‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 134 sur 246 · Ibidem. Délib. BB 8, p. 15. — 9, p. 25. — 10, p · texte numérisé non relu

Ibidem. Délib. BB 8, p. 15. — 9, p. 25. — 10, p

chands espagnols, hollandais, flamands, bretons, dont les navires stationnent dans le port de Saint-Valéry b L’exportation des grains affamerait le pays, si l’échevinage d’Amiens et l’abbé de Corbie ne prenaient soin de la modérer, en frappant d’une imposition le transit sur la Somme, quand ils ne jugent pas nécessaire de le prohiber d’une façon absolue, comme ils le firent au mois d’octobre 14551 2.

En 1439, paraît une défense, souvent renouvelée depuis et ainsi conçue : « Qui fera pain blanc ne fera point de bis et qui fera bis ne fera point de blanc. » Dans sa sollicitude, l’échevinage prétend épargner aux bourgeois les inconvénients qui résulteraient de la mauvaise digestion du pain chaud, en ordonnant de défourner vers minuit, « attendu que le pain cuit au matin, à huit ou neuf heures, n’est pas rassis ni refroidi pour manger au dîner, mais qu’il est chaud et non point en état d’être mangé. »

Chacun des boulangers choisit une marque distinctive, dont le type est déposé à l’hôtel des Cloquiers, qui est empreinte sur les pains de sa fabrication. L’un adopte une couronné et l’autre une fleur de lis, celui-ci un croissant ou une étoile, celui-là une croix ou un oiseau, de manière qu’il soit facile de reconnaître « qui serait assez osé et assez hardi de faire pain trop léger, mal cuit ou mal pannequié. »

Toute personne de « vil métier, maniant craisses ou cuirs », ne peut en vendre. C’est effectivement « chose déshonorante et abominable » de voir des cordonniers, des bouchers, étaler pêle-mêle du pain, des chaussures, de la viande, sans prendre la peine de dresser des tables séparées, ni de les tenir en parfait état de propreté.

Dans les années d’abondance, l’échevinage autorise la vente de petits pains d’une obole : « Le blé est si bon

1 . Arch. mun. Délib. BB b, pp. 29, 165. — 8, pp. H, 15 v°. — 14, p 37.

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