ; citons en première ligne l'interdiction d'enterrer dans les églises.

Nous avons déjà parlé du choléra de 1348; des hommes robustes, vigoureux, ayant de la fortune, furent pour ainsi dire foudroyés par le fléau ; la putréfaction rapide des cadavres fit croire à des empoisonnements. On assure que les Juifs soupçonnés d'avoir empoisonné les rivières furent sacrifiés à la fureur aveugle du peuple, mais nous avouons n'avoir trouvé dans aucune pièce la trace d'un massacre général des juifs habitant la région cévenole.

La peste noire reparut en 1361. Innocent VI accorda une indulgence plénière à tous ceux qui se sentant atteints par ce mal terrible feraient l'aveu de leurs péchés, quel que fut le confesseur. (1)

C'est à la suite de cette peste qu'il se produisit dans nos églises un fait analogue à ce qui s'était passé lorsque saint Fabien et saint Sébastien remplacèrent saint Antoine abbé ; leur tour vînt de s'effacer devant saint Roch. Le nouveau saint invoqué contre les pestilences eut partout sa chapelle, sa confrérie, sa statue ; les enfants aimaient à contempler ce pèlerin avec son bâton, sa gourde et son chien intelligent et fidèle. Saint Roch fut contre la peste ce qu'était saint Lazare contre la lèpre et saint Biaise en cas d'épizootie.

Pendant près d'un siècle nos archives ne signalent plus de grande épidémie. Les lois hygiéniques sont mieux respectées ; le droit que prétendait avoir chaque riverain d'évacuer ses immondices dans le fossé urbain a été restreint ; on a décrété des amendes contre ceux qui jetteraient des cadavres d'animaux dans les canaux à cielouvert ; on a assaini le quartier des tanneries, des teinturiers en ménageant un écoulement aux eaux de ces établissements. Jadis il était permis de laisser errer sur la voie publique les cochons comme de nos jours les chiens ; cela

(1) 2 des calendes de juillet, 9* année de son pontificat.

faisait 600 cochons par an environ qui fouillant dans les tas d'ordures les éparpillaient et augmentaient ainsi la malpropreté ! La ville a maintenant un porcher auquel on doit confier ses porcs, si l'on ne veut pas les tenir renfermés. Aide-toi, le ciel t'aidera.

En 1450 ou 1451, la peste vînt pourtant visiter les Alaisiens, et y fit, d'après Antoine Boni, 1800 victimes ! Il ne faut pas prendre entièrement à la lettre ce chiffre de la mortalité à Alais. Nous avons déjà prévenu nos lecteurs à l'occasion de l'épidémie de 1348 de ne pas se fier à ces chiffres; pour celle de 1451 nous pouvons invoquer une preuve irrécusable, le registre des délibérations de cette époque. Les chroniqueurs savaient leurs lecteurs avides d'émotions, et ils enflaient le nombre des victimes. Du reste Antoine Boni exagère le chiffre de la mortalité pendant Tannée 1451 dans un but particulier ; il commet un pieux mensonge.

A la sollicitation de noble Jean du Vergier, ambassadeur du roi Louis XI, troisième président du parlement de Languedoc, co-baron d' Alais, Sixte IV érigea en 14721e prieuré d'Alais, relevant de l'abbaye de Cendras, en collégiale séculière (1); il institua donc un chapitre composé d'un doyen, d'un sacriste, et de huit chanoines. Le Pape unit à la mense du nouveau chapitre le prieuré de Caraman possédé par un conseiller-clerc du parlement de Toulouse, Gilles Le Lasseur (Laqueatoris), déjà âgé. L'archevêque de Toulouse, Bernard du Rosier, faisant semblant d'ignorer la bulle d'union, s'empressa, à la mort de Gilles, de

(1) La bulle de Sixte IV a été publiée dans le Bulletin de l'Art chrétien de Nimes, tome 1, p. 140; c'est du reste dans notre pro. chain volume que nous aurons à raconter comment le Pape fut amené à créer cette collégiale.

Quant à la lettre de Louis XI ordonnant l'enquête, elle est datée de Toulouse du 0 juillet 1481. Per Camvrnm : G. de Lamarche. Le syndic du chapitre d'Alais est Michel de Ariges, prêtre ; je n'ai aucun détail sur ce personnage. Le conseiller Pierre de Benquet descendit à Alais au logis du Bourdon, le 8 octobre 1481. Bremond de Saint-Félix ne dut pas venir à Alais. Gilles le Lasseur était mort le 17 mai 1473.

conférer les revenus de Caraman à son neveu Pierre du Rosier. Ce cher neveu qui avait déjà trois ou quatre bénéfices se laissa faire ; il obtint plus tard la prévôté de la cathédrale de Toulouse. Un autre conseiller clerc, Louis Lhuillier, revendiqua alors le prieuré de Caraman ; un individu nommé Noël de Broa, aussi. Les chanoines d'Alais voyant Pierre de Lion, successeur de Bernard du Rosier, appuyer les prétentions de ces Toulousains, demandèrent au Parlement de Toulouse d'ôtre maintenus en possession. L'archevêque de son côté prétendit que le Pape avait été induit en erreur, que la ville d'Alais était trop peu importante pour y créer une collégiale; sa requête était un véritable réquisitoire contre les agissements de la Papauté ; le Souverain Pontife y était traité avec un sansgône dont nous donnons en note un bref échantillon. Mais les Alaisiens ne reculèrent pas d'un pouce (1).

(1) « Uniones beneficiorum multls de causis sunt odiose tum quia per eas fit rerura ecclesiasticarum alienatio que vitanda est.... collatio, provisio et oranimoda dispositio dicti archipresbyteratus et ecclesie de Caramagno , quando contingit eumdem archipr. vacare pertinet ad archiepiscopum.... tanquam ordinarius collator pro libito voluntatis.... predicta unio est à jure communi exorbitans, nara per eam fit alienatio rei ecclesiastice et diminutio juris ordinarii et non potuit fie ri in prejudiciura ipsius domini archiepiscopi inviti et ignorantis.... Nonobstat dum dicitur que dicta unio faota fuit per Romanum Pontifîcem ex justissima et verissima causa.... facta fuit ad importunitatem magistri Johannis de Viridario tune presidentis curie presentis et in romana curia tune existentis ; igitur cum cesset utilitas Ecclesie et etiam evidens nécessitas, non débet dicta unio sortire suura eflectum. . . Nonobstat dum postea submergitur que per dictara unionem cultus divinus augmentatur.... Item ponitur in facto que anno 1474 Romanus Pontifex Sextus, certis de causis animam suam moventibus, revo-

cavit oranes uniones quae suo nondum erant sortite eflfectui

Dicta unio est contra ordinationes regias. .. nam ponitur in facto que dicta ecclesia de Caramagno distat ab ecclesia de Alesto per 40 leucas et ultra. Locus de Alesto est parvus locus et non est insignis nec talis in quo ecclesia collegiata fundari et constitui debeat ; ecclesie cathédrales et collegiate de jure communi sunt in locis insignibus constituende et fundande...

« Archipresbyter de Caramagno ex suo officio babet nuntiare

Le mémoire du syndic du chapitre étant trop long pour l'éditer en entier (1) nous nous sommes contentés d'en

eidem archiepiscopo tanquam superiori suo excessus vel delicta presbyterorum totius archipresbyteratus et eisdem presbyteris habet ministrare anno quolibet sanctum chrisma et eos etiam pre cedit in sinodo ; igitur potius esset diminutio divini cul tus quam augmentatio cum omnia premissa cessarent si dicta unio sortiretur eftectum. Nonobstat dum dicit [syndicus Alesti] que papa potuit facere dictam unionem de plenitudine potestatis, nam ad hoc respondctur que non est questio de potestate Pape, sed ejus intentione et voluntate, qui nunquam fuit in hac materia plene instructus, sed per importunitatem dicti de Viridario instigatus et deceptus, quod patet ex eo quia sine cardinalium consilio hanc pretensam unionem fecisse dicitur, quod tamen non consuevit sine fra-

trum suorum consilio in tam raagnis et arduis causis procedere

Item dicte bulle non sunt in forma consueta expedite, nam uniones in curia romana consueverunt expediri per commissionem ad partes, yocatis his quorum interest, quod minime factum fuit, et sic non est verisimile que processerunt de mente domini nostri Pape, ymo sunt vehementissime suspecte, quod etiam ex eo apparet, nam in eis non reperitur aliqua taxa, nec nomina illorum qui taxant dictas bullas qui semper consueverunt apponi in fine bullarum et in earum plica inferiori. Item prœdicta pretensa unio nunquam fuit solemniter publicata. »

(1) Doc. just. n* LVII.

Les premiers témoins entendus par le conseiller enquêteur ne nous apprennent pas grand chose.

Pierre de Sommières, né à Alais, 40 ans, moine à Cendras pendant 17 ans, puis envoyé à Saint-Germain-de-Montpellier, et enfin nommé pénitencier de l'abbaye de Psalmody, affirme s'être trouvé à Cendras lorsqu'à son retour de Rome Jean du Vergier annonça à l'abbé Jean de Sorbières que le Pape l'autorisait à porter la mitre- Pierre Boissier, chanoine, prieur de 8aint-Julien-d'Escosse, 70 ans, fermier du prieuré d'Alais au moment où son érection en collégiale eut lieu; «c'était l'évèquede Nîmes qui à cette époque là était prieur d'Alais ; cela lui rapportait net 80 livres ; le fermier payait le curé, trois clercs, l'un qui disait les épîtres, l'autre chargé de la chapelle de Notre-Dame, l'autre qui sonnait les cnmpnnes ; il y avait 14 prébendiers, à savoir deux secondaires, un diacre mage, un capiscol qui entonnait les offices, et dix autres personnes. Tous, à la Notre-Dame d'anust, recevaient quatre setiers de blé mescle(coségal) et deux setiers de touzelle, et aux vendanges neuf barraulx et une esmine de vin pur.

Et après, l'argent qui venait des cantars, exequies et anniversai-

reproduire les passages les plus importants à la fin de ce volume. Mais voici les réponses faites à l'enquêteur par

res se mettoit en une caysse et se partoit entre eulx, et le cabiscol aux parades ou basaliques que se fasoient le jour de la sépulture des morts prenoit comme deux, c'est à savoir quant les autres avoient un quart ou un blanc il en prenoit deux, et quant une double, il deux; et aussi quant une novye venoit à la porte de l'église, de chacune novye il avoit six deniers... L'abbé de Sandras au temps qu'il était prieur avait donné le revenu d'un an du prieuré aux prêtres et prébendes pour fonder une messe en note à l'aube ; et après l'abbé, l'évêque de Nimes lorsqu'il fut prieur donna aussi 50 écus pour cette messe,

Bertrand Seget, prieur de Saturargues, né et habitant Mais, 57 ans.

Pons André, curé de Notre-Dame-du-Puy de Cendras, 60 ans.

Noble Pierre Bilhot, garde du petit scel royal à Alais, né et habitant à Alais, 60 ans, était présent « avant que Jean du Vergier partist pour aller en Rome », que le dit abbé avait chargé Vergier de lui obtenir la faveur de porter !a mitre..., il ne sait pas à quelle distance se trouve Caraman, mais il est allé souvent à Toulouse qui est à 47 lieux.

Gille Conchet, laboureur, natif de Yeure-le-Chasteau au diocèse d'Orléans, 50 ans, habitant Alais depuis 40 ans, a été au service des Sorbières, de l'abbé de Cendras et de son oncle qui fut prieur.

Pons Galliard, éperonnier, 45 ans, né et habitant Alais.

Bertrand Bruguière, prêtre, natif et habitant Alais, 30 ans ; il a entendu dire que le Pape dit à du Vergier pourquoi il ne lui demandait rien et le serviteur de l'ambassadeur, Giron du Pont, qui était d'Alais, lui dit « moi, j'aurais demandé qu'il y eut à l'église d'Alais des chanoines. » Bruguière a déjà trois chapellenies en l'église d'Alais !

Guillaume Mazel, marchand, natif et habitant d'Alais, 60 ans.

Frère Maurice Dumas, gardien du couvent des Frères mineurs d'Alais, 36 ans, et frère Jean Paulet, du même couvent, 60 ans.

Frère Jacques Pouget [Poget], maître en théologie, dominicain d'Alais, 50 ans.

Etienne Girard, marchand, né et habitant Alais, 60 ans.

Grégoire Dairevielhe, marchand, né et habitant Alais, âgé de 34 ans ; le greffier a traduit ainsi le nom du témoin : Gregorius de Areveteris, mais à Alais on disait Dervieux.

Jean Calvet, marchand, natif du mas de Frayssinet près Privas, habitant depuis 30 ans Alais, âgé de 50 ans, qui a sa maison d'habitation à côté de l'église et va chaque matin entendre la première messe en note, à l'aube du jour, dès qu'on a fini de chanter les

le gouverneur, le juge d'appeaux, le viguier, les notables du pays :

lo Noble homme Bertrand àe Bor délies , natif du lieu de Bordelles, au diocèse de Clermont eu Auvergne et habitant du lieu de Bagara, près de la ville d'Alez, depuis 15 ou 16 ans, circa, et gouverneur pour le conte d'Alez d'iceile ville et conté d'Alez, âg<* de 52 ans...

La ville d'Alez est au diocèse de Nismes et est notable ville fermée de murailles et habondeuse de gens et de peuple, et... y a bien 600 habitans ou plusieurs (sic) tenans maisons et feu, et aussi y a plusieurs gradués comme licenciés et bachelliers tant en droit que en arts, et aussi y a plusieurs nobles, bourgeois, et marchands assez riches et bien es tans, mécanics et laboureurs jusques au nombre dessusdit de 600 ou plus, et les gentils hommes de ladite ville vont à la guerre quant sont mandés par le Roy, et y a autres bourgeois vivants de leurs rentes et revenus comme nobles et ont leurs rentes, juridictions et émoluments à l 'entour d'Alez et ailleurs, et aussi ont leurs maisons belles et magniffiques* dedans ladite ville où ils demeurent avecques leur mesnaige, et aussi y a des m arc h ans en bon nombre qui vont aux foyres tant à Lyon que à Pézénas et Montaignac et aux autres villes du pays vont à foyres et marchez, et sont estimez bons marchans et ont bon crédit, et aussi sont les mécanicz asses riches et bien estans selon les mécanicz des autres villes et lieux, et aussi y a laboureurs en grant nombre qui ont et labourent vignes, champs et autres possessions et sont asses bien estans...; en ladite ville d'Alez a plusieurs habitans et grant peuple, mais s'il y en a plus que es cités et villes de S'-Papoul, d'Alet, lui qui parle n'en sait rien, car ny a pas advisé, mais croyt bien que audit Alez a plus de gens et de peuple que en negune desdites villes et cités.

Dit qu'il est tout notoire que en ladite ville ou circa muros a deux notables couvens.... Cordeliers et Jacopins, et y a notables personaiges comme maistres licenciés et autres graduez en téologie et plusieurs autres religieux servans Dieu bien et honestement et vivent de aumosnes que les habitans dudit Alez et autres leur font, et aussi dedans ladite ville y a un couvent ou

matines.

Guyot Augan, marchand, natif de îtotirges, habitant Alais depuis 14 ans, âgé de 30 ans.

Antoine Massayre, marchand, né et habitant Alais, 36 ans.

monastier de religieuses de sainte Glare, et y a une abbaesse et plusieurs autres religieuses, mais autrement ne scaurait désigner le nombre... et croyt qu'elles vivent de leurs rentes, etcroyt aussi que l'on leur fait aumosne quant en demandent comme aux autres. Et aussi dedans ladite ville y a une comandarie de Saint-Authoinc de Vianoys bien dotée et fondée, et tient le commandeur plusieurs serviteurs et familiers et se tient honnorablement...

La ville d'Alez est villa co?nitalis et chief du conté, et le conte d'Alez a en ladite ville juridiction haulte, basse et moyenne, mère et mixte empire ; bien est vray qu'il y a autres deux conseigneurs qui ont la moitié de la juridiction, mais la tiennent dudit conté, et a illecques ledit conte gouverneur, juge, notaires et autres officiers pour l'ex6rcice de justice; et est gouverneur à présent luy qui parle pour ledit conte, et aussi y a juge d'appeaulx pour ledit conte, et quant les autres officiers ou juges dudit conte ou des autres conseigneurs de la ville d'Alez donnent aucune sentence ou appoinctement, les parties ou icelle contre laquelle est donnée peut appeller audit juge d'appeaulx, et dudit juge d'appeaulx Ton appelle au séneschal de Beaucaire, et aussi l'évesque de Nismes tient en ladite ville d'Alez un juge ou officiai foranenc.

2° Maistre Grégoire Fnbre, bachellior en loix, natif de la dite ville d'Alez et habitant à présent et depuis vingt ans à Nismes et advocat en la court présidiale d'icelle ville, a âge de 50 ans environ, tesmoing produit de la partie du sindic de l'église collégiale de S1 Jehan d'Alez à l'encontre desdits arcevesque, niessire Pierre du Rosier prévost de Thoulouse, et maistre Noël de Broa.

La ville d'Alez est située au diocèse de Nismes et est notable ville et la plus insigne qui soit en la diocèse après Nismes, et est bien peuplée... et croyt seurement qu'il y a de cinq à six cens habitans tenentes focos et lares, car autrement ne les a pas comptez, et y a gens de pratique, licenciés et bachelliers, et aussi y a nobles, bourgoys, marchans et mécaniez et laboureurs; mais autrement le nombre ne scaurait désigner ; et les nobles vivent de leurs rentes et émoluments, et ont aussi leurs maisons dedans ladite ville ; et aussi les marchans vont aux fovres et marchez aux villes de Lyon, Pezenas, Montaignac et autres lieux et villes du pays, et y a grant nombre de mécaniez de chacun art et sont asses bien estans, et aussi les laboureurs ouvrent et labourent diligemment leurs vignes, champs et autres possessions.

. . .Et des viguiers et juges ordinaires Ton appelle au juge des appeaukc. . et en est à présent luy qui parle, et du juge des appeaulx l'on appelle au seneschal de Beaucaire. Bien est vray que quant l'appellant veult appeller au seneschal, obmis le juge d'appeaulx, le peut faire, si bon lui semble [1). Et aussi y a une court archipresbyterale qui est comme ung offficial foranenc pour l'évoque de Nismes.

3° Noble homme Anthoine Boni, seigneur de Larnac et triguier pour le conte d'Alez, natif et habitant d'icellë ville d'Alez, a âge de 50 ans ou environ.

La ville d'Alez est... la plus notable de la diocèse après Nismes et est fermée de murailles et bien poupulose, mais les mortalitez y ont fait grans domaiges parce que Tan cinquante et ung (1451) y moururent dix et huit cens personnes, et depuis en y a eu plusieurs foys et a 3 ou 4 ans dernièrement que y moururent 600 personnes !

... La ville d'Alez est située en bon pays et en bonne terre, fertile de fruiz, et sur la rivière du Gardon.. . Avant la érection (en collégiale) les heures... prime, tierce, midi... nonne se disoient par le curé et par le diacre, et les autres conventuals n'estoient tenus y estre jamais... Les serviteurs de ladite église d'Alez tousjours ont esté pauvres parce que le prieur ne leur donnoit à chacun que neuf barralz et une eymine de vin, et six cestiers de blé qui valent une charge et demye ; et aussi le prieur de soy mesme estoit chargé pour ce qu'il avoit à tenir la cure et trois clercs à sa table, et quant le prieuré s'arrendoit, ne s'arrendoit que de 80 h 100 francs et jamais ne passait 100 francs, payés les conventuals que estoit charge ordinaire; et estoient tous les conventualz fils de la ville, car ung estrangier n'y eut

(I) On remarquera l'importance de ce paragraphe. Du juge commun on appelait au juge d'appeaux et de celui-ci au sénéchal. Mais en fait les parties préféraient aller directement en appel du juge commun au sénéchal. Voilà pourquoi le rôle de la cour d'appeaux est insignifiant à cette époque; il n'en sera plus ainsi dans 50 ans ; nous verrons alors de quelle manière le comte s'y prendra pour faire revivre sa cour d'appel ; pour le moment le juge d'appeaux a si peu à faire à Alais qu'il habite Nimes !

Les premières dépositions ont eu lieu à Nimes, mais dès le 12 octobre le conseiller Pierre de Henquet est à Alais. Inutile de dire que nous avons de temps en temps rajeuni le texte pour le rendre plus clair.

pu vivre à si petite prébende, mais les fils de la ville vivoient es maisons de leurs parens.

4» Messire Guillaume de Arnassan, bachellier en loix, natif de Rippealte (Ribaute), près de la ville d'Alez, et habitant de ladite ville d'Alez de tout le temps de sa mémoire, a âge de 50 ans ou environ (1).

... La ville est notable ville et la meilleure du diocèse après Nismes, et aux conseils des assiettes ou autres beso ignés du diocèse, tousjours A lez est après Nismes, et parle et a sa voix après Nismes, et est fermée de belles murailles, ainsi que est tout notoire, et à la congrégation des troys estaz de Languedoc le Roy a acoustumé de escripre tousjours à la ville d'Alez, et y a grant nombre de habitans, et y a de six à sept cents maisons habitables ; bien est vray qu'il y en souloit avoir plus amplement, mais les mortalitez y ont fait grant domaige.

... La ville d'Alez est située en bonne terre, car elle déppend de Languedoc d'un costé et des Montaignes de l'autre; et la terre est bonne et fertille, et est située sur la rivière du Gardon, et austrefoys luy qui parle a esté au conseil d'Alez et a trouvé aux archieux {sic) du consulat instrumens publics comment au temps passé les consulz de ladite ville d'Alez loyent (louaient) les docteurs pour légir en la ville d'Alez loix et decretz. . .

Les chanoines, après qu'ils ont dit matines, disent les autres heures canoniques comme prime devant la première messe de l'aube, et après dient tierce et midi, et après dient la messe parrochiale, après icelle messe dient heure nonne etvespres et complye à heure deue et acoustumée. Bien est vray que, avant la érection, le curé avec le diacre ou le clerc major disoient prime, tierce, midi et heure nonne, et les autres conventualz n'estoient tenus y estre si ne vouloient. Mais à présent les chanoines et autres serviteurs de l'église ou la pluspart y sont comme aux autres offices et sont à présent en bon nombre, car oultre les dix chanoines y ont mis et institué deux segondaires, deux diacres et quatre autres coriers, et ainsi sont en tout dix-huit, oultre les troys clercs qui y sont comme paravant.

(1) Pierre d'Arnassan, père de Guillaume, habitant le mas de Cayrel à Ribaute, testa le 30 septembre 1455; sa sœur est Garsende d'Arnassan, veuve Gobi de Ribaute, et son frère Bernard d'Arnassan, prieur de Bagars. Ses enfants, outre Guillaume, sont d'Arnassan Rostaing, époux Agnès, héritier universel, Bernard, Hélips, femme Jean Sabatier, et Antonie, femme Dumas Régis de 8aint-Christol.

Le prieuré d'Alez vault selon commune extimation environ 100 francs.

5° Messire Louis de Sauzet, licencié en loix, natif du lieu du Vigan et habitant depuis unze ans . . . Alez, a âge de 30 ans ou environ.

. . .Dit que docteurs en décretz et en loix n'en y a point à présent, mais y a bien quatre maistres en théologie aux Jacopins, et aussi en la ville un licencié en décrets nommé messire Jehan Campreynault qui est natif de ceste ville, jaçoit que à présent il est officiai de Gap, mais il vient souvent en cette ville visiter son patrimoine qu'il y a, aussi il est prieur de Brosencs près la dite ville d'Alez, et luy qui parle est licencié en loix et aussi y est messire Guill» de Arnassan qui est bachellier en décretz, et y a troys escolliers de ceste ville qui estudient tant en Avignon que à Thoulouse ; et y a ung médecin nommé maistre Guillaume Guiscart et ne scet s'il est bachellier ou licencié en médecine, et y avoit autres graduez, mais sont mortz d'empédimie depuis 6 ou 7 ans circa. Et y a de nobles comme Anthoine Bony, Rostaing de Laudun, Pierre de Gaussargues, Jacques Pierre, Giron de Rocheblave qui est gentilhome mais tient hostelerie, Tibault de Bésiers et Guillaume de Johannas son gendre ; et y a de bourgoys qui ne sont point nobles, et mécanicz, et laboureurs, et en y peut bien avoir de 600 à 700, mais autrement n'en scauroit respondro de certe science du nombre des habitans, et en y a de pauvres et de bien estans d'ungs et d'autres.

6<> Maistre Pierre Pinhié, notaire du chapitre, natif du Puy, habitant Alais depuis 18 ans, âge de 30 ans. . . (dont je résume la déposition), à présent sont en l'église 10 chanoines, compris le doyen et le sacristain ; outre les chanoines, il y a deux diacres, messires Jehan Vcrgier et Loys Durant, deux secondaires Pierre Monnier(Monnery) et André Radier, et 4 autres prébendes ou conviera, Antoine Moyna, Jean Ghambon, Alexis Simon, et noble Jean Boni, et eniin trois clercs, le clerc-mage, le clerc de Notre Dame et celluy qui touche les campanes, et tous iceulx on la pluspart officient en l'église et incontinent après matines disent prime, et après dieut une messe de note qui s'appelle la messe première et se dit à l'aube du jour à la chappelle de N*- De, et à heure de tierce disent tierce, et après tierce disent la messe paroissiale en note, ot après disent midi et heure nonne, mais n'est pas bien îecors s'ils disent midi avant la messe paroissiale ou après, et ceci font tous les jours sans y faillir et aucune fois disent à la lin messe pour les défunts

Pour obtenir du Parlement le maintien de la collégiale créée à Alais par le Pape, Antoine Boni exagère la violence des dernières épidémies ; dans le môme but il critique l'ancienne organisation paroissiale.

Les serviteurs de la paroisse, dit-il, étaient malheureux ; le prieur ne donnait à chacun d'eux que neuf barrais de vin, et une charge et demie de blé. Un hectolitre de vin, ce n'est pas assez, mais 300 litres de blé, c'est-à-dire au moins 300 kilogrammes de pain, c'est suffisant.

Evidemment le prieur qui, tous frais payés, encaissait 100 francs d'or par an, eut mieux fait de se montrer plus large avec les prêtres qui desservaient l'église. Quand on songe qu'avec 100 francs d'or on avait, au milieu du XVe siècle, 200 hectolitres de vins, ou vingt bœufs, que de misères il aurait pu soulager !

Et encore le prieur de la paroisse n'excite point l'envie comme les autres bénéficiers dont on n'aperçoit pas l'utilité; le prieur de Saint-Germain-de-Montaigu, par exemple, qui habite toujours Nimes, et afferme son prieuré bon an mal an 75 1. 1.. Le peuple est surtout frappé de voir les revenus de l'ancienne maison du Temple à Alais perçus par ceux qui se disent les héritiers des Templiers et qui n'ont pas su empêcher la formation d'un empire ottoman en Europe (1).

(1) 1368, frère Pierre Nobilis de l'ordre de Saint-Jean-de- Jérusalem, agent de frère Aymeric de Rippis, précepteur de Peyroles, ad quem dominum preceptorem perlinet laudare feuda quœ olim tenebantur à militia templi Alesti.

26 avril 1391, Raymond Coste, du même ordre, agent de Pierre Roche, chevalier, précepteur de Jalès, à qua domo de Jalezio, dicta domus militie templi Alesti dependet. Peyroles et Jalès avaient le même précepteur.

1429, le chevalier Béranger de Mandagout a les préceptories d'Alais et de Saint-Mauriee-de-Cazevielle. Mais Raymond Oras est précepteur de Peyrolles et de la maison de la milice du Temple.

1431, Guillaume de Monteils, chevalier, précepteur de Saint-Maurice-de-Cazevieille et de Saint-Jean d'Alais.

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