DN- GAL- VAL- MA X I M I N O N O B • CA ES C ■ AMB A • S • L • I
M. E. Desjardins complète ainsi le texte ( Revue archéol. XL. p. 322): Domino N ostro Gai erio Val erio Maximino Nob ilissimo Cæsari. Civitas Amb ianorum. A Samarobriva L euca P rima.
Considérant le nom de l’empereür comme une simple date, et les mots Civitas Ambianorum indiquant que c’est la cité, non la ville des Ambiani , qui faisait les frais des bornes milliaires, les lettres initiales de la dernière ligne signifieraient la distance entre la ville de Samarobriva et le point où la borne a été trouvée.
2. Ammiani Marcellini. Rerum gestarum libri qui supersunt. Edit. Teubner. Leipsig. 1875. — XV. 11. 10. Vol. I, p.73. « Huic adnexa secunda est Belgica qua A mbiani sont urbs inter alias eminens et Catelnuni et Rerni. »
qu’il s’agit alors non plus de la cité des Ambiani , mais bien de leur ville principale, l’ancienne Samarobriva.
A la suite des changements successifs, conformes aux lois qui présidèrent à la formation de la langue française, Ambiani ou plutôt l’accusatif Ambianos a donné Amiens par la chûte du b médial.
Au risque de devancer l’époque du changement définitif et sans nous arrêter aux modifications grammaticales de la toponymie gallo-romaine, adoptons dès maintenant la forme moderne du nom de la ville en substituant Amiens à Samarobriva.
La religion.
Pour ne pas avoir à proscrire trop sévèrement les dieux gaulois, les Romains assimilent plusieurs d’entre eux à leurs propres divinités. Chose digne de remarque, c’est après avoir parlé de l’assemblée à Samarobriva des États de la Gaule, que César donne, touchant la religion des vaincus, des notions qui ne sont évidemment pas en contradiction avec les renseignements recueillis pendant son séjour chez les Ambiani. Il parle des Druides, prêtres qui président aux sacrifices publics et particuliers ; de Mercure considéré comme l’inventeur de tous les arts, le protecteur du commerce et le guide des voyageurs ; de Mars, de Jupiter, de Minerve, d’Apollon.
Il est maintenant admis que, dans ce tableau de la religion des Gaulois, César a attribué aux divinités du pays des noms absolument étrangers à la langue celtique, en les désignant sous le nom des divinités alors en honneur dans l’empire romain, d’après les rapports qu’il avait constatés entre les attributions des unes et des autres. Par conséquent, Jupiter, en tant que le Dieu suprême, serait Taranis et
LA PÉRIODE GALLO-ROMAINE
Mercure, Teulates ; Apollon serait Belenus et Minerve Belisana. Mars, le Dieu de la guerre, serait le Camulus des Arvernes et YHesus des Delges.
Il était, en outre, des divinités secondaires ayant un caractère tout local comme le Verjugodumnus honoré dans la cité des Ambiant , dont le nom se trouve associé à celui d’Apollon, sur une pierre votive découverte vers 1675, à Saint-Acheul. Partant de cette idée qu’Apollon est l’expression d’une conception mythologique de même origine que celle à laquelle Hélios (le soleil) donnait sonnom,M.d’Arbois de Jubainville 1 voit, dans le quadrige que conduisait Apollon, un motif suffisant d’assimiler Verjugodumnus au Dieu du soleil et il en fait le personnage puissant « au grand joug » ; le dieu remarquable par le grand joug, auquel sont attelés les chevaux du char du soleil.
Cette pierre votive, que Pagès2 dit avoir connue encastrée dans la muraille d’une chapelle de l’église de l’abbaye de Saint-Acheul3, a été transportée à la Bibliothèque nationale, où elle figure parmi les antiques qui décorent le grand escalier conduisant au cabinet des médailles.
Voici l’inscription :
PR O SALVTE ET VICTORIA EXX G APOLLINI ET V E R IVGODVM NO TRIBVNALIA D V A SETVBOGI VSESVGGI F D S D