Étude sur l’histoire financière de la ville d’Amiens
voulu voir de mes propres yeux ce que j’appellerai la physionomie des siècles, pour donner aux personnages les sentiments qui les animaient et aux événements l’allure qui leur convient. J’ai secoué la poussière des chartes que la main de Philippe-Auguste, la main de Henri IV et celle de Louis XIV ont touchées. J’ai parcouru avec un soin jaloux les centaines de registres dans lesquels mayeurs et échevins consignaient, jour par jour, heure par heure, les vicissitudes de la vie municipale, notamment aux époques troublées et confuses de l’occupation bourguignonne et anglobourguignonne, de la Ligue, du gouvernement de Concini, de la Révolution.
Peut-être me reprochera- t-on d’avoir chargé le récit de notes et de citations. Je l’ai fait par un scrupule de sincérité dont je prie le lecteur de vouloir bien me tenir compte.
La tache entreprise eût été quelque peu téméraire si je n’avais rencontré un bienveillant concours et d’utiles encouragements chez mes collègues de la Société des Antiquaires de Picardie, qui se sont occupés de l’archéologie et de l’histoire amiénoises. Tous m’ont éclairé de leurs conseils et aidé de leurs travaux. Tous, et particulièrement M. Charles Pinsard, m’ont ouvert les trésors de leurs bibliothèques et de leur savoir. Qu'ils daignent recevoir ici l’expression de ma profonde gratitude.
Pénétré d’admiration pour la foi, la vaillance et l’honneur des générations passées, dans l’intimité des-
quelles il m’a été donné de vivre durant de longues et laborieuses années, je dédie cette étude historique à mes concitoyens.
Puisse le souvenir de ce que les aïeux ont généreusement accompli pour la grandeur de la Patrie et dans l’intérêt de la civilisation, nous encourager à marcher sur leurs traces, afin de maintenir et de développer, à travers les âges, le bon renom, la prospérité et la gloire de notre chère ville d’Amiens.
Amiens, le 15 août 1898.