Arch. de la Somme. Reg. du Bailliage XXIII, p
2. Après Concini, la charge de bailli fut attribuée à Antoine de Conigan, seigneur de Cangé (27 juin 1617). Depuis, les fonctions de bailli et de
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avec celui de gouverneur des ville et citadelle, le gouverneur de la province, le lieutenant général du bailliage, Monsieur le premier, les échevins doivent au besoin lui prêter mainforte, aide et assistance. De pareils pouvoirs n’avaient eu de précédent que chez les missi dominici des Carolingiens. Louis XIII les motivait par son désir d’accorder une protection spéciale à ses sujets de Picardie, qui se ressentaient « des incommodités du dedans et du dehors » par suite du va-etvient continuel des armées et du voisinage de l’ennemi L
gouverneur des ville et citadelle eurent un seul et même titulaire. Le duc de Luynes est nommé gouverneur le 16 août, bailli le 22 octobre 1619. Le duc de Chaulnes, gouverneur le 31 janvier, bailli le 22 février 1622, etc.
1 . L’Hôtel de l’Intendance occupa l’emplacement de l’hôtel connu au XVI® siècle sous le nom d’hôtel de Dompmartin, situé à l’angle des rues actuelles Dupuis et des Augustins. (Voir le plan de la page 24).
Intendants de la Généralité d’Amiens ;
1635- 1636 IsAAc de Laffemas.
1636- 1643 Louis Le Maistre de Bellejamme.
1643-1646 Jacques de Chaulnes.
1646-1651 Henri Gamin.
1651-1656 Nicolas d’Orgeval.
1656-1662 Olivier Lefebvre d’Ormesson.
1662- 1663 Jean-Baptiste Colbert de Saint-Pouenge.
1663- 1664 Honoré Courtin.
1664- 1665 Jean-Baptiste Voisin de la Noiraye.
1665- 1666 Louis de Machault.
1666- 1667 Charles Colbert de Croissy.
1667- 1672 Paul Barillon d’Amoncourt.
1672-1674 Pierre Rouillé du Coudray.
1674-1683 François Le Tonnelier de Breteuil.
1684-1694 Louis Chauvelin.
1694-1708 Hiérosme Bignon.
1708-1718 Louis de Bernage.
1718-1731 Bernard Chauvelin.
1731-1751 Jacques Bernard Chauvelin.
1751-1754 Étienne d’Aligre de Boislandry.
1754-1767 Étienne Maynon d’Invau.
1767-1771 Guillaume Joseph Dupleix de Bacquencourt.
1771-1789 François Marie Bruno d’Agay.
Voir, p. 240, les limites de la Généralité d’Amiens.
La commission était im})érative. Toute tentative de résistance eût été inutile et dangereuse, quand les épaves échappées au grand naufrage des libertés communales ne trouvaient elles-mêmes qu’une sécurité douteuse. L’éflit rie 1597 avait respecté le principe de l’élection annuelle des échevins et cependant Louis XIII proroge la municipalité en charge lorsque bon lui semble b toujours pour d’excellentes raisons, « sans tirer en conséquence dans l’avenir, sans vouloir en quelque manière que ce soit déroger aux privilèges. » Si loyales qu’apparaissent les intentions de Sa Majesté, le principe de l’ingérence du pouvoir royal dans le renouvellement de la loi une fois admis, la constitution municipale se trouve à la merci d’un caprice, d’une intrigue de Cour.
Après la disgrâce du duc d’Elbeuf, soupçonné d’avoir participé aux troubles fomentés par Gaston d’Orléans, Richelieu donna le gouvernement de Picardie au duc de Ghevreuse puis au duc de Ghaulnes (1635), qui exerça
1. Arch. mun. Délit. BB 62, p. 113. Lettres de la Reine-mère qui continue les échevins actuellement en charge, 20 septembre 1628. — BB 62, p. 173 v°. Lettres du Roi, datées de Lyon, qui continuent les échevins pour un an, 14 septembre 1630. — BB 62, p. 236. Lettres du Roi qui continuent les échevins pour un an, 20 septembre 1632. — RB 63, p. 83. 24 septembre 1636. « Sur ce que le sieur INIouret a dict que la compagnie sçait assèz comment et en quelle forme Mgr le duc de Ghaulnes a voullu qu’il fut proceddé au renouvellement de la loy et eschevinage contre ce qui s’est observé de tout temps et l’intention de l’édit de Tan
MD‘=iiiC’‘xvii, et que, sur l’opposition à l’exécution des lettres de S. M
ledit renouvellement n’aurait esté achevé, il a esté résolu que l’on dressera procès-verbal de ce qui s’est passé en cette action et qu'il sera porté au
Roy qui est à présent en la ville de Roye » Le Roi voulait introduire
dans l’échevinage Guy de Mareuil, Nicolas de Halloy, Charles de Lestocq et y maintenir Jean de Sachy.
2. Claude de Lorraine, duc de Chevreuse, fils ainé du duc de Guise assassiné au château de Blois, époux de Marie de Rohan-Montbazon, veuve du duc de Luynes. Provision du 2 mai 1632. Arch. mun. AA 31.
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pendant huit ans l’autorité souveraine dans la province et dans la ville, à une époque où la misère des temps se compliquait des ravages de la peste et de l’invasion étrangère. Son hostilité marquée à l’égard des échevins engendrait à tous moments d’inextricables conflits. S’agissait-il de l’ouverture ou de la fermeture des portes, de la garde des remparts, de la visite des postes, le sergent-major de Baucourt ^ refusait aux magistrats municipaux un droit de surveillance que l’édit de 1597 avait laissé intact. Ces conflitsrisquaient de compromettre les intérêts de la défense à une époque où le voisinage de l’ennemi rendait l’union plus nécessaire que jamais.
1. De Baucourt, successeur de Prouville, quitta momentane'ment ses fonctions. Il les reprit le 21 mai 1639, démissionna au mois de janvier 1644 et fut remplacé par le seigneur de Glisy. Arch. mun. AA 39; AA 7i .
2. Arch. mun. Délit. BB 61, p. 180 v°. 2 mai 1623. Le duc de Chaulnes ordonne aux capitaines de quartier « qu’ils feissent une bonne reveue de tous ceux de leur porte en leurs maisons et recognoissent les armes tant
offensives que deffensives, plomb et pouldre qu’ils ont autant que les
aultres gouverneurs n’ont jamais voulu entreprendre chose semblable quy ne peut tourner que à la ruyne entière et anéantissement du corps de ville »
Ibidem. Délit. BB 63, p. 44 v°. 11 octobre 1633. Le sergent-major prétend interdire aux échevins qui font les rondes sur le rempart le droit de demander le mot d’ordre aux sergents des compagnies bourgeoises, (( voulant obliger celluy de messieurs les eschevins qui yra en ronde d’aller prendre la parole de luy »
Ibidem. Délit. BB 63, p. 49. 16 novembre 1633. Les échevins informent le duc de Chaulnes « qu’il y a du péril en la fermeture des portes quy se faict tous les jours fort tard après que la parade est faicte et la paroUe
donnée, qu’il est nécessaire de faire nettoyer les fossés de la ville »
Le duc de Chaulnes répond « qu’il ne veut pas que messieurs les esche-
vins se meslent de ce quy se doit observer à la garde qu’ils ne doivent
pas luy dire ce qu’il a à faire sachant très bien ce quy est de sa charge
qu’il ne veut pas qu’on le face souvenir de l’ordre qu’il doit donner pour ce qui est des hommes d’église, de la jeunesse et des femmes veufves, qu’il le fera quand il luy plaira et trouvera bon. »
LKS DERNIÈRES ANNEES DU RÈGNE DE EOUIS XlII. ^89
La campagne de 1()3(3 débute mal. Deux corps d’armée envahissent la Picardie sous les ordres de Jean de Wertli ’ et de Piccolomini Le duc de Cliaulnes entreprend de défendre sa province. Par ordre de Uichelieu, le maréchal de Brézé ^ se replie vers Compiègiie ; le comte de Soissons qui occupait la Champagne, suit le même mouvement et vient à leur aide; les concentrations de troupes ne suthsent pas à garder la frontière. L’ennemi occupe brusquement La Gapelle, Le Catelet, descend le cours de la Somme et assiège Gorbie. René de Mailly, gouverneur de cette place, s’efface devant Maximilien de Relleforière, seigneur de Soyecourt, que le Roi y avait envoyé avec mission de la sauver ou de s’ensevelir sous les ruines, mais leurs efforts réunis ne parviennent pas à repousser l’ennemi et Gorbie capitule le J 5 août.
Richelieu espérait mieux de la vaillance de ces deux gentilshommes qui ressentirent les terribles effets de sa colère. Soyecourt disparut au moment d’être arrêté et gagna l’Angleterre. Mailly fut emprisonné dans la citadelle d’Amiens. Soyecourt, condamné à être écartelé par la haute cour de justice réunie au mois d’octobre suivant, fut exécuté en effigie sur la place du Grand Marché; ses châteaux furent rasés et ses biens confisqués. A l’égard de Mailly on se
1. Jean de Werth, né en 1594, mort en 1652, avait contribué à la victoire de Nordlingen et venait de battre les troupes du maréchal de Gassion.
2. Octave Piccolomini, né à Sienne en 1599, mort en 1650, s'était distingué aux batailles de Lützen et de Nordlingen.
3. Urbain de Maillé, marquis de Brézé, maréchal de France en 1632. marié à une sœur du cardinal de Pvichelieu et dont la fille épousa le grand Gondé.
4. Louis de Bourbon, comte de Soissons, né en 1604, s'illustra au siège de La Rochelle. Il ambitionnait le commandement en chef pendant la campagne de 1036. Richelieu le lui refusa. On verra, page 292, comment il essaya de se venger du cardinal.
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montra moins sévère ; il dut toutefois s’exiler de la Cour pendant trois ans.
Un irrésistible mouvement d’effroi et de désespoir se manifeste à la nouvelle de la prise de Corbie b Les Amiénois croient voir les étendards ennemis flotter sur le rempart aux acclamations féroces des Hongrois et des Croates, auxiliaires sauvages des Impériaux. Les murailles présentaient plus d’un point vulnérable L En toute hâte on achève les demi-lunes commencées aux portes de Paris, de Noyon, de la Barrette. L’échevinage fait appel à toutes les bonnes volontés, mais la milice bourgeoise est impuissante à résister à des troupes aguerries qui déjà poussent des reconnaissances jusque dans les faubourgs. « Dans l’extrémité de leur affection à bien servir, » les pères « offrent leurs enfants, avec armes convenables, au public, c’est-à-dire à la patrie, » et sept compagnies de jeunes volontaires, présentant un effectif de neuf cents hommes, se forment en quelques heures 3. M® Charles Caron part avec une escorte de vingt cavaliers pour aller à la rencontre de Louis XIII, qui se trouvait au
1. Avenel. Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’État du cardinal de Richelieu. T. V, pp. 547, 548, 550.
Lettre du 17 août, à M. de Chavigni : « Je ne sais pas ce que feront
les ennemis, mais ma pensée est qu’ils iront à Abbeville ou à Amiens
Amiens est de telle importance qu’il est du tout nécessaire d’y jeter des gens. Je crains que le Menillet ne soit pas seul assez autorisé pour aider à contenir ce grand peuple. Je voudrais que Charost fût dedans avec mons. de Chaulnes et un bon régiment, que les deux Brézé y fussent également »
Le 18 août ; « Je supplie le Roi de pardonner l’inquiétude que j’ai au
sujet d’Amiens Je crains la perte de cette place Il ne faut pas perdre
un moment de temps »
2. Arch. mun. Délib. BB 63, p. 76. 16 août. — P. 77. 19 août 1636 :
(( Les murailles estoient tellement en désordre que, par divers endroitz, l’on pouvoit facilement monter »