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CHAPITRE VII

LES COMTES D AMIENS

I. Les premiers comtes. — Les missi dominici. — Le comte Bérenger.

— Angilvin bienfaiteur de l’Église d’Amiens. — Louis le Débonnaire à Amiens. — L’évêque Jessé. — Le comté d’Amiens attribué à Charles le Chauve. — IL Les Normands. — La prospérité de la ville les attire.

— Invasions successives. — Bataille de Saucourt. — Occupation prolongée de la vallée de la Somme. — Rollon obtient une partie de la Neustrie.

— L’invasion de l’année 925. — Terribles conséquences du séjour des Normands. — III. Les comtes de la Maison de Vermandois. — Herbert II perpétuellement en lutte avec le roi et avec les grands. — La ville épiscopale et le Castellum. — L’enceinte fortifiée. — Eudes fils d’Herbert IL

— Les troupes royales assiègent Amiens. — Le comté est confisqué et attribué au comte de Ponthieu — Intervention du comte de Flandre. — Second siège d’Amiens. — Gaultier de Pontoise obtient le comté. — IV. Les comtes du Vexin et de Pontoise. — Gaultier I, Gaultier II, Dreux, Gaultier III. — La paix jurée par les villes d’Amiens et de Corbie.

— Raoul, comte de Crépy. — Le comte Simon se retire dans le cloître.

— Yves et Guy. — Les exactions des vicomtes. — Premières tentatives de résistance de la part des notables bourgeois. — Enguerran de Boves.

Les premiers comtes.

Pour maintenir les comtes et les évêques en l’obéissance, pour transmettre les ordres et faire exécuter les volontés du souverain, la royauté carolingienne institua les missi dominici, — envoyés du maître, — qui parcouraient les provinces divisées en ressorts d’inspection. Ils voyageaient généralement deux par deux et se trouvaient défrayés de tout chez

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ceux-là môme dont ils contrôlaient l’administration. C’était l’usage d’associer pour ces tournées un ecclésiastique — le plus souvent un évêque ou un abbé — et un laïque choisi parmi les grands.

Plusieurs arrêtés royaux portant nomination de misai nous sont parvenus : celui entre autres de Louis le Débonnaire, désignant l’évêque d’Amiens Ragenaire et le comte Bérenger pour visiter, en 823, les quatre évêchés de Noyon, d’Amiens, de Thérouanne et de Cambrai b 11 existe une ordonnance semblable signée de Charles le Chauve (853). Les pagi de la France septentrionale y sont partagés en douze inspections (missaticœ) et le groupe des missi envoyés dans les pagi de l’Amiénois, du Ponthieu, du Vimeu 1 2 comprend quatre personnages : les évêques Paul et Ililmerade, les laïques Herluinus et Hungarius. Ililmerade était évêque d’Amiens 3.

Ainsi que la plupart des histoires antérieures au xie siècle, celle des premiers comtes d’Amiens offre un ensemble assez informe de rapprochements et d’inductions, à l’aide desquels on voudrait vainement établir un récit authentique et suivi. Malbrancq 4 imagine, sur les données de vieilles chroniques peu dignes de foi, un Artus, roi de Bretagne, s’emparant des régions de Thérouanne et de Boulogne et y établissant, avec le titre de comte, son neveu Leodegavius

1. S. Baluzius. Capitularia regum Francorum. T. I, col. 641. Super quatuor vero episcopatus qui ad eatndem diocesim pertinent, id est Noviomacensem, Ambianensem, Tarvanensem et Camaracensem , Ragenarius episcopus et Berengarius cornes.

2. Ibidem. T. II, col. 69. Paulus episcopus, Hilmeradus episcopus, Herloinus, Hungarius missi in Rotmense,Tellau (comté d’Eu), Vitnau,Pontiu, Ambianense.

3. Hilmeradus, évêque d’Amiens de 849 à 871, mentionné dans Hariulf, Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier, Liv. III, ch. XII, Édit. Lot. p. 122. — J. Sirmondi. Opéra. T. III, p. 74.

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