‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 105 sur 246 · Arleux, arrondissement d’Arras, canton de Vimv · texte numérisé non relu

Arleux, arrondissement d’Arras, canton de Vimv

du roi de Navarre constituait un affront pour la noblesse et une calamité publique I Furieux de voir qu’elle menace de se prolonger, il se rend à Arleux avec trente hommes résolus, pour la plupart Amiénois, qui escaladent les murailles du château « par échelles ou autrement » et délivrent le prisonnier sans que la garnison, prise au dépourvu, ait eu le temps de s’opposer à leur dessein. Suivant une autre version, Picquigny serait venu à Arleux, porteur de fausses lettres du Dauphin, autorisant Tristan du Bos à mettre le prince en liberté, et Tristan du Bos aurait donné dans le piège b

Le Navarrais arrive à Amiens, le 9 novembre. Il y comptait de chauds partisans : dans le clergé, les anciens collègues de Robert le Coq; dans la noblesse, les amis de Picquigny; dans la haute bourgeoisie, les membres de l’échevinage; le mayeur Firmin de Cocquerel et le capitaine de la ville, Jacques de Saint-Fuscien, écuyer du prince, convaincu plus tard d’avoir contribué à son évasion.

Le chanoine Guy Quiéret, « qui grandement l’aimoit », lui offre l’hospitalité. Cet ecclésiastique, second fils de Hugues Quiéret, seigneur de Tours-en-Yimeu, et de Blanche d’Harcourt, appartenait à la meilleure noblesse picarde 1 2. Son frère Henri, d’abord chanoine comme lui, et depuis capitaine du château de Néaulfle, était dévoué corps et âme à Charles le Mauvais. Pendant quinze jours qu’il demeure à Amiens, il s’efforce d’accroître sa popularité par tous les moyens en son pouvoir, faisant ouvrir les prisons, haranguant à tout propos les habitants qu’il trompe par la modération de son langage, prenant soin de dissimuler son hostilité pour la personne du Dauphin, insinuant, au besoin, que celui-ci ne s’est jamais refusé à lui rendre la liberté. Et

Page 1