‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 103 sur 294 · Be.ntivoglio. Édit, préc., T. IV, p · texte numérisé non relu

Be.ntivoglio. Édit, préc., T. IV, p

212 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

Espagnols Il ne revint pas ^ Le marquis de Mirebeau

arrive à l’armée, va saluer le Roi aux tranchées; une balle l’étend raide mort au moment où il descend de cheval. Le chevalier de l’Église, dit Médicis, neveu du légat et parent de la Reine-mère, venu de Paris pour apporter un courrier, subit le même sort.

De l’occupation des fossés dépend le succès final. On y fait des prodiges. Les caponières et les casemates, dans lesquelles l’ennemi se retranche, les mines qu’il a pratiquées, en rendent l’accès très périlleux. « Tel faisoit une mine qui sautoit d’une autre préparée sous ses pieds ; à ce jeu se perdirent force gens etentre eux La Limaille qui commandoit le régiment de Navarre ))

A-t-on délogé l’ennemi d’un poste, il le faut attaquer dans un autre. « On entend que les Espagnols travaillent toute la nuit pour miner, mais on leur rend bien le change, écrit un des gentilshommes; on parle avec eux et il semble qu’ils sont malcontents d’Hernandiglio {sic), lequel ne les laisse jamais reposer 3. » L’arquebuse et le mousquet ne suffisent plus, dit encore Rentivoglio, la lutte s’engage corps à corps, à coups de dagues et de hallebardes, tandis que du haut des remparts l’ennemi fait pleuvoir une grêle de pierres et de feux d’artifices. Il ne faut pas moins de dix jours pour s’emparer de la contrescarpe.

Reste le ravelin, suprême ressource des assiégés. Le grand maître de l’artillerie, qui disposait de puissants moyens d’attaque, ouvre contre cet ouvrage formidable un feu si nourri, que la muraille ne tarde point à s’écrouler sous le choc répété des projectiles. La large brèche qui s’ouvre permet de tenter un premier assaut le 24 août. Les assiégés s’y attendaient. Leur opiniâtre résistance ne

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