‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 125 sur 294 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Rapide fortune du duc de Luynes et de sa famille. — Ancre devient Albert. — Le duc de Chaulnes. — Louis XIII séjourne à Amiens. — La reine Henriette d’Angleterre y est reçue avec de grands honneurs. — Baptême des enfants du duc de Chaulnes. — La Rose d’or, présent du Souverain Pontife. — Le duc de Buckingham dans les jardins du palais ' épiscopal. — Les échevins s’efforcent d’intéresser la Reine-mère à leur cause. — Requête au Roi. — Création des intendants, leurs attributions variées, leur puissance. — La constitution municipale elle-même est menacée. — Louis XIII proroge les échevins en charge. — Hostilité du duc de Chaulnes. — Campagne de 1636. — Les Impériaux maîtres de Corbie. — Les Amiénois terrifiés implorent le secours du Roi. — La garnison renforcée. — Une grande irritation se manifeste contre Richelieu .

— Siège de Corbie. — Louis XIII au château de Demuin. — Complot ourdi contre la vie de Richelieu. — Prise de Corbie. — Condamnation de Soyecourt. — On travaille aux fortifications d’Amiens. — Louis XIII à Amiens pendant l’investissement d’Arras. — Cette ville capitule le 0 août. — Réjouissances officielles. — Saint-Preuil nommé gouverneur d’Arras. — Son administration irrite la population. — Richelieu le fait arrêter. — Son procès se déroule à Amiens. — Il y subit le dernier supplice.

— Attitude de la population à son égard. — Charges écrasantes sans cesse renouvelées. — Mort de Richelieu. — Leducd’Enghien concentre à Amiens les troupes de l’armée qui doit faire lever le siège de Rocroy.

La chute de Goncini eut pour résultat l’élévation subite de Charles d’Albert de Luynes. 11 s’adjugea les dépouilles de la victime, malgré l’arrêt du Parlement qui les contisquait au profit du trésor. Si grande fut la réaction contre le maréchal d’Ancre que, pour effacer jusqu’au souvenir de ce nom en Picardie, la ville chef-lieu de son marquisat devint

Albert. Le crédit du nouveau favori lui ménagea un mariage brillant avec M"" de Rohan-Montbazon. Il était ainsi le gendre du gouverneur d’Amiens, le beau-frère du duc de Rohan et l’allié des plus grandes maisons du royaume. La Cour, la noblesse, le peuple, s’inclinaient devant cette fortune plus rapide encore et plus inexplicable que celle du maréchal d’Ancre.

En 1619, le duc de Luynes obtint de succéder au duc de Montbazon C et lorsque, en exécution du traité de Loudun, Longueville échangea le gouvernement de Picardie pour celui de Normandie, Louis XIll donna la Picardie au maréchal de Gadenet', frère cadet du duc de Luynes. On se partageait en famille l’autorité dans la ville et la province, le plus souvent au détriment de la vie municipale, désormais paralysée.

Dominés par les dépositaires de la puissance souveraine, les élus voudraient -ils s’affranchir de cette tutelle, que

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