Jehan Patte. Journal. Édit, préc., p
3. Dans l’édit du mois de novembre 1597, Henri IV flétrit les. mayeur,
prévôt, échevins et officiers royaux qui ont prêté serment au roi d’Espagne : « Cette faute commune à tous les habitants d’icelle ville que nous ne voulons plus sinistrement imputer qu’à une opiniastreté de s’estre trop attachés à la vanité de leurs privilèges, se doit encore plus facilement oublier que la lâcheté d’aucuns desdits habitans, lesquels ne s’estant contentés de demeurer sous l’obéissance de nos ennemis, ont exercé sous leur autorité des estats et offices qu’ils tenoient de nous et en ont recherché de nouveaux, presté le serment (que naturellement ils ne peuvent devoir qu’à nous) au roy d’Espagne, comme à leur souverain et nouveau seigneur »
LE SIÈGE PAR HENRI IV
Les royalistes sont chassés, suivis dans l’exil par la foule de ceux que la domination étrangère révolte ou qui redoutent les horreurs d’un siège. Des rues entières deviennent désertes. Un auteur estime à trois mille le nombre de ceux qui se sont ainsi expatriés et il est au-dessous de la vérité L « La plus grande partie des hommes s’estoient desfuys » * ; La Morlière justifie les membres du chapitre de la cathédrale qui demeurèrent dans Amiens : « Ils exécraient les Espagnols, ces basanés, ces traîtres visigoths, mais ne purent se résoudre à abandonner la plus belle église de la chrétienté. » Le Roi n’eut point à le regretter, puisiiue le chanoine Roze devait le renseigner utilement sur ce qui se passait dans la place assiégée. Le lieutenant du bailliage et la plupart des officiers royaux se réfugièrent à Abbeville
Quelques maisons des faubourgs sont rasées et les batiments de l’abbaye de Saint-Jean démolis et incendiés Tout ce que l’art et l’expérience suggèrent en vue de rendre