Ibidem. Délib. BB 53, p. 83. 2 août
HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
menacent de dégénérer en assemblées factieuses, parce qu’on y apprend à discuter l’autorité municipale ou l’autorité royale, au nom de la liberté de conscience b Le père de Rambures est obligé de venir se justifier devant les échevins. Un moine de l’abbaye de Saint-Fuscien avait appelé la confrérie du Rosaire une confrérie de tueurs.
La présence du duc d’Aumale-, qui tremble maintenant de s’éloigner d’Amiens, ne parvient point à endiguer le flot montant de l’opinion royaliste chez les ouvriers affamés de paix, dans la bourgeoisie, jusque dans les rangs du clergé. Un discours ou un récit véritable, gazette de l’époque, paraît de temps à autre. Répandues à profusion, ces publications donnent avec emphase le nom des villes prises, présentent sous un jour favorable le mouvement des armées, l’état des négociations en cour de Rome, et rendent la confiance aux partisans. Avec de l’audace, Antoine Gougier, le mayeur sortant, aurait révolutionné la ville et fait acclamer Henri IV le jour des élections de 1593 'h Quelques royalistes de marque entrèrent alors à l’échevinage, et peu s’en fallut qu’Antoine de Berny, le candidat à la mairie préféré de d’Aumale, fût évincé.
Les ligueurs redoutent surtout, parmi les nouveaux élus, Augustin de Louvencourt le proche parent ou l’allié de Jean
1. Arch. mun. Délib. BB. 51, pp. 111 v°, 136, 140 v°. — P. Daire. Loc.
cit., T. II, p. 280. Le procureur fiscal dénonce les formulaires et articles dressés pour la confrérie du Rosaire et « trouve que ausdicts articles il y a des conditions fortes (sic) estranges et aliénées du bien publicq, y aïant du mal avec du bien, principallement en ce qu’il est porté que chacun indifféremment doibt estre admis à délibérer sur le faict de la relligion, base de la républicque, et que, par le serment qui y est mis en la fin, l’autorité du magistrat y est mis en doubte »