Arcfi. mun. Délit. BB 75, p. 102 v
LE RÈGNE UE LOUIS XIV
temps de Henri IV, de Louis XIII et do Louis XIV autorisent l’installation iiitra miiros, dans les paroisses de Saint- Iiemy, de Saint-Jacques et de ' Saint-Michel, de quinze couvents en moins de soixante années. Amiens voit successivement arriver les Capucins \ les Prémontrés de l’abhaye de Saint-Jean les religieuses Carmélites " et les religieuses Ursulincs^ les Hénédictins réformés de l’ordre des Feuillants ^ les pères de l’Oratoire les chanoines réguliers
1. Les Capucins, ainsi désignes à cause de la forme particulière de leur capuchon, procédaient d’une réforme de l’ordre de Saint-François. \'enus à Amiens, en 1594, par la faveur du duc d’Aumale, ils occupèrent, rue des Jardins (actuelle des Capucins), les jardins dépendant de la chapelle Saint-Laurent. Les aumônes des bourgeois, les libéralités des seigneurs permirent d’entreprendre, en 1600, la construction de leur monastère; l’église fut consacrée le 23 mai 1604.
2. Les Prémontres, obligés de quitter l’abbaye de Saint-Jean-hors-lesmurs, ruinée par ordre de Portocarrero, achetèrent le 26 août 1599, de Gédéon de Monchy, seigneur de Senarpont, l’hotel des Marconnelles situé à l’angle des rues actuelles Saint-Jacques et Frédéric-Petit, sur l’emplacement duquel s’élevèrent, de 1611 à 1618, l’église et les batiments réguliers actuellement occupés par le lycée.
3. Les Carmélites, de la réforme de sainte Thérèse, eurent à Amiens le quatrième couvent de leur ordre en France. ]\I™® Acarie, la future bienheureuse Marie de l’Incarnation, les installa provisoirement, sous les auspices de la comtesse de Saint-Pol, dans l’ancienne maison des Filles repenties, située chaussée Saint-Leu, entre la rue des Poirées et la rue des Tanneurs, 16 mai 1606. Elles prirent possession, le 25 juin 1608, du couvent bâti rue Saint-Jacques, sur l’emplacement d'une maison acquise de l’ancien mayeur François Castclet.
4. Les Ursulines, instituées en 1573 pour l’éducation gratuite des jeunes filles, furent admises en 1614 et occupèrent cinq ans après l'hotel de Crèvecœur, rue des Jacobins. La construction de l’église et des lieux réguliers fut commencée en 1624.
5. Les Feuillants jirirent naissance en 1577 à l’abbaye de Xotre-Damedes-Feuillants. Ils achetèrent, des deniers de Charles d'Estourmel, leur premier bienfaiteur, l’hotel d’Esclebecq, rue des Rabuissons et y vinrent demeurer le 7 mars 1620.
6. Les Pères oe l’Oratoire de Jésus, fondés par le cardinal de Rérulle en 1611, s’établirent, en 1624, dans l’ancien hôtel de Contay, situé au coin de la rue du Soleil (de l’Oratoire) et de la rue des Augustins.
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
de l’ordre de Saint-Auguslin ^ les Dames Bénédictines de l’abbaye de Moreaucourt 2, les Dames de la Visitation ^ et celles de l’abbaye du Paraclet \ les Carmes ^ les Filles de la Providence sans parler des Jésuites introduits
1. Les Chanoines de Saint-Augustin, de la congrégation de Sainte- Geneviève, et les anciens religieux de Saint-Martin-aux-Jumeaux réunis, achetèrent la maison où pendait l’enseigne des douze pairs de France, rue de Beauvais, où ils s’établirent en 1655. L’année suivante, ils obtinrent un arrêt qui obligea les Pères Célestins à leur rendre les reliques conservées dans l’église abbatiale dont ceux-ci avaient pris possession. La translation eut lieu en grande pompe le 13 mai 1636.
2. Les Bénédictines du prieuré de Moreaucourt quittèrent Moreaucourt, près L’étoile (canton de Picquigny), et vinrent demeurer, en
1635, rue des Rabuissons, dans un monastère bâti par elles sur l’emplacement de la bibliothèque communale actuelle.
3. Les religieuses de la Visitation, instituées par saint François de Sales en 1610, introduites à Amiens en 1639, achetèrent l’hôtel du duc de Chaulnes situé rue des Rabuissons et le jardin des Arbalétriers. Le peuple les nommait les Dames de Sainte-Marie. En 1823 on ouvrit, dans les terrains dépendant de leur couvent, l’impasse des Saintes-Maries convertie en rue lors de la création de la rue Lamarck.
4. Les religieuses du Paraclet, ordre de Citeaux, quittèrent l’abbaye du Paraclet, près de Boves, pour se réfugier en ville, au mois de septembre
1636. La communauté s’établit rue des Jacobins. Les abbesses des Friches de Brasseuse, de Matignon et de Grouches de Chepy firent bâtir la chapelle où l’on célébra la première messe le 21 octobre 1676, et les cloîtres.
5. Les Carmes, admis à la sollicitation du duc d’Elbeuf, résidèrent d’abord dans la maison de l’owrs enchaîné, près de l’église Saint-Firminà-la-Porte. (Septembre 1648). Ils achetèrent, l’année suivante, la maison de Henri Cornet, rue de Mès. Le passage Lenoël a été pratiqué dans les terrains dépendant de leur monastère. Les travées d’ordre ionique de la nef de l’église ont servi de façade à plusieurs maisons de ce passage.
6. Les Filles de la Providence, appelées par le curé de Saint-Remy, Alexandre du Fresne, dans le but de créer dans sa paroisse un asile de retraite pour les jeunes filles, occupèrent, en 1689, une maison située rue de Narine. M“® de Miramion établit dans cette nouvelle communauté les règles des Filles de Sainte-Gèneviève, de Paris. Leur église a été commencée le 24 février 1693. En 1851, les RR. PP. Jésuites achetèrent la maison de la Providence.
LE RÈGNE DE LOUIS XIV
au collège des Lazaristes préposés à la direction d’un séminaire diocésain-, des Filles de Saint-Vincent de Paul, chargées du soin des pauvres et des malades, k l’hôpital général La plupart des ordres monastiques ont des re{)résentants k Amiens, car k cette nomenclature s’ajoutent les communautés anciennement établies des Bénédictins de l’abbaye de Saint-Acheul, des Augustins, des Jacobins, des Cordeliers, des Gélestins, des Minimes, des Franciscaines dites de Saint-Julien, des Sœurs-Crises, des religieuses de Sainte-Claire. La chapelle de Saint-Honoré, au faubourg de Beauvais, date de 1662.
François Faure exerçait une inlluence prépondérante. Ce prélat, d’une grande distinction, en relation suivie avec toutes les célébrités qui donnaient alors un si grand éclat k la société française, prit nettement position contre le Jansénisme^, qui n’eut jamais beaucoup de partisans k Amiens.