‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 55 sur 246 · Frodoardi. Chronicon. Loc. cit., T. VIII, p · texte numérisé non relu

Frodoardi. Chronicon. Loc. cit., T. VIII, p

LES COMTES I) AMIENS

Lothaire, prenant prétexte de la minorité de son petit-fils et successeur, se saisit de tous ses domaines et en investit Gaultier de Pontoise, dont la mère Eldegarde était la fille d’Herbert II. Son but était sans doute de réfréner les prétentions que la Maison de Vermandois pouvait faire valoir, et d’opposer au Flamand, qui en avait été dépouillé, un prince puissant comme le comte Gaultier, dont l’extraction d’ailleurs était fort illustre1.

Sur ces entrefaites, aidé de Thibaut le Tricheur, comte de Ghartres, le roi cherchait à s’emparer de la Normandie au détriment de Richard, que ses contemporains ont surnommé Richard sans Peur. Le duc de Normandie invoque le secours du danois Harold ; les pirates de ce dernier remontent la Seine et commettent de si horribles dévastations jusqu’aux portes de Paris que Lothaire et son allié sollicitent la paix. L’archevêque de Rouen s’interpose entre les belligérants et obtient que des conférences préliminaires s’ouvriront à Amiens :

« Et fust la concorde et li biens » Tout droit à la cité d’Amiens.

» Li arcevesques a tramist (négocié)

» Et le jour à Amiens lor mist. »

Richard sans Peur se disposait à aller au rendez-vous quand viennent devers lui deux cavaliers qui le supplient de s’abstenir,

« S’il ne voloit c’on li tuast ; »

Le duc

« arrière tost retournast »

et témoigna sa reconnaissance aux messagers qui lui sauvaient la vie, en leur distribuant une précieuse épée ayant appartenu à Harold et des bijoux de grande valeur.

« Et le parlement fust remis » 2.

Page 1