‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 49 sur 246 · Histoire des Institutions politiques, T, III, p · texte numérisé non relu

Histoire des Institutions politiques, T, III, p

dans l’enceinte dé la ville épiscopale de deux églises, n’a donc rien que de très vraisemblable 1. L’une de ces églises, placée sous le vocable de saint Pierre et de saint Paul, aurait abrité les reliques de saint Firmin le Confesseur. L’autre, dédiée à la bienheureuse Vierge Marie, reçut, toujours d’après la tradition, les corps saints des martyrs Firmin, Ache et Acheul. De la première, il n’a jamais été fait mention que dans les Acta. La seconde, est très probablement la double basilique citée en 850, dans la charte d’Angilvin, le premier document historique présentant quelque apparence d’authenticité. La basilique de Sainte-Marie et de Saint- Firmin2 devait occuper, sur l’emplacement de la grande nef de la Cathédrale actuelle, le lieu très voisin de l’enceinte fortifiée qui se trouve généralement être la situation de la principale église de toute ville épiscopale, au moyen âge. Ce qui tendrait à prouver que les premiers évêques, mis en possession de terrains affectés pendant l’époque gallo-romaine, à une destination administrative, partout la même, auraient installé leur résidence sur ces terrains contigus à l’enceinte fortifiée et y auraient construit l’église cathédrale.

Si loin que nous pouvons lire dans l’Histoire de l’Église d’Amiens, non seulement nous la trouvons affranchie de l’hommage soit au roi, soit aux comtes, ses représentants,

1. Acta Sanctorum. Januarii, T. I, p. 706. Salvius Ambiant basilicas erexit alteram nomine principum apostolorum in qua reliquias sancti Firmini confessons collocavit, unde et ilia nomen sancti Firmini accepit; alteram beatissimæVirginis in quâ posait corpus sancti Firmini martyris.

2. Cartulaire du Chapitre de la Cathédrale d'Amiens, T. I, p. 73 v°. Donamus ad sacrosanctas basilicas Sancte-Marie et Sancti-Firmini martyris in Ambianensi civitate ubi ipse preciosus martyr in corpore quiescit. Une charte de 1069 ( ibidem , T. I, p. 71), mentionne la donation faite : ecclesie sancte Dei genitricis Marie et beatissimi martiris Firmini. Une autre [ibidem, T . I, p. 70) e'galement une donation: ecclesie Dei genitricis ac perpetue Virginis Marie sanctique Firmini martiris.

ÉPOQUE MÉROVINGIENNE

mais nous voyons les comtes lui rendre précisément cet hommage, qui créera plus tard à Philippe-Auguste une situation tout exceptionnelle vis-à-vis de l’évêque L

Le comté d’Amiens relevait des évêques. « Je ne doute pas, écrit du Gange1 2, que la dévotion de nos rois, et peutêtre du roi Dagobert lui-même, envers saint Firmin n’ait donné lieu à cette mouvance extraordinaire, et qui ne s’explique pas. » Il ne serait pas impossible cependant qu’elle résultât de l’inféodation par l’un des évêques, au profit du comte représentant du pouvoir royal, des terrains compris dans l’enceinte du castellum qui forment enclave au milieu de leur domaine suburbain et pour lesquels le comté aurait été tenu, envers l’évêché, de l’hommage que tout homme de fief doit à son suzerain.

Le comte.

Les rois mérovingiens ne suppriment pas les rouages administratifs qu’ils tiennent des Romains. Dans chaque civitas, l’Empire avait un représentant que la monarchie franque conserve et dont elle développe les attributions. Le territoire soumis à la juridiction de ce personnage appelé cornes (le comte), n’est pas désigné tout d’abord par le terme comitatus (le comté), qui signifie plutôt l’ensemble des pouvoirs dévolus au comte, que la circonscription. Toutefois l’ancienne civitas devenant le payas, il en résulte que le paçjus mérovingien n’est plus, comme le payas gallo-romain une division de la civitas, mais bien l’équivalent de la

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