Arch. mun. BB 8, p. 116 v
2. Ibidem. Délib, BB 2, p. 98. — 3, p. 35. — 14, p. 97 v°. - 15, p. 180 et passim.
Los officiers du Roi, même les lieutenants du bailli , obéissent aux exigences du guet. Les gens d’église y sont quelquefois soumis. Au premier signal de la ligue du Rien public, Amiens se prépare à la guerre et le mayeur réclame le concours du clergé pour le service des postes. L’évêque Ferry de Beauvoir vient alors plaider la cause de ses prêtres devant la foule des bourgeois assemblés.
Assis dans la chaire que le bailli occupe pour rendre ses arrêts, il prononce une harangue aussi habile qu’éloquente. Il rappelle que les prêtres sont les ministres d’un Dieu de paix. « Lorsque le Sauveur Jésus naquit à Bethléem », s’écrie le prélat, « n’entendit-on pas le concert des anges chanter le pax hominïbus bonce voluntatis ? A ses apôtres il répétait sans cesse : pax vobiscum ; et sa dernière parole fut celle-ci : pacem meam do vobis, pacem meam relinquo vobis ! Dans les luttes incessantes qui divisent cruellement les nations auxquelles le Seigneur a apporté la paix, quel sera le rôle de la religion, sinon un rôle de conciliation et de prière? Quand Moïse élève les bras sur la montagne, le peuple d’Israël triomphe, et la victoire déserte son camp, si Moïse cesse de prier. De même les membres du clergé contribuent à leur manière au succès des armes et au salut de la patrie, en adressant de ferventes supplications à Dieu, puisqu’il est écrit : Nisi Dominas custodierit civitatem , frustra vigilat qui custodit eam! Ils offrent de plus une somme de trois cents florins d’or, pour être cette somme employée aux travaux de la forteresse » l.
Ainsi parle Ferry de Beauvoir et une longue discussion s’engage parmi les assistants. L’avis général est que les gens d’église se rendront aux remparts à cause des temps exceptionnels, dans lesquels on se trouve. Quelques mois plus tard, la paix étant rendue à la France, l’échevinage