‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 123 sur 294 · Arch. mun. Délih. BB 60, p · texte numérisé non relu

Arch. mun. Délih. BB 60, p

2. Sous ce titre : Remonstrance très humble présentée au Roy par ses subjects de la province de Picardie sur le faict de la citadelle d^ Amiens, parut, au mois de mai 1616, le factum cité p. 352 dans lequel on réclame énergiquement son « razement », tout au moins le « razement » des deux bastions du côté de la ville, en gardant « les grands ouvrages qui ont esté faitz dehors » que l’on relierait, sans grande dépense, « avec le corps des murailles de la ville. »

Quand Henri IV décida de l’établir, Amiens était u pressée de Doullens, les villes de Calais, La Cappelle et Le Catelet détenues de l’ennemy, et la

guerre civile n’estoit pas encore bien esteinte » Actuellement Amiens

n’est plus ville frontière: « Doullens est repris qui la couvre, Corbie la

LE nue DE LONGUEVILLE, LE MARÉCHAL d’aNCRE. 2G9

notables, réunis d’urgence à l’iiôtel de ville, pro[)Osent cinquante mille écus (750,000 francs) au maréchal, en récompense de l’éminent service réclamé. Croirait-on que l’insatiable gouverneur exige alors dix mille écus (150,000 francs) pour la maréchale. Cette odieuse tentative de chantage fut le dernier acte d’une administration non moins odieuse. Le duc de Montbazon ^ accepta du Koi la charge de gouverneur des ville et citadelle d’Amiens et le sire de Cangé^ celle de bailli (juin 1016).

Les seigneurs le mieux en cour, aussi bien que le peuple, éclataient en plaintes et en menaces contre le maréchal. Tandis que Concini fléchit ainsi sous le fardeau de la

défend des courses ennemies et elle est à présent peuplée de douze mille hommes et plus portans armes

« Outre qu’elle est plus nuisible que profitable et tout aussi exposée que la ville aux dangers d’une surprise, un sage jugement ne la désignera

jamais au lieu où elle est située pour ce qu’entre ceste place et le pays

d’Arthois, il n’y a qu’une raze campagne sans aucun ruisseau, en raison de quoy la surprise en est bien plus facile aux ennemis et, au contraire, si elle estoit du costé de la France, la rivière de Somme qui passe dans la ville la sépareroit et l’abord en seroit par ce moyen d’autant plus difficile Elle est si excessivement grande que quatre mille hommes ne

sçauroient suffire à la défendre, il y faut des provisions de guerre et de bouche au prorata »

Le Roi vient d’ordonner la démolition de la citadelle de Bourg-en- Bresse « qui estoit une place achevée de riche architecture, très forte d’assiette, belle en construction, frontière de situation, de nouvelle conqueste, avoisine de grands ennemis et esloignée du cœur de la France.... »

Or la citadelle d’Amiens n’est :

« Ntj frontière, pour estre couverte de Doullens et Corbie ; ny de conqueste, estant de l’ancien domaine du royaulme; nij esloignée du cœur de la France, ne distant que de deux journées de Paris ; ny forte, à cause de son assiette et mauvaise scituation ; ny achevée, quatre cens mil escus n’y pouvant suffire »

1. Hehcule de Rohan, duc de Montbazon, époux en premières noces de Madelon de Lenoncourt. Arcfi. dép. de la Somme. Ueg. du Bailliage, XVII, p. 9S. Provision du 23 juin 1610.

2. Antoine de Gonigan, chevalier, seigneur de Gange, conseiller du Roi, lieutenant du duc de Montbazon.

HISTOIRE DE LÀ VILLE d’AMIENS.

haine publique, Longueville, son plus implacable ennemi, lui enlève Péronne, Roye et Montdidier, au mépris de la paix de Loudun, qui lui avait garanti ces places fortes. Lorsque débarrassé de ce rival importun, le jeune duc visite, pendant l’automne, les principales villes de son gouvernement, il est partout accueilli avec de grandes marques d’honneur. Chez les Amiénois l’enthousiasme pour sa personne déborde et devient du délire L Le chanoine Adrien de La Morlière personnifie la capitale de la Picardie, devenue sous sa plume la muse Pollyrrhoé 2, et Pollyrrhoé

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