Itidem. Délit. BB 99, p. 33. 20 août
4. Étienne Borne, dit Destourneaux, né à Vézelay en Bourgogne en 1768, nommé officier à la sollicitation du conseil permanent, devint lieutenant générai et mourut à Paris en 1849. BB 99, p. 23 v“.
IK CONSHIL PKUMANENT.
Cependant la disette, qui devient de plus en plus intolérable augmente les inrpiiétudes de ceux qui clicrclient à gouverner le inouvenicnt d’émancipation polilirpjc. <l II y avait eu un premier complot formé en vue de piller les maisons et d’attaquer toutes les caisses; ne se renouvellerat-il pas? Les moindres imprudences pourraient occasionner des massacres. Tout est dans la [)lus forte agitation, tout est
en combustion * » Et c’est le moment choisi par Saladin
pour jeter le discrédit sur les membres du conseil permanent. Dans un factum intitulé : Plan de municipalité pour la ville d' Amiens'', cet ambitieux avocat dénonce au mépris de leurs concitoyens « les individus sans caractère, sans qualité, sans mission, qui se sont emparés de l’autorité, qui l’exercent despotiquement, ces fiers aristocrates qui subjuguent les véritables dépositaires du pouvoir de la commune ! »
Chacun s'érige en arbitre de ses devoirs et de ses droits. On se refuse à payer l’impôt, les agents du fisc sont débordés b
d. Arch. mun. Délit. BB 99, pp. 23 v°, 40 v°, 48, 5o, 90. — IG août : Émeute à la Hotoie. — 24 août : « Ce jourd’huy il y a eu une emeute sur le marché au blé. Des femmes attroupées ont voulu contraindre les préposés de la Société civique à leur vendre du blé bien au-dessous du
cours » — 27 août : « La nécessité de réprimer les émeutes qui se
renouvellent fréquemment a été prise en considération » — 29 août :
« Nécessité d’assurer, par des troupes, l’ordre pendant le payement des ouvriers des ateliers » — 13 septembre : u Émotion survenue aujourd’hui au marché »
2. Lettres inédites de M. Deu. 22 août, 28 septembre, 7 octobre.
3. Plan de Munieipalité pour la ville d'Amiens. in-8°. — Arch. mun. Délit. BB 99, p. 113. « Mardi, G octobre 1789, le sieur Caron, l'aîné, imprimeur, ayant été mandé en l’assemblée, a déclaré que c’était M. Saladin, avocat, qui lui avoit remis le manuscrit de cet écrit signé de lui, Il a été dressé acte de cette déclaration, qui a été signée de l'imprimeur. »
4. Arch. mun. Délit. BB 99, p. 130. 23 octobre 1789. Les deux décrets de l’Assemblée nationale des 23 et 2G septembre, concernant la perception des impôts, seront imprimés et affichés dans celte ville. Tous les bons
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
Les choses en étaient à ce point lorsque arrive la lettre de Bailly, maire de Paris, annonçant que « le Roi s’est rendu aux vives sollicitations de son peuple et qu’il est venu
habiter la capitale ^ » Les vives sollicitations du peuple
s’étaient traduites par les violences que l’on sait. Bailly passait sous silence l’envahissement du palais de Versailles, le massacre des gardes du corps et les scènes désolantes qui marquèrent le douloureux voyage de la famille royale. Le récit de cette journée du 6 octobre ne tarde point à circuler dans Amiens. 11 y cause une émotion qui surexcite les plus mauvaises passions. « L’anarchie règne, la municipalité est sans pouvoir, la milice citoyenne est divisée-. » Quelques officiers turbulents affichent la singulière prétention de s’ériger en comité militaire indépendant se donnent un règlement nouveau, somment le conseil permanent de convoquer d’urgence les électeurs de la commune, afin d’en obtenir la sanction. Après avoir informé l’Assemblée nationale de ce qui se passe celui-ci répond aux sommations des révoltés par un arrêté déclarant leur comité à
citoyens seront exhortés de nouveau à acquitter les impôts. La milice citoyenne sera requise de prêter main-forte et assistance à tous les préposés à la perception des droits et impôts. — Lettres inédites de M. Deu, 19 octobre 1789. Un fermier général est arrivé ; j’ai été occupé depuis ce temps, en courses, en discussions,' plans de travail, besogne inutile, paraissant impossible de rétablir les perceptions »
1. Areh. mun. P. 1789. Lettre originale de Bailly, lue en séance du Conseil, le 9 octobre, publiée par ordre dans les Affiches, numéro du 10 octobre.
2. Lettres inédites de M. Deu. 17 octobre. « On a voulu faire ces joursci l’essai d’une pendaison à la lanterne. »
3. Copie de la lettre des Représentants de la milice citoyenne, écrite le 16 octobre 1789, à MM. les officiers municipaux, et remise par MM. Danglas, Desmoulins, Deflesselles et Lamon, leurs députés, à M. Poujol, lieutenant du Maire. Exposé de la conduite des membres composant le comité de la milice citoyenne d’Amiens. 1789. A Abbeville, chez Devérité.