Du Cange. Histoire de l’État et des Comtes , p
2. Cartulaire du Chapitre, T. I, p. 76, Ch. lxxxi. Nos disponente Deo
comités Ambiants Guido scilicet et Yvo
3. La vicomté comprend alors aussi bien le ressort judiciaire dans lequel tel seigneur adroit de justice moyenne et basse que le ressort de perception
LES COMTES D’AMIENS
leurs lieutenants, à la fois juges, percepteurs, administrateurs civils et politiques qui agissaient en leur lieu et place, comme jadis les comtes non héréditaires agissaient au nom du roi. Obligés au service des plaids, les vicomtes exerçaient la justice et connaissaient, au moins en première instance, des délits et des crimes n’emportant pas la peine de mort. C’était à qui chercherait à se soustraire à leur juridiction, tant ils abusaient de l’autorité. L’Église d’Amiens avait récemment affranchi ses domaines des environs de Conti 1 de leur odieuse domination, mais les vassaux du comté, livrés à ces prévaricateurs, ressemblaient « au peuple d’Israël opprimé par Pharaon ! » 2
L’action de vol intentée sans partie plaignante et l’accusation sans témoins pour une prétendue trouvaille d’objets enfouis ou sans maîtres, que le droit féodal attribuait au seigneur, tels étaient, dans la ville et dans le comté, les moyens d’extorsion en usage chez les vicomtes. Le prévenu absous par l’un deux pouvait être accusé, jugé et condamné par d’autres.
Rien de plus intolérable, rien de plus contraire aux traditions municipales gallo-romaines, tombées en désuétude,
de droits utiles de tonlieu, de travers, de forage et autres. Dans la charte, pro vicecomiiatu de Valo ( Cart . du Chapitre, I, p. 58, Ch. lxii) comme dans celle de pigneratione vicecomitatus de Belvaisis ( ibidem , I, p. 65, Ch. lxx) , il s’agit de l’exercice du droit de justice. Dans celle de vicecomitatu in villa de Ver et de Saleu et de Mes ( ibidem , p. 56, Ch. lx), il semble qu’il soit plutôt question de droits utiles. Ces chartes sont de la première moitié du xne siècle.
Aucun document ne donne mieux l’idée des droits utiles « de travers, de tonlieu, de paverage, d’étalage » appartenant aux vicomtes que l’énumération « des droictures et seignouries appartenans à la viscomté de la ville de Doullens », au xine siècle. — Arch. municipales de Doullens. Cartulaire, f° cxv recto au f° vixx verso.