Ibidem. Délib. BB 17, pp. 13 à 20. Juin et juillet
4. Ibidem. Comptes 1493-94, p. 126. « A Estève Boullier, chevaucheur
de l’escurie du Roy, deus escus d’or pour certaines lettres par luy
aportées à mesdis seigneurs et faisans mencion de la victore qu’icelluy Seigneur avoit eue au port de Rupello vers Gennes, ou avoient esté déffaïs par les gens du Roy plus de vnM hommes ».
Ibidem. 1494-95, p. 133. « A Guérard de Saint Pierre, patichier ix 1.
xiiii s pour despence à ung disner à l’hostel de la ville au retour
d’une procession à laquelle fut porté le fiertre mons. S1 Fremin le
martir à cause des bonnes nouvelles du Roy et de la conqueste qu’il
avoit faicte de plusieurs villes et places en son royaume de Naples ».
Ibidem , p. 135. « Aux compaignons des paroisses Saint Germain, Saint Souplis, Saint Fremin en Castillon, vi 1. pour avoir joué jeux, esbatemens sur charios avant la ville et aucun jeux et mistères sans parler durant la procession à honneur du Roy nostre sire pour les bonnes nouvelles de son retour du voiage de Naples ».
TRENTE ANNÉES DE PAIX
du règne de Louis XII, en Artois, ses luttes avec Henri VIII, n’eurent aucun contre-coup fâcheux à Amiens. On s’y battait cependant, mais à coups de mémoires et de factums judiciaires cette fois. Il s’agissait de collationner, de refondre les coutumes locales, de les publier revisées et sanctionnées par l’autorité du Roi. Le projet, conçu et annoncé au temps de Charles VII, repris sous Louis XI, qui le considérait comme la base de ses plans d’unité de loi nationale, décrété à nouveau par Charles VIII, fut enfin mis à exécution. Il était à l’étude en 1494 L
Les officiers royaux ne s’entendaient nullement sur la nature des droits conférés à l’échevinage par la réunion de la prévôté à la commune. Le lieutenant général du bailliage, Antoine de Saint-Delis, homme violent et entêté, défendait ses prérogatives avec acharnement. Suspendue par l’intervention du gouverneur La Gruthuse1 2, la querelle se ranima à l’occasion de plusieurs différends de juridiction entre le lieutenant général et la ville. 11 y eut appel au Parlement, grand débat devant la Cour souveraine, intrigues sans nombre. Saint-Delis protestait encore en l’assemblée des trois états du bailliage réunis le 2 octobre 1507 pour adopter une rédaction définitive. L’échevinage consentit enfin à retrancher du cahier de ses coutumes ce qui regardait les privilèges de la commune. Malgré cette concession, qui ôtait tout prétexte à l’opposition, elles ne furent approuvées que dans le courant de 1513 3.
1 . Arch. mun. 1494-95, p. \ 33 v°. Repas à l’hôtel du mayeur « ou furent
aucuns de messeigneurs et les conseilliers après visitation par eulx faictes des coustumes locales d’icelle ville mises par escript pour les bailler avec celles du bailliage à aucuns commissaires du Roy et les veoir et recevoir »
2. Jean de Bruges, seigneur de La Gruthuse, lieutenant géne'ral du Roi en Picardie, successeur de Louis de Luxembourg, comte de Ligny, au mois de juin 1504. BB 20, p. 50 v°.
3. Auo. Thierry. Loc. cit. , T. Il, pp. 510 et suiv. — À. Bouthors.
Louis XII avait séjourné à Amiens une partie du mois de septembre de la même année1. La reine mourut quelque temps après, et le prince rechercha la main de la sœur de Henri VIII. Ce fut même l’une des conditions du traité qui
Coutumes locales du bailliage d'Amiens rédigées en 150 7. Édit. préc. pp. 55 et suiv. Le recueil des coutumes fut aussitôt imprimé. C’est le premier volume imprimé à Amiens, In-8° gothique, comprenant 98 feuillets. Les deux derniers sont numérotés 97 (Bibliothèque de M. de Beauvillé, à Montdidier) :
Coustumes générales du bailliage da miens avec celles des pvostez de Mon strœul, Biauquesne, Foulloy, Saict Ricquier, Doulles et Biauvoisis nouvellemt publiées et décrétées en la ville Damiens par Messieurs les comissaires déléguez de par le Roy nostre souverain seigneur, sur le faict des coustu mes du royaulme de Frace. Imprimées par lor donnance desd. comissaires par Nicolas le ca ron imprimeur et libraire demourat en lad. ville damiens en la rue de la draperie près le marchie a lymage saict Claude ou au portail de la gran de église nostre dame.
On lit aux folios 57 v° et 97 de ce précieux volume :
Imprimé à Amiens par Nicolas le caron sergent royal ou bailliage damiens et impri meur de livres et ce par Lordonnance de mes seignrs les comissaires.
1, Arch. mun. Comptes 1512-13, p. 159. Le Roi assista le 25 septembre à la messe célébrée en l’honneur de saint Firmin. C’était l’usage de déposer ce jour là, en la cathédrale, deux grands cierges, redevance pieuse stipulée jadis en souvenir de l’abandon de la prévôté royale au profit de la commune. La cérémonie toujours empreinte d’une certaine solennité eut cette fois un éclat particulier. Le prévôt s’avançait à l’autel suivi d’un grand nombre d’échevins et précédé des quatre sergents royaux de la prévôté, sous les yeux de Louis XII, des cardinaux, des évêques, des barons et des écuyers qui l’avaient accompagné à Amiens.
TRENTE ANNÉES DE PAIX
réconcilia les deux royaumes. Trois grands seigneurs anglais vinrent régler le cérémonial des noces qui devaient être célébrées à Abbeville, parce que la peste sévissait à Amiens. Ils traversèrent deux fois notre ville 1 et s’y rencontrèrent avec une ambassade d’Ecosse.
L’antipathie traditionnelle des Anglais et des Écossais amena des querelles entre les serviteurs de l’escorte. On en arriva aux voies de fait. Les Amiénois prirent parti contre les Anglais; un grave incident diplomatique s’en suivit. Le duc de Sommerset se plaignit au Roi de France. Douze de ses nationaux avaient été précipités dans un puits de la rue de Noyon. La Trémoille ouvrit une enquête 2 qui aboutit à la condamnation à mort de dix-sept coupables, mais Louis XII se rendant à Abbeville, leur fit grâce à la sollicitation des ambassadeurs eux-mêmes 3. Sommerset se contenta d’exiger
1. Arch. mun. Délib. BB 21, pp. 71, 72. — Comptes 1513-14, p. 154. « A Guillaume de Chaules, marchand demourant à Amiens la somme de lu s. t. que les xxim sergens de nuit dicelle ville ont despensé en sa maison le jour que Mons. de Sombresset et autres ambassadeurs d’Engleterre, arrivèrent en cette ville pour aller en court touchant le mariage du Roy nostre sire et de la fille d’Engleterre, et laquelle somme mesdis Srs ont payée auxdits sergens en considéracion de la peine quils œurrent cedit jour en accompagnant mesdis sieurs et en veillant de nuyt alentour du logis des ambassadeurs, par mandement du xe jour d’octobre ».
2. Ibidem. Comptes 1513-14, p. 154 v°. « A Jaques de Dury, Antoine
Galois auditeurs royaulx en lad. ville la somme de lxx s. t auquel
desbat y oit [sic) assemblée de menu peuple à cause du son de la cloche en laquelle information qui fut mise ès mains de Monsr de la Trémoulle et autres commissaires commis par le Roy furent oys jusques au nombre de xxim tesmoins » 10 octobre 1514.
3. Ibidem. Comptes 1513-14, p. 154. « Au hérault d'armes de mesdis Srs les ambassadeurs d’Engieterre pour avoir esté à dilligence devers le Roy nostre sire, luy estant à Arraines, porter la requête et supplicacion que lesd. ambassadeurs faisoient au Roy nostre sire adfin quil luy pleust donner pardon à xvn des habitans de lad. ville qui estoient prisonniers et en dangier d’estre exécutés criminellement, pour raison de l'excès qui avoit esté fait ausdis ambassadeurs, eulx estans en ceste ville d'Amiens ».
qu’ils vinssent demander pardon, pieds nus et la corde au cou.
Le mariage eut lieu à Abbeville, le lundi 9 octobre, dans l’une des salles de l’hôtel de la Gruthuse transformée en chapelle1. L’évêque d’Amiens2 assista le cardinal d’Amboise qui donna la bénédiction nuptiale. Le Roi, dont la santé était déjà languissante et profondément ébranlée, tomba quelques semaines après dans un état d’affaiblissement dont les progrès furent rapides et expira le 1er janvier loto. Si nous en croyons les panégyristes, jamais le peuple n’avait été aussi heureux que sous le gouvernement de ce prince, jamais il n’avait eu si bonne justice, jamais il n’avait été moins foulé par les exactions de gens de guerre et les levées d’impôts. Seyssel prétend que la richesse de la France augmenta, qu’on put constater partout l’accroissement de la fortune publique et de la fortune privée, la construction de maisons nouvelles, le progrès de l’aisance et du luxe, enfin le développement rapide du commerce dans les principales villes. L’histoire d’Amiens confirme ce jugement flatteur 3.
d. A. Ledieu. Le mariage de Louis XII à Abbeville. Mémoires de la Société d’ Émulation, T. XVII, p. 15.
2. François de Halluin, évêque de 1503 à 1508, fils de Louis de Halluin, seigneur de Piennes, qui succéda, en qualité de gouverneur de la Picardie, au sire de la Gruthuse, mort au mois de juin 1512. (BB 20, p. 145 v°). Il n’avait que vingt ans quand une bulle du pape Alexandre VI lui conféra l’évêché d’Amiens. On lui donna pour auxiliaire, sous le titre d’évêque d’Hébron inpartibus, Nicolas La Couture, de l’ordre des Cordeliers.
3. Les Registres aux Délibérations de l’échevinage cotés 18, 19, 20, 21, se rapportant à la période du règne de Louis XII, témoignent d’une sécurité parfaite. Elle ne fut troublée qu’au moment de l’invasion anglaise (1512). Le Roi se borna à requérir alors de la ville une somme de 3,000 livres (environ 82,000 francs).