‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 97 sur 294 · Ibidem, T. IV, p. 803. 8 juillet 1507. Lettre à Sully · texte numérisé non relu

Ibidem, T. IV, p. 803. 8 juillet 1507. Lettre à Sully

HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.

compagnie de Saint-Luc. c( Je vous défends à l’avenir semblable curiosité, lui dit Sa Majesté; tout serait perdu si je venais à vous perdre. »

On pensa un instant recouvrer par la ruse la ville que la ruse venait de ravir à laFranceb Après le pillage impitoyable de leurs maisons, l’insolence et la dureté de la domination étrangère portaient au comble l’exaspération de la plupart des bourgeois demeurés dans Amiens. Informé par les lettres du chanoine Roze de l’état des esprits et des projets astucieux de certains d’entre eux, afin de rentrer sous l’obéissance du roi de France, Saint-Luc - s’en ouvrit confidentiellement aux frères Leroux, de Picquigny, qu’on disait être gens actifs, entreprenants et d’un dévouement à toute épreuve. L’un était batelier, l’autre marchand poissonnier; ils faisaient métier de transporter clandestinement dans leurs barques, jusqu’à Picquigny, les Amiénois qui voulaient s’enfuir de la ville assiégée. Ils promirent leur concours.

Le couvent des Augustins était tout indiqué pour rassembler les conjurés. Ces religieux avaient donné dans bien des circonstances la preuve de leurs sentiments royalistes. Jean de Sireuilh, gentilhomme originaire de Sivrac-sur- Dordogne, capitaine au régiment de Picardie, et un ingénieur, chargés par le Roi d’assurer la réussite du complot, pénétrèrent dans la ville déguisés en moines, grâce à la connivence de deux frères augustins, Jacques et Adrien de Relloy, aidés d’un frère de l’abbaye de Saint-Acheul.

L’attaque devait se produire sur deux points à la fois. Saint-Luc et Feuquerolles aborderaient au pont Du Gange que l’on savait être gardé par un petit nombre d’Espagnols.

Page 1