‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 44 sur 246 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

l’ordre de la nature et emporté vers le Cancer par ses coursiers enflammés, change instantanément un froid intense en une torride chaleur d’été. » Le froid était excessif, dit- il ; le temps chargé de neige. Soudain les arbres se couvrent de feuilles et de fleurs, les lis et les roses s’épanouissent dans les prés. Le prodige de la miraculeuse floraison pendant le défilé de la procession qui ramène les reliques de saint Firmin, ne dure pas moins de trois heures1.

Les Bollandistes n’admettent pas le miracle du changement de saison, qui n’est d’ailleurs nullement spécial à la légende de l’invention des reliques du premier évêque d’Amiens. Ils le citent même comme l’exemple frappant de la façon dont l’imagination romanesque d’un chroniqueur peut dénaturer les épisodes rapportés par ses devanciers2. Ils proposent de rechercher l’origine de cette croyance populaire dans les trois mots, — Flos pro nive, — de l’inscription accompagnant les principaux traits de la vie de saint Firmin représentés 'sur les panneaux de la châsse en or massif, merveille d’orfèvrerie du xne siècle, qui renferma les reliques jusqu’à la Révolution.

L’auteur de l’inscription aurait simplement voulu rappeler que, suivant la tradition, il ne neigea pas le jour de la cérémonie du 16 janvier et qu’on parsema le sol de fleurs, ce qui paraît déjà suffisamment extraordinaire pour ces temps reculés 3.

1. Acta Sanctorum. Septembris. T. VII, p. 34. Sermo de inventione et translatione beati Firmini episcopi. — C. Lecointe. Annales ecclesiastici Francorum. T. IV, p. 181. — Vincent de Beauvais. Spéculum historiale.

Lib. XVI, cap. 90. — Petrus de Natalibus, Catalogus sanctorum vitas

annectens, Lib. II, cap. 70, ont reproduit le sermon de l’invention des reliques.

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