‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 206 sur 294 · VÉtoile, canton de Idcquigny · texte numérisé non relu

VÉtoile, canton de Idcquigny

4. Affiches de Picardie. 1780. Supplément au n“ 42. Copie de la lettre

de M. le Président de l’Assemblée nationale aux officiers municipaux d’Amiens. i

424 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.

ne doit son salut qu’à la fuite. On l’accuse de manœuvres ténébreuses, on le traite de voleur. Réduit pour se justifier à livrer ses livres de commerce à l’examen d’une commission spéciale, cet homme de bien eut la satisfaction de voir son honneur réhabilité par un vote de l’Assemblée nationale, mais après combien de déboires et d’amertume î

Il n’y a plus de sécurité pour personne. Le receveur des gabelles se déclare impuissant à préserver ses magasins du pillage et de l’incendie; heureux s’il parvient (c à conserver la vie et la propriété de ses employés » exposés à la vindicte populaire. La contrebande se fait ouvertement L Le maire Galand de Longuerue et la majorité du corps de ville ne peuvent rien contre la marée montante de l’opposition. Leur autorité, très amoindrie par la nomination des trente-six, est à tout propos discutée, battue en brèche. Élus de l’année précédente, ces magistrats ne représentent déjà plus la note de l’opinion parce que les événements se précipitent avec une effrayante rapidité et que le contre-coup de ce qui se passe à Versailles se fait sentir à Amiens.

Fortifiés par l’adhésion d’un grand nombre des membres du Clergé et de la Noblesse, les députés du Tiers aux États généraux ont pris, le 17 juin, l’une de ces résolutions décisives qui inaugurent les bouleversements politiques. Ils se sont proclamés Assemblée nationale et ils ont juré de ne se séparer qu’après avoir doté la France d’une nouvelle constitution.

La ratification par les officiers municipaux de ce coup d’État-, la remise solennelle^ au lieutenant général du bail-

1. Lettres inédites précitées de M. Deu. 17 août 1789. « Le faux sel et le faux tabac passent par charrettes et se vendent publiquement. »

2. Arch. mun. Délib. BB 98, p. 116 v°. 2 juillet 1789. « La compagnie écrira à messieurs les députés du Tiers-État pour les prier de présenter au nom de la commune d’Amiens les sincères félicitations à l’occasion de la réunion des trois ordres. »

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