‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 18 sur 294 · PROGRÈS DE LA RELIGION RÉFORMÉE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA RELIGION RÉFORMÉE

L’acharnement de la lutte, au sein du conseil échevinal, n’est d’ailleurs que l’écho afïaibli, le pale reflet des passions qui se donnent libre carrière dans les conseils du gouvernement de la Heine. Condé y règne en maître absolu, et, ne parvenant plus à se faire écouter, le roi de Navarre, le seul des chefs du parti catholiipie encore admis à la Cour, rappelle les Guise relégués en Lorraine depuis l’avènement de Charles IX.

La guerre civile devient imminente.

D’Orléans, dont il a fait une capitale calviniste opposée à Paris, la capitale catholique, Condé lance un manifeste annonçant son intention de faire appel aux armes, « pour l’honneur de Dieu et l’exécution des édits ». En quelques semaines, les réformés, qui recueillent les fruits de l’organisation donnée aux églises, sont prêts à entrer en campagne. Soit par la force, soit, comme ici, par la connivence des autorités, ils peuvent prétendre bientôt à occuper nombre de places du royaume.

L’évêque d’Amiens, justement alarmé des progrès des huguenots, voit le danger et s’effraie. Jean le Dieu, son procureur, colporte de maison en maison, pour obtenir des signatures, une pétition tendant à obtenir de la Heine que les clefs des portes de la ville ne soient pas davantage laissées à la garde d’échevins, « tous huguenots, sauf cinq ou six », et qui n’hésiteraient point à livrer la place au prince de Condé L

Le mayeur le Cat, apprenant que l’on conspire contre lui et contre l’échevinage, obtient une audience de la Heine afin de se justifier, mais le gouvernement royal, passé aux mains des chefs catholiques, depuis la prise d’armes de Condé, répond à le Cat par une destitution sans phrases et le remplace dans ses fonctions par un homme dévoué à

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