‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 111 sur 294 · La Morlière. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

La Morlière. Loc. cit., p

2. Arch. mun. Délit. BB 56, p. 1. 27 septembre 1597. Procès-verbal d’installation, signé : François d’Orléans.

3. L’Hôtel des Cloquiers tombait en ruines. A la suite d’une visite des bâtiments, on constatait (1586-89) « qu’il estoit besoing de le desmonter pour éviter cheutte. » Les murailles furent alors consolidées « par plusieurs agrappes de fer et tirandes de boys en divers endroitz. » De nouvelles lésardes s’étant produites (1595) il fut « trouvé en éminent péril » et abandonné. Délit. BB 54, p. 77.

Le nouvel Hôtel de Ville avait été commencé en 1551. Les guerres religieuses absorbant les ressources du budget, les travaux furent abandonnés, quand les murailles sortaient de terre. L’échevinage, l’évêque, des délégués du chapitre et les notables étudièrent, le 12 juin 1595, ce qui serait le plus avantageux et le moins coûteux pour élever une nouvelle maison

pas à la vieille constitution mutilée, et la personnalité plusieurs fois séculaire du rnayeur disparut, à l’heure même où disparaissait le palais fju’elle avait rempli de l’éclat de son incomparable prestige.

commune. Trois projets étaient en présence ; 1° bâtir sur les terrains, occupés par l’hotel des Cloquiers, agrandis par l’acquisition de la maison de Nicole de Nybat et du jardin de Roland d’Amiens; 2° bâtir en façade

Henri IV n’épargne pas les ligueurs endurcis, les membres du clergé qui, de gré ou de force, ont prié pour le succès de la catholique Espagne, les bourgeois coupables d’avoir pris le parti de ses ennemis. Aux uns il impose des contributions écrasantes, et punit les autres de la confiscation de leurs biens f Le bailli d’Esclebecq - est maintenu en fonctions ; de même le lieutenant général du bailliage, Vincent le Roy. Antoine le Quieu, seigneur de Moyenneville, est nommé président du bailliage et siège présidial et Jacques Gargan, prévôt royal.

Dans chacune des dix-sept circonscriptions financières, connues sous le nom de généralités Henri H avait institué

sur la place du Grand Marché, à remplacement de la maison du Blanc- Pignon (n°s 9 et II) en achetant les maisons voisines ; 3° achever les constructions commencées en 1551, en façade sur la place Saint-Firminen-Gastillon. Le dernier projet prévalut, comme le moins dispendieux. Le devis des bâtiments fut de 20,000 écus soleil, soit environ 341,680 francs de notre monnaie. Le plan de Le Soing (1704), reproduit dans le Vieil Amiens (5® série, n» 10), donne l’aspect de la façade monumentale Renaissance du côté nord qui fit place, de 1757 à l760, à la façade actuelle, dépourvue de toute espèce d’architecture,

1. Arch. dép. de la Somme. Fonds de VÈvêehé, G. 567. — Reg. du Bailliage, XIV, pp. 50, 77 v°, 90 v°, 103 v°.

2. Antoine de Halluin, seigneur d’Esclebecq et de Wailly, fils de Louis de Halluin (cf. p. 90), nommé bailli le 11 avril 1571, destitué par Mayenne, le 20 juillet 1589, au profit de Jean de Paillart, seigneur de Ghocqueuse, réintégré par Henri IV en 1594. Reg. du Bailliage, V, pp. 19, 57.

3. La généralité d’Amiens. La Picardie fut d’abord comprise dans la généralité d'outre-Seine, l’une des trois grandes circonscriptions financières du royaume. En 147*7, la recette générale de Picardie fut organisée comme dépendance de la généralité d'outre-Seine. En 1523 la généralité d’Amiens prend définitivement naissance; son ressort s’étend aux diocèses d’Amiens et de Noyon. La création, en 1595, de la géyiéralité de Boissons lui enlève le diocèse de Noyon, sauf Péronne et Saint-Quentin. En 1661, Louis XHI réunit à la généralité d’Amiens l’Artois, qui en fut détaché le 4 août 1754. Elle comprit dès lors six Élections ou circonscriptions, attribuées aux Élus chargés de la perception des aides et des tailles et du contentieux en premier ressort, sous l’autorité des trésoriers généraux, et quatre gouvernements. Élections : Amiens, Abbeville, Doullens, Montdidier, Péronne, Saint-Quentin. Gouvernements : Ardres, Galais, Boulogne, Montreuil. — Gf. G. de Witasse, Géographie historique du département de la Somme, p. 81.

à titre permanent, d’abord un, puis deux trésoriers généraux^ chargés de l’administration du domaine royal et de la direction des finances extraordinaires : tailles, aides, impositions de toutes sortes, (’harles IX et Henri III en augmentèrent le nombre. Ils étaient onze membres composant le bureau des finances, lors des événements de 1597. Plusieurs, Nicolas du I>os, seigneur de Ilurt, entre autres, avaient été choisis par Mayenne. Henri IV redoutait l’influence de ces personnages, qui puisaient dans la vénalité et l’hérédité de leur charge un dangereux esprit d’indépendance. Ne pouvant les atteindre par la révocation, le Roi crée un agent nouveau, l’intendant de justice, police et finances, et lui confère, avec les attributions administratives, une grande partie de la juridiction contentieuse exercée jusqu’alors par les trésoriers. Louis Le Febvrede Caumartin, issu d’une famille distinguée originaire du Ponthieu, pourvu de cette fonction le jour même de la soumission d’Amiens, inaugure ses pouvoirs en annulant les jugements rendus et les contrats passés durant l’occupation espagnole

La milice urbaine momentanément dissoute et remplacée par une garnison, composée de Suisses et du régiment de Picardie, est réorganisée avec douze compagnies de cent hommes « chefs de famille, » ayant chacune un capitaine,

1. DE Louvencourt. Les trésoriers de France de la généralité de Picardie ou d’Amiens. Amiens, 1896. Il y eut vingt-trois charges de trésoriers généraux ou trésoriers de France, successivement créées dans la généralité d’Amiens ; deux par Henri II (1551-1557) ; deux par Charles IX (1570-1571) ; six par Henri III (1577-1581-1586) ; une par Henri IV (1593) ; onze par Louis XIII (1626-1627-1633-1635). Les vingt-trois trésoriers composaient le Bureau des Finances auquel ressortissaient toutes les affaires contentieuses, touchant le domaine royal et la perception des impôts. Il tenait audience quatre fois par semaine dans l’hotel construit en 1634, rue Saint-Denis, et qui appartient actuellement à M. de Berny.

2. Arch. dép. de la Somme. Reg. du Bailliage XIV, p. 20. 20 octobre

242 HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.

deux lieutenants, un enseigne, un sergent, désignés par le gouverneur de la ville, et six chefs de portes nommés par les échevins. L’organisation décrétée par La Boissière ^ ne subit aucun changement notable jusqu’à la Révolution -, sauf que le nombre des compagnies fut porté à seize en 1695, huit dont les officiers étaient choisis par le gouverneur et huit par l’échevinage.

De tous les moyens proposés par les ingénieurs militaires pour la sûreté de la place, aucun ne sembla plus etficace que la construction d’une citadelle. Errard avait démontré la grande utilité des citadelles auxquelles on attribuait le double avantage d’accroître la force d’une ville et d’assujétir les bourgeois en servant, le cas échéant, c( de bride et de frein aux soudaines émeutes. » Contrairement à l’usage, qui plaçait l’acropole de l’antiquité et le donjon du moyen âge au centre de la place, Errard les construisait de préférence sur un point déterminé de l’enceinte, suivant les préceptes de la stratégie italienne. De Vicq pensait qu’un ouvrage de ce genre occuperait avantageusement les hauteurs qui dominent Amiens au sud-ouest. Henri IV, toujours préoccupé du voisinage dangereux de l’Artois, penchait pour le côté nord de la ville. Son avis prévalut. Errard fixa remplacement et le périmètre sans se préoccuper des intérêts de tout un quartier dépendant, partie de la paroisse Saint- Pierre, partie de la paroisse Saint-Sulpice, dont on décrétait ainsi l’expropriation immédiate ou à brève échéance. En effet, si l’on se bornait à raser d’abord ce qu’il était indispensable de faire disparaître pour l’exécution du plan primitif, l’établissement des ouvrages à cornes et des demilunes devait fatalement entraîner la ruine de presque toutes les constructions élevées entre le Grand-Pont et la porte

1. Christophe de Lannoy, chevalier, seigneur de la Boissière, successeur de de Vicq, au mois de juin 1598.

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