‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 111 sur 246 · Le continuateur de Guillaume de Nangis, T. II, p · texte numérisé non relu

Le continuateur de Guillaume de Nangis, T. II, p

Suppression des mairies de bannières.

L’action réparatrice du gouvernement de Charles Y ne parvint point à effacer, dans la fortune publique et dans les fortunes privées, les traces des maux de la guerre et des troubles civils. L’établissement d’une imposition générale sur la vente des marchandises, sur les boissons et sur le sel n’avait pas fait cesser, en droit, les anciennes perceptions féodales levées sur un grand nombre d’objets de consommation, sous forme de travers, de tonlieu, de kaiage, de sestérage, etc. Amiens, écrasé sous le poids de ces impôts multiples, voyait sa dette s’accroître de jour en jour. Des délégués du Parlement, venus pour étudier les moyens de rétablir l’équilibre des finances (août 1381), réunissent les échevins et les mayeurs de bannières, afin de recueillir leur avis touchant les mesures fiscales qu’ils préfèrent adopter1 2.

Les mayeurs de bannières représentants des classes populaires formaient la majorité de l’assemblée qui se prononça pour la capitation3 de préférence à l’aide. La lutte entre les deux systèmes, qui s’était produite aux États généraux de 1356, se renouvelle, et met en présence les intérêts toujours opposés, en matière d’impôts, du riche et du pauvre. Le Parlement, appelé à se prononcer, établit l’aide sur le vin, la bière et la guède, donnant ainsi raison à l’échevinage contre les mayeurs de bannières.

1. M. Léopold Delisle. Mandements et actes divers de Charles V, nos 42 et 562.

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