Ibidem. Communautés et maîtrises. Maîtres écrivains
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
trine ChrétieDoe approuvée par bulle du pape Benoit XIII, du 7 février 1724 et par lettres patentes du Roi, du 26 avril 1725. Les frères arrivent à Amiens en 1750 et s’installent dans la maison canoniale léguée par le chanoine Villeman qui devint, depuis, la prison des Grands-Chapeaux, en souvenir de la coiffure qu’ils portaient L De généreuses fondations permettent de multiplier les classes gratuites ; les bienfaits de leur éducation ne tardent point à s’étendre à toutes les paroisses, précisément à l’heure où la direction du collège se trouve remise en question par suite de la suppression, en France, de l’ordre des Jésuites sacrifiés aux rancunes d’un Parlement irrité de leur courageuse attitude contre les Jansénistes. En disparaissant après une possession d’état de cent cinquante années, ils laissèrent un grand vide^. L’affiliation à l’Université de Paris présentait certains avantages. Elle avait le grave inconvénient d’enlever la direction au corps de ville. 11 préféra demeurer le maître des destinées de l’établissement que les Jésuites avaient rendu si prospère, en s’efforçant d’y attirer des hommes de valeur, entre autres deux futurs membres de l’Institut 3, l’abbé Jacques Delille, le traducteur de Virgile, et Nicolas Sélis, le traducteur des satires de Perse. Le célèbre astronome Delambre dont les travaux devaient révolutionner la science, fut leur élève le plus brillant.
La confrérie de Notre-Dame du Piiy ne comptait plus depuis longtemps comme association littéraire. Eclipsée par la pompe du théâtre du collège elle avait renoncé à
1 . F. I. Darsy. Répertoire et appendices des histoires locales de Picardie. T. Il, p. 184.
2. Arch. miin. Délib. BB 86, pp. 115, 126, 143 et siiiv., 171.