Ibidem. Délib. BB 52, p
4. E. Prarond. La Ligue à Abbeville, T. II, p. 334. Le 3 novembre, d’Aumale assiège Saint- Valéry et requiert l’évêque d’Amiens de prescrire des prières pour le succès de l’entreprise.
capable de garantir la sécurité de jour en jour plus compromise des campagnes.
Les pourparlers entamés à Heauquesne se continuent h Corbie L Touchant le respect du aux gens d’église, toucliant la protection à accorder aux laboureurs, toucliant le mode de perception des impiMs, on tombe d’accord; mais l’abrogation réciproque des mesures de confiscations, que cbacun des partis pratiquait avec un cynisme brutal ^ à l’égard de ses adversaires, se compliquant de certaines exigences militaires et de la nécessité, pour Amiens et pour Abbeville, de limiter leurs garnisons suivant le bon plaisir de Longueville, les négociations n’aboutissent pas.
Sur les entrefaites s’ouvrent, à Paris, les Etats généraux si impatiemment attendus (26 janvier 1593). Tous les belligérants souhaitaient de les voir enfin réunis. Chacun comptait y gagner quelque chose, les chefs la confirmation de leurs dignités, l’étranger des places frontières, Mayenne une majorité favorable à ses visées ambitieuses. Aussi, pour être plus certain de l’obtenir, le lieutenant général du royaume s’abstint-il de convoquer tout d’abord les villes douteuses^. Amiens, qui subissait de plus en plus l’intluence
1. Arch. mun. Délib. BB 53, p. 20 v°. Claude Pëcoul, ëchevin, et Nicolas Le Scellier, procureur fiscal, reprësenlent Amiens à ces confërences. M. de Caumartin reprësente le duc de Longueville.
2. Ibidem AA 121. 10 fëvrier 1589. « Les petits bois à coupe et à taillis de ceux du parti contraire seront coupës selon leurs coupes ordinaires et les hautes futaies coupëes et vendues pour le bien de la cause », de même que les bois appartenant à de Chàtelleraut.
Délibëration de la chambre des Ltats (1 1 fëvrier) à felTet de saisir les revenus « des bénéfices de ceux qui tiennent le parti contraire à ITnion. »
3. Ibidem. Délib. BB 53, pp. 37, 38 v", 39 v°. 11 et 12 fëvrier 1593. « Sur ce que monsieur le maïeur a proposé à la compagnie que monseigneur
le duc d’Aumale luy a cejourd’b.uy de recbef prié de faire nommer
messieurs pour envoyer aux Estais à Paris, nonobstant qu'ils ne fussent mandés a esté ordonné, en conséquence des ordonnances précédentes,
contraire du duc d’Aumale, était du nombre. Les États délibéraient depuis près d’un mois, et les députés du bailliage n’étaient même point encore élus.
Les premières séances furent donc toutes à l’avantage de Mayenne; mais quand survinrent les représentants des communes inféodées à la politique ultra-ligueuse, un courant favorable à Philippe II ne tarda point à se produire.
Le député amiénois, François Gastelet, pour ne parler' que de lui, arrivait, comme naguère à Reims, avec la mission de prendre l’avis de ses commettants, avant de déposer son vote pour l’élection d’un roi. Encore fallait-il qu’il en eût le temps. Dans le cas contraire, son suffrage était acquis à l’Espagne. Or. l’élection s’imposait comme le principal objectif de l’assemblée.
Supposant, ce qui paraissait peu probable, que les États
que MM. ne depputeront que, premier, ils ne soient mandez par monseigneur de Mayenne, lieutenant général de l’Estat et couronne de France. » 11 février 1593. Les lettres arrivèrent, le lendemain, et François Gastelet fut délégué. — Déjà, le 22 janvier, d’Aumale se plaignait que « le retardement des dépputés de Picardie apporte le retardement de tous les depputez assemblez. » BB 53, p. 33 v°.
La députation du bailliage d’Amiens comprenait ;
Pour le clergé : l’évêque de la Marthonie; Jacques Sangnier, docteur, chanoine et chantre de Notre-Dame ; Pierre de l’Espinay, prieur de l’abbaye de Saint-Jean.
Pour la noblesse : François de Paillart, seigneur de Chocqueuse.
Pour le tiers ; M® François Gastelet.
Leurs pouvoirs furent vérifiés le 13 mars. Procès-verbaux des États généraux de 1593 (de la collection des documents inédits, 1842, in-4°, pp. 81, 401, 580, 581).
La teneur des lettres de Ghocqueuse donne le nom des gentilshommes qui concoururent à l’élection, le 13 août 1592, sous la présidence de d’Aumale : savoir, messires de Ghocqueuse, de Bellenglise, de Grébeauval, de Gaveron, de la Ghaussée, de Moyencourt, de Bougainville, de Linières, de Renancourt, de Quevauvillers, de Glisy, de Milly, de Souplicourt, de Pont-de-Mez, de Feuquerolles, de Beaucourt, de Pissy, de Villiers.
généraux écartassent du trône Ptiilippo II et rinfantc, sa fille, ils pouvaient y a[)pclcr le jeune duc de Guise, héritier de Mayenne, que ro[)inion publique fiançait déjà à cette princesse. La guerre civile sans fin était attachée à Tune ou à l’autre de ces combinaisons et, dans répuisement qui en résulterait, l’Espagnol trouverait occasion d’enlever [lar surprise ce qu’il ne pouvait aborder de front, de subjuguer, tout au moins de démembrer le royaume.
Pour sauver la France il faudrait un miracle, disait alors le duc de Rohan. Le miracle qui sauva notre patrie, ce fut le génie politique de Henri IV. Le Roi avait épuisé tous les moyens de rétablir l’ordre et la paix. Restait à détacher Mayenne de la Ligue en le gagnant, ainsi que le peiqile, par une solennelle abjuration. Unis dans un seul et meme élan national, tous les partis courraient sus à l’étranger. La Satire Ménippée a voué les lîtats de la Ligue à un ridicule sanglant. Si décriée cependant que fût l’assemblée, elle n’en décida pas moins la conversion de Henri IV. Après de très graves discussions, beaucoup plus sérieuses que ne le laisse supposer la plaisanterie proverbiale du « Paris vaut bien une messe », le prince abjura à Saint-Denis le 2 juillet.
L’évêque d’Amiens et Chocqueuse avaient pris une part prépondérante aux discussions, et tempéré les ardeurs de Castelet. La Marthonie fut de ceux qui contribuèrent le plus à faire adopter la solution vraiment pratique, l’abjuration suivie de la trêve, conclue dans les premiers jours du mois d’août 1593.