CHAPITRE VIII
LA RÉVOLUTION COMMUNALE
I. Les origines de la révolution. — Premiers actes de fédération. — Les villes de la région s’érigent en communes. — Amiens imite leur exemple. — Les pouvoirs féodaux. — L’évêque saint Geoffroy, le comte Enguerran, le vidame Guermond, le châtelain Adam. — II. Les hostilités. — La tour du Castillon. — Enguerran allié du châtelain. — Thomas de Marie. — Découragement de saint Geoffroy, sa retraite à la Chartreuse, son retour. — Intervention du roi Louis VI. — Le siège de la tour du Castillon. - — Mort de saint Geoffroy. — III. La capitulation. — Les assiégés se rendent après deux années d’investissement. — Ruine du Castillon. — La paroisse de Saint-Firmin-en-Castillon. — La maison d’Amiens. — Le comté restitué à Adèle de Vermandois.
Les origines de la révolution.
Quand s’ouvre le xne siècle, un besoin universel de réforme politique agite, à différents degrés, la population des villes; Augustin Thierry1 définit ainsi les tendances de ce mouvement dont le ressort est partout le même : raviver les souvenirs de l’ancien ordre civil, rallier tous les débris épars de l’existence municipale et les fixer par une nouvelle constitution ; ressaisir, de gré ou de force, le droit de juridiction urbaine ; substituer aux offices féodaux des magistratures électives ; reconquérir les droits utiles ; ériger enfin l’universalité des citoyens en corporation libre, souveraine,