‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 210 sur 246 · Arch. mun. Comptes 1450-51, p. 134. « A Simonnet Marmion · texte numérisé non relu

Arch. mun. Comptes 1450-51, p. 134. « A Simonnet Marmion

paintre, demourant à Amiens pour avoir paint à œulle de fin azur et

doré de fin or les armes du Roy nostre sire sus une banière d’arain »

Ibidem. Comptes 1450-51, p. 113 v°. « A Simonet Marmion pour

avoir doré de fin or et peint à œulle de diverses coulleurs une grande heuse de ploncq faicte en vi pans, avec son espy et pommiau, sus le comble du puch (de la haute rue Notre-Dame) »

Ibidem. Comptes 1453-54, p. 64. « A Simonnet Marmion, paintre, payé xix 1. ung tableau où est figurée la représentation de Nostre Seigneur Jhésus, Nostre-Dame, Saint-Jehan et autres personnages de ouvrage d’or, d’azur et autres fines paintures bien riches, pour ledit tablel mettre et assir ou plaidoir des cloquiers »

2. Ibidem. Comptes 1464-65, p. 46. « A Miles Marmion, paintre, xii 1. pour certaines paintures et ystoires qui ont esté faictes en la chambre du conseil aux Cloquiers . »

3. Ibidem. Comptes 1425-26, p. 208 v°. — 1428-29, p. 55, v°. — 1430-31. p. 60. - 1443-44, p. 171. — 1446-47, p. 41 v°. — 1463-64, p. 55. — 1469-70, p. 55 — 1489-90, p. 136. — Délib. BB. 14, p. 104 v«. — Comptes 1497-98, p. 128 v°. — 1506-07, p. 103. — 1513-14, pp. 148 et 149 v°. — 1515-16, p. 135 v°.

LES ARTS A LA FIN DU XVe SIÈCLE. 483

de badigeonner « de noir le chariot de bois auquel l’on met et porte les gens morts de la peste î » 1 .

De nos jours, les peintres vraiment dignes de ce nom se renferment dans le domaine des arts. Les peintres du moyen âge exerçaient plutôt un métier. De môme alors tout verrier était doublé d’un artiste plus ou moins habile, capable de décorer les vitraux qui sortaient de son atelier.

Arras dont les tapisseries étaient connues jusqu’aux limites du monde civilisé, Arras qui avait donné son nom aux Arrazzi et approvisionné le garde-meuble des ducs de Bourgogne, avait été ruiné en 1477. Les ouvriers tapissiers, obligés d’émigrer, portèrent dans les Flandres le secret de leur art. Bruges, Ypres, Gand, Audenarde, Tournai, Lille, Valenciennes en bénéficièrent. L’importance d’Amiens ne tarda point à attirer également des « hautelisseurs. » Ils vinrent de Tournai (1-492) 2. Leurs débuts sont mystérieux.

1. Arcli. mun. Comptes 4513-14, p. 149 v°. «A Pierre Pallette, painctre,

demourant à Amiens, mi 1. t pour avoir paint de noir le chariot de

bois ouquel Ion mect et porte les gens mors de la peste. »

Ibidem. Comptes 1515-16, p. 137 v°. « A Pierre Pallette, paintre, xii 1. pour avoir doré et paint deux grans bannières de taffetas rouge qui ont esté faictes de neuf pour porter à la procession du Sacrement. ...»

Arch. de la Somme. Chapitre d'Amiens , arm. 1, liasse 44, n° 18, 1531 : « Pour estoffer, paindre et enrichir icelle histoire de l’invencion saint Fremin et six apostres avec aucuns petis images et armories estans en la closture et huis du cœur de l’église d’Amiens, du costé de la sépulture dudit

deffunt (A. de Hénencourt) a esté paié à Pierre Pallette, paintre

ex livres. »

Arch. mun. Comptes 1516-17, p. 200 v°. « A Jaques Platel, xxx s. t

pour avoir nettoyé, paint et doré le tableau ouquel est la représentation du crucefix, estant en l’auditoire de la maison des Cloquiers. »

Ibidem. Comptes 4523-24, p. 88. « A Andrieu de Moncheaulx, paintre

xii escus soleil pour avoir paint et doré le tableau mvs en l’œuriœul

des Cloquiers, ouquel est paint la représentation Jésus Christ en Croix. »

2. Ibidem. Heg. aux Chartes AA 13, p. 221 v°. Brefs et statuts du 2 septembre 1492. Articles additionnels du 2 octobre 1492.

Ces artistes formés à la manière des Flandres ne pouvaient exécuter à Amiens que des tapisseries façon de Flandre. Les produits des deux manufactures se trouvèrent confondus. La nôtre se recommandait par la qualité des couleurs. On n’y travaillait qu’en haute lice; fort peu en verdures, lisonsnous dans les considérants qui servent d’introduction au règlement des maîtres tapissiers de Paris en 1718 L Les belles tapisseries qui représentaient la vie de saint Firmin, celles conservées jadis à Saint-Germain et la vie de N. -S. Jésus-Christ en vingt-six panneaux dus à la générosité des fidèles de Saint-Martin-au-Bourg 1 2 provenaientelles des ateliers amiénois plutôt que de ceux de Flandre? Qui oserait l’affirmer en l’absence de toute espèce de documents. D’anciens inventaires du mobilier de la Couronne3, sous Louis XIV, attribuent cependant à Amiens plusieurs œuvres de grand style et notamment l’histoire de Tobie en douze parties encadrées de riches bordures à rinceaux avec légendes en lettres blanches sur fond rouge. Le fait est qu’on y exécutait des sujets historiques au commencement du xvnfi siècle4 et que notre ville vient en première ligne, après Paris, parmi celles destinées à recevoir les métiers que les flamands Marc de Comans et François de la Planche s’engageaient à installer dans le royaume en retour des privilèges octroyés à leur industrie par le Roi en 4607 5.

1. De Boyer de Sainte-Suzanne. Notes d’un curieux sur les tapisseries tissées , 3e partie, p. 7.

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