Ibidem. Délib. BB 54, p. 161. 4 janvier
3. Ibidem. Délib. BB 55, p. 6 bis. Mai 1596. Louvencourt donne les raisons de l’impuissance où l’on est de secourir les pestiférés : « Les habitants de la campagne n’ont reçu la plupart leurs revenus depuis huit ans et ceux de la ville sont incommodés pour avoir été interrompus dans leur trafic. »
avait engendré la misère publi((ue, la peste avec son complément de désolation fait déborder la mesure. Le lléau apparaît à Amiens pendant l’automne de 1 et se continue, avec des alternatives d’accalmie et de recrudescence jusqu’à la fin de l’année suivante. Ces quinze interminables mois ont plus que décimé la population ! On compte à certains moments 470 décès en quarante-huit heures et 2,000 en une période de six semaines. Le rnayeur de Louvencourt se montre héroïque au milieu des défections qui se produisent, même parmi les échevins L Toujours vigilant, toujours dévoué, il s’ingénie, de concert avec le bureau de la santé ', à rechercher les moyens d’enrayer la contagion et de pratiquer la charité, à l’aide des ressources très limitées du patrimoine des pauvres et des aumônes ou des taxes publiques.
Au début, les pestiférés, obligés de quitter la ville, sous peine « d’être harquebuzés sur le champ, sans figure de procès, comme ennemys de la patrie », sont recueillis dans des baraquements construits au pré Saint-Roch, et traités par un médecin spéciaP. Mais, quand toutes ou presque toutes les maisons ont été contaminées, on se borne à défendre aux malades et à leurs parents de communiquer
1. Arch. mun. Délib. BB 55, pp. 24, 42, 57 v°,70. 24 octobre 1596. Les échevins, qui ont fui, ne revenant pas après un premier avertissement, on les met en demeure de rentrer, sinon, il sera procédé contre eux « par les voies de droit ». Voici les noms de ceux qui n’ont pas déserté leur poste ; Sire Augustin de Louvencourt, rnayeur; Sire Pierre de Famechon ; Sire Adrien de Marœul ; Michel de Suyn ; François des Grès ; Jehan Thierry; Jehan Tonnelier; Florent de Louvencourt; Toussains Baudelocque ; Antoine Dippre; Guillaume Lhoste ; Charles Poullain.
2. Ibidem. Délib. BB 55, p. 4. Le bureau de la santé, institué en mars 1596, composé de 6 membres : 2 échevins, 2 chanoines, 2 bourgeois, se tient en permanence.
3. Ibidem. Délib. BB 55, passim et Reg. aux Charles AA 17, p. 161 et suiv. Ordonnance contre le danger de la peste; 22 mars 1596. Ordonnance pour le nettoyementde la ville contre le mauvais air; 1 7 juillet 1596.
148 HISTOIRE DE LA VILLE d’AMIENS.
avec leurs semblables, sinon quinze jours après guérison complète b
Pendant les mois d’août et de septembre, la mortalité prend d’effrayantes proportions. Dans la paroisse centrale de Saint-Martin-au-Bourg, la famille de Nau, composée du père, de la mère et de trois enfants, est inhumée le même jour. Au moment où l’évêque prescrit un jeûne de pénitence et la procession des reliques à travers les rues désolées, la consternation est générale. Riches, pauvres, même les capitaines de la milice et les échevins, s’enfuient éperdus, malgré les instances réitérées de Louvencourt, qui supplie les bourgeois de ne pas déserter la garde des remparts. Vainement menace-t-il les absents de la confiscation de leurs biens et de faire enfoncer la porte de leur demeure pour en vendre le mobilier, afin d’en affecter le prix à la solde des sentinelles qui les remplacent^, personne n’obéit^. La garde devient impraticable comme aussi le renouvellement de la loi. L’échevinage en charge est prorogé pour une année, et Pierre de Famechon élu mayeur parce que Louvencourt reçoit l’honorable mission de représenter la ville à l’assemblée des notables réunis à Rouen, au mois de novembre 1596 b
1. Reg. aux décès de la paroisse, le 2 septembre 1596. A Thistoire de la peste de 1596 se rattache le septième livre du volume intitulé ; Le
gouvernement nécessaire à chacun pour vivre longuement en santé
Par Nicolas Abraham, sieur de La Framboisière, Paris, 1601.
2. Â7'ch. mun. Délib. BB 55, p. 50. — Reg. aux Chartes AA 1 7, p. 168. Ordonnance pour la sûreté de la ville. 27 août 1596.
3. Ibidem. Délib. BB 55, p. 24. 27 août 1596. « Les habitants abandonnent la ville avec leurs femmes et enfants... . il est sans doubte que la ville sera déserte et que la garde en sera du tout affaiblie. » — 29 octobre : « Il ne reste que bien peu d’habitants sains, qui ne sont
suffizans de garder la ville » — AA 17, p. 190. Ordonnance pour
garde en personne. 21 septembre 1596.