Ibidem. Délib. BB 95, p
LE MAYEUR ET LES ECHEVINS
D’un autre côté, la population entière partage les tristesses et les joies du premier magistrat de la cité. S’il marie ses enfants la ville est en liesse; s’il est éprouvé dans ses plus chères affections, la tristesse assombrit tous les cœurs et s’il meurt dans l’exercice de sa charge, rien ne sera négligé de ce qui peut augmenter la pompe des obsèques, car il représente la personne du Roi et il est « en son oflice chef de la cité ». Les échevins le conduisent à sa dernière demeure, revêtus de robes noires, précédés de douze sergents porteurs de torches décorées des armes de la ville. C’est ce qui eut lieu le 1er janvier 1456, au trépas de sire Pierre de May, seigneur de Saint-Gratien, justement renommé par la justice et par l’impartialité de son administration, et à celui de sire Antoine Clabault le 2 juillet 1504. Conformément aux dernières volontés du défunt, on l’avait enseveli en habit de cordelier et ce furent des religieux de saint François qui le portèrent en terre. Quatre anciens mayeurs tenaient « les quatre cornets du drap placé sur le cercucl » L
A la mort de David de Poix, capitaine de la ville d’Amiens, le mayeur, Willaume de Conty, ce affectueusement invité par son fils », se rend à Brimeux près de Montreuil, en compagnie de quatre échevins, afin d’assister à ses funérailles, escorté de sergents à cheval, suivi d’un nombreux personnel, précédé de piqueurs qui préparent les logements -, Est-il besoin d’ajouter que le faste imposant dont le moyen âge se plait à environner les représentants de l’autorité, rejaillit sur la cité qui accorde une si grande puissance à ses magistrats? Les populations, témoins de ce somptueux appareil, redisent bien loin la grandeur de la ville d’Amiens.
Quel que soit le prestige du mayeur, son influence s’efface dans l’administration de la commune devant les
1. Arch. mun. Délib. BB 8, p. 48. 13 janvier 1437 (n. s.). — 20, p. 50.