Acta Sanctorum. Octobris. T. IV, p. 897, C
4. La « voulte » ou la cave de saint Quentin, objet de la vénération de
du Christ ayant échappé une première fois aux geôliers ne tarde pas à retomber entre leurs mains. On lui inflige d’horribles tourments. Après le supplice de la roue et de la flagellation, les bourreaux appliquent sur ses flancs déchirés un mélange bouillant d’huile et de poix et des torches ardentes, dans l’espoir que l’excès de la douleur lui arrachera une parole d’apostasie.
Le saint demeure inébranlable. Rictiovare, redoutant quelque manifestation de la part des Amiénois indignés de tant de cruauté, le fait traîner à sa suite à Augusta Veromanduorum, où il subit le dernier supplice, le jour même de l’arrivée dans cette ville qui devait bientôt échanger son nom contre celui du martyr. 31 octobre 303.
Les deux compagnons de saint Quentin, saint Fuscien et saint Victoric, apôtres des Morini, reviennent à Amiens, tandis que la persécution sévissait encore. Arrêtés' à leur tour, traduits en justice par ordre de Rictiovare, ils sont torturés cruellement et mis à mort, le 1 1 décembre, à l’endroit occupé depuis par le chœur de l’église abbatiale de Saint- Fuscien1. Un riche propriétaire, d’autres disent un simple aubergiste, nommé Gentien subit un sort pareil pour leur avoir offert l’hospitalité de sa demeure.
M. l’abbé Corblet2 rapporte également à la persécution de Rictiovare le martyre de saint Ache et celui de saint Acheul.
nos pères comme l’était la crypte prison de saint Firmin, se trouvait sous l’immeuble faisant le coin de la place Saint-Martin et de la rue Flatters. Les pèlerins venaient y boire l’eau d’une fontaine ou plutôt d’un puits comblé il y a 70 ans et qu’alimentait, au dire d’une pieuse légende, la source que le saint avait miraculeusement fait jaillir du sol de son cachot. En 1317, l’échevinage, ayant acquis les deux maisons existant sur ce caveau, on y construisit, sous ses auspices, une chapelle devenue le siège de la confrérie de saint Quentin et l’annexe de l’hôpital dont parle Pagès (T. I, p. 123). L’écusson armorié de la ville décorait la clef de la voûte.