‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 139 sur 246 · Ibidem. Délib. BB 6, p · texte numérisé non relu

Ibidem. Délib. BB 6, p

Jérusalem rentrent dans le second cycle. Le troisième 1 2 a successivement vu mettre en scène les traditions les plus respectables mêlées aux légendes les plus fabuleuses de la vie de sainte Barbe (1448), de saint Firmin, martyr (1458), de saint Christophe (1459), de saint Denis (1480), de saint Fuscien (1481), de saint Nicolas (1488), des dix mille martyrs (1483) de sainte Colombe et de sainte Marguerite (1489). Le mystère du débat du corps et de Vâme 3 appartient à la catégorie des Moralités.

Lorsqu’une représentation a été autorisée, celle de la Passion4, par exemple, qui dure quelquefois quatre jours entiers5, — la plus célèbre, œuvre d’Arnoul Greban, a 34,574 vers 6, — l’échevinage prescrit toute une série de mesures d’ordre. Les portes de la ville restent fermées à l’exception de celles de Beauvais et de Montrescu, et les postes sont renforcés. Seuls les taverniers, les boulangers,

1. Arch. mun. BB 6, p. 98 v°. — 8, p. 210 v°. — 14, pp. 89 et 96. — Comptes 1481-82, p. 42. — 1489-90, pp. 136 v°, 137.

2. Le mystère des dix mille martyrs est l’œuvre de Michel le Flament, religieux jacobin du couvent d’Amiens (BB 14, p. 89).

3. Arch. mun. Comptes 1489-90, p. 138. Ce mystère a été représenté au Grand Quai en 1489.

4. Ibidem. Délib. BB 2, p. 14 v°. 1413. Accordé aux confrères et

compagnons de la confrérie du Saint-Sacrement, lx s. p., « pour eux aidier à susporter les grans frais et despens qu’ils oient et soustiennent à faire ès festes de Pentecoustes le mistère de la Passion Nostre Seigneur Jhésus-Crist. et de sa Résurrection et mesmement pour les frais et despens à faire les hours là où furent logiés Mons. le bailli, maïeur et

eschevins et pluiseurs conseillers du Roy et de la dicte ville. »

5. Ibidem Délib. BB 18, p. 140. Jehan le Tonnelier, prêtre de Saint- Jacques, reçoit 16 livres « pour sa peine de avoir doublé les kavers et escript les rymeaux » des quatre jours du mystère de la Passion.

6. Arnoul Gréban vivait à la fin du xve siècle. Avant lui, Eustache Mercadé avait composé une Passion et une Vengeance de N.-S. Jésus-Christ dont un manuscrit existe à la bibliothèque d’Arras. Mercadé était, en 1414, official de l’abbaye de Corbie. La Passion représentée à Amiens en 1413 est donc très probablement son œuvre.

les bouchers ouvriront leurs boutiques avec obligation de les approvisionner en raison de l’affluence des étrangers. Les vingt-quatre sergents de nuit et les archers spécialement chargés de veiller à la sécurité des habitants organisent des patrouilles. On fait le guet plus attentivement au beffroi, car l’ennemi pourrait profiter de ces divertissements pour essayer de surprendre la place.

La population assiège de bonne heure l’entrée du Four des Champs, théâtre ordinaire des «jeux par personnages ». Les meilleures places du parterre gazonné ou jonché de paille appartiennent au premier occupant. Le nombre des places louées à raison de quatre sols le pied carré sur les hourts ou estrades et de deux sols sur « les terrasses et dodennes » est assez limité. Le hourt de « Nosseigneurs de l’échevinage » et celui de l’évêque et des membres du chapitre font face à la scène1, scène unique et multiple à la fois, dont le décor ne change pas, sur laquelle l’action se transporte successivement aux endroits dont il est parlé.

La simplicité dans la conception du décor n’exclut pas un certain luxe dans les peintures 2. Vers l’occident, plus élevé, plus magnifique que les autres, apparaît le « hourt » du paradis 3. Il a deux étages : 1° le ciel en forme de trône immense ; 2° le paradis terrestre simulé par des arbustes et des feuillages. Derrière le Tout-Puissant sont dissimulées les orgues destinées à produire les accords des concerts célestes et le tonnerre.

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