Arch. miin. Délib. BB 118, pp
2. Ibidem an II, P. Invitation aux citoyens de la commune dWmicns. A Amiens, de l’imp. de Patin.
« Des bords du Rhin à ceux du Pô, du Texel au Golfe Adriatique, sont disparues les horreurs de la guerre. Les limites du territoire de la République reculées, fixées par la nature elle-même, embrassent la Relgique entière ; l’antique Ithaque, célébré par son Ulysse, Corcyre, la mer Égée vont reprendre une nouvelle face sous l’heureuse influence de la Liberté française. Il ne reste plus à dompter, de l’hydre de la coalition, que l’orgueilleuse Albion. Elle vaincue, nos jeunes défenseurs de la Patrie, couronnés des lauriers cueillis dans ces divers climats lointains, vont rentrer en foule dans le sein de leurs familles, y rapporter la consolation, la joie et le bonheur. Leurs bras vigoureux feront refleurir l’agriculture dans nos champs; les arts, les manufactures, l’industrie, le commerce dans nos cités désolées. Des mariages heureux, des mœurs pures produiront une nombreuse population.
» Est-il un concours de circonstances plus propres à manifester les sentimens de la joie publique? Qu’une fête brillante soit l’heureux augure des prospérités qui nous attendent. L’administration a senti que la célébration de cette fête était un devoir de piété patriotique, et, malgré le défaut absolu de moyens, elle ne s’en est pas moins livrée aux soins de ses préparatifs. Elle n’a pas cru que la dépense devait être fournie par des contributions forcées ; elle a pensé que le zèle et le civisme devaient seuls y subvenir.
» Les membres de l’administration en donneront personnellement l’exemple. Un registre de souscription est ouvert au secrétariat de la mairie. Chacun d’eux s’y inscrira pour une somme qui excédera de beaucoup ses facultés, mais qui sera toujours bien inférieure à son patriotisme »
Rousseau, l’organisateur obligé de toutes les pompes de la République, et Limozin s’évertuent à trouver des motifs de décorations b La proclamation du traité de Campo- Formio a lieu à l’hotel de ville, sur la place d’Armes et sur la place du Grand Marché. La façade de l’hôtel de ville disparaît sous un ensemble de transparents qui forment
1. Arch. mun. an IV, IL Fêtes publiques. Procès-verbal de la fête en réjouissance de la paix conclue entre la République française et l’empereur, célébrée en la commune dè Amiens par les soins de l’administration municipale, le 20 nivôse an VI. A Amiens, de l’impr. de Patin. 15 p. in-8°. — Invitation aux citoyens de la commune d’Amiens. Ibidem. 4 p. in-8®.
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portiques, avec médaillons allégoriques destinés à produire, le soir, de merveilleux eiïets de lumière. Sur le Grand Marché se dresse un temple de la paix et, sur la f)lace d’Armes, un obélisque grandiose. Des cartouches, disposés çà et là, rappellent les noms des généraux qui s’illustrèrent au cours des différentes campagnes, ainsi que les principales victoires des armées de la République b Ces cartouches sont encadrés d’une profusion de cornes d’abondance, de rameaux de chêne, de laurier, d’olivier, de trophées de drapeaux et d’attributs de la guerre, de l’agriculture, du commerce et des arts. Pendant tout le jour, les pièces d’artillerie mêlent leurs détonations au carillon des cloches, au son des musiques et aux acclamations populaires.
Dans un discours pompeux, l’instituteur Bernaux essaie de payer « le tribut de louanges et de reconnaissance que tout citoyen doit au Scipion français, admirable dans la guerre, prudent dans les attaques, infatigable dans les veilles, terrible dans les combats, modéré dans la victoire; à Buonaparte, le jeune héros qui a le rare mérite de mêler l’olivier
pacifique au laurier victorieux qui ombrage son front
Oui, Buonaparte, la reconnaisance de la patrie vous dédommagera de tous.les sacrifices que vous lui avez faits ' »