‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 2)Chapitre 99 sur 294 · Pagès. ]\his. Édit, préc., T. T, pp. 282 et suiv · texte numérisé non relu

Pagès. ]\his. Édit, préc., T. T, pp. 282 et suiv

2. Jean de Sireuilh reçut, en récompense, une pension de mille livres que Louis XIII porta à quinze cents livres, en considération, disent les lettres du mois de novembre 1G12, « des bons et agréables services qu'il

a rendus en plusieurs importantes occasions même lors du siège de

nostre ville d’Amyens, dans laquelle ledictde Sireuilh rentra, par le commandement du Hoy nostre très honoré seigneur et père que Dieu absolve, pour exécuter une entreprinse que nostre dict seigneur et père y avoit en exécution de laquelle il fut pris prisonnier par les ennemis et courut fortune d’estre honteusement exécuté à mort. » {Archives du château de la Verrie, près Bergerac, appartenant au comte de Laverrye de Vivans. Communication de M. l’Archiviste de Bergerac à M. Xiquet, archiviste de la ville d’Amiens).

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Retiré de la vie des camps et fidèle à la mémoire du prince, dont les ordres avaient failli lui coûter la vie, ce dévoué serviteur eut une dernière pensée de reconnaissance pour son Roi et fonda, le 14 novembre 1618, dans l’église de Sivrac où il résidait, un obit solennel pour le salut de Tâme de « son maistre et bienfaiteur Henry le grand » b

Après plusieurs tentatives infructueuses contre les murailles qu’il aurait voulu faire sauter par endroits, afin de tenter l’assaut et, pour se conformer aux ordres du Roi, Riron fit commencer les travaux d’approche dans les derniers jours de juin. Le plan de Claude Ghastillon permet d’en suivre la marche. Ce plan, très inexact en ce qui concerne la planimétrie du sol et la direction des chemins, donne un tracé fort rationnel des tranchées exécutées dans le secteur du front d’attaque.

En avant de la circonvallation (première parallèle), à environ trois cent cinquante pas de la contrescarpe, Errard pratique la tranchée du Roi (deuxième parallèle), défendue par un corps de garde et qui s’étend du chemin de Longpré à celui de Doullens.

Perpendiculairement à cette tranchée, le régiment de Navarre en mène une autre partant du fort de Navarre qui aboutit, par deux boyaux, d’une part au chemin d’Arras, d’autre part au chemin de Doullens, où elle se soude à la tranchée du Roi. La continuité de la deuxième parallèle se trouve ainsi obtenue ; ses communications en arrière avec la première parallèle sont assurées : à droite par le chemin de ’Longpré, aménagé et défendu par les corps de garde de la Baraudière et d’Escure; au centre, par les chemins de Vignacourt et de Doullens, ainsi que par l’extrémité nord de la tranchée de Navarre; enfin, à gauche,

I. Archives du château de La Verrie, précitées. Acte de fondation d’nne chapelle dans l’église de Sivrac.

LE SIl'XE PAU HENRI IV.

par le boyau en zigzag, parlant du lieu dit les carrières fondues, et venant se relier, sur le chemin d’Arras, à l’extrémité de la parallèle. Ce boyau, dénommé tranchée de Nérestang, prolongé, toujours en zigzag suivant la direction générale du chemin d’Arras, en avant de la deuxième parallèle, conduit à la troisième.

La troisième parallèle développe sa branche gauche renforcée par le fort du Maréchal, en avant de la plate-forme des Célestins. La branche droite dessert les principales batteries de siège et se termine par la tranchée des Anglais aux escarpements de Saint-Maurice. Le plan indique encore un cheminement partant de la chapelle Saint-Montain et, en avant de celle-ci, une amorce de quatrième parallèle destinée à rapprocher les attaques du centre de la palissade du chemin couvert L

Ces travaux présentaient de grands dangers. Les Espagnols opéraient de fréquentes sorties, comme celle du 29 juin dirigée sur la chapelle Saint-Montain, dans laquelle Biron faillit périr et qui nous coûta plus de deux cents hommes. La nuit suivante, Monténégro, voulant profiter du désarroi des assiégeants après une journée dans laquelle la lutte avait été particulièrement acharnée, leur fournit au contraire l’occasion de la revanche.

Les ruines de l’abbaye de Saint-Jean avaient été occupées par un détachement nombreux. Il l’ignorait. Gomme il poussait de ce côté une reconnaissance nocturne, avec quatre cents cavaliers et à peu près autant de fantassins, le capitaine espagnol tombe, tête baissée, dans l’embuscade et se heurte

1. Lettres missives, T. IV, p. 800. Lettre au connétable, 0 juillet. « Nous avons si bien travaillé depuis mon retour, que nous avons aelievé l’enceinte et tranchée de nostre camp, depuis un costé de la rivière jusques

à l’autre Cecy achevé, il nous fault commencer à mettre la main aux

tranchées pour nous conduire à la ville. Ce sera pour mercredy que nous le ferons, sans espargne »

â08 HISTOIRE DE LA VILLE d’aMIENS.

à une vive résistance, ce qui donne le temps aux régiments anglais de fondre sur sa petite troupe et de la forcer à rentrer dans la place, après des pertes très sensibles. Jean de Guzman \ qui commandait la cavalerie légère, se trouva parmi les morts.

Le juillet, le 5 juillet, nouvelles sorties toujours meurtrières et sans résultat sérieux. Ces échecs découragent les assiégés, non moins que la maladie qui les décime. Profitant d’un moment de répit, Biron fait installer, au point redouté de Saint-Montain, une nouvelle batterie de onze pièces de gros calibre, destinées à foudroyer les abords de la place et à mettre l’ennemi dans l’impossibilité de franchir la contrescarpe.

Cette manœuvre détermine le suprême effort du 17 juillet

A midi, quand la chaleur accablante invite au sommeil les soldats fatigués par les escarmouches des jours précédents, Diégo Durando et Del Arco, devenu capitaine, se ruent à l’improviste dans les tranchées par tous les côtés à la fois, culbutent les régiments de Picardie et de Champagne, parviennent jusqu’au quartier du Roi. Peu s’en faut qu’ils ne fassent sauter deux cent quarante barils de poudre, emmagasinés non loin des tentes de Sa Majesté, et qu’ils s’emparent de plusieurs canons, avant que les Français, étourdis par la soudaineté de l’attaque, aient pu rallier leurs étendards. Monténégro, ïaccone a réduisent chacun à la nécessité de défendre son propre poste. »

Cette fois encore, Biron « plein de fureur et de sang »

1. Jean de Guzman et le capitaine Gomez de Butron, mort des suites d’une blessure reçue le août, ont été inhumés dans l’église des Cordeliers.

2. Vero discorso di quanto e successo alli giorni passait sotta la citta d’Amiens in Francia. In Torino, appresso Pietro Gaydetto, 1397 : Vrai récit de ce qui est arrivé les jours passés sous la ville d’Amiens en France. Turin, imprimeur Pietro Gaydetto, 1597.

Histoire de la Ville d’Amiens

Portrait de k ville d’Amiens affiegee par le Roy Henry iiij. tref-C hi

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