seulement; les Menapii, 9,000, etc. l
Si renommé que soit leur courage, les Belges coalisés ne parviennent pas à arrêter la marche envahissante des légions romaines qui remportent, sur les bords de Y Axona (l’Aisne), une victoire décisive, à la suite de laquelle César entreprend de poursuivre, jusque dans leurs cités respectives, les peuples ligués contre lui : d’abord , les Suessiones ; ensuite , les Bellovaci et enfin les Ambiant. Ceux-ci n’ayant à opposer que des forces impuissantes à des troupes aguerries et bien disciplinées, se soumettent sans ' résistance, abandonnant tout ce qu’ils possèdent au vainqueur2. — 58 av. J.-C. — Après quoi, César, sans perdre de temps, gagne le pays des Nervii qui luttent, au contraire, avec l’énergie du désespoir, dans une rude bataille sur la Sambre.
César séjourne à Samarobriva , au retour de la seconde expédition en Bretagne. 11 y convoque les États de la Gaule3, suivant la forme voulue par la constitution fédérale, mais un certain nombre de cités ayant négligé de se faire représenter, l’assemblée est prorogée et renvoyée à une date ultérieure. La sécheresse excessive de l’année avait compromis la récolte et rendu le ravitaillement si difficile, que César croit devoir distribuer les quartiers d’hiver autrement
1. Belli gcillici Édit. préc. II. 4. « Bellovacos posse conficere
armata millia centum; pollicitos ex eo numéro electa millia LX
Suessiones polliceri millia armata quinquaginta. ... Ambianos X millia »
2. Belli gallici. Édit. préc. II. 15. « His traditis (Æduis), omnibusque
armis ex oppido collocatis , a b eo loco in fines Ambianorum pervenit, qui se suaque omnia sine mora dediderunt »
3. Belli Gallici Édit. préc. V. 24. Concilioque Gallorum Samaro-
brivæ peracto »
LES ORIGINES DE LA VILLE D’AMIENS
qu’à l’ordinaire, malgré les dangers auxquels seraient exposées les légions dispersées. Afin de n>nnhiT tn ;techoses, il les circonscrit dans un rayon de cent mille romains, ou cent quarante-huit kilomètres, en envoyant une rhc/ !»•- Morini avec G. Fabius ; une autre chez les Nervii , Quintus Cicéron ; une troisième chez /
L. Roscius; une quatrième chez les Rem/, avec T. I. ibionu>, près de la frontière des Treveri ; la cinquième, avec S.dunus et Gotta, chez les Eburones.
Trois demeurent dans la région sud-ouest du Belgium : l’une à Samarobriva même, aux ordres de Trebonius . ! mtr. chez les Bellovaci , sous la conduite de M. Crassus. la troisième commandée par L. Munatius Plancus, au < de l’Oise et de l’Aisne.
A peine les différentes légions sont-elles arrivées dans les cantonnements, que Sabinus et Gotta essuient une défaite terrible, à Aiuatuca (Tongres). La nouvelle de ce désastre modifie les plans de César. Immédiatement, il rappelle Crassus et lui donne la garde des bagages de l'armée, des otages, des archives et des vivres rassemblés dans notre ville; lui-même vole au secours de Cicéron avec 1< de Trebonius, bientôt rejoints par d’autres troupes, inflige une déroute sanglante à ses ennemis et rentre à Samambriva 1 , après une courte et brillante campagne. — Octobre, novembre, 54 av. J.-C1 2. — Puis, comme les dispositions hostiles de la plupart des cités ne lui laissent guère de
1. Christophorus Cellarius. Notifia orbis antiqui. î. p. - H ^ ’ exiguum oppidum fuit in quo totius Galliæ concilium Ca sai < git.
2. Delli gallici Édit. préc. V. ch. 40. « Cœsar, acceptes littrn > ....
statim nuntium in Bellovacos, ad )I. Crassum quæstorem mittit : jubrt celeriter ad se venire » — V. ch. 47. « Crass s
legionemque ei attribuit quod ibi impedimenta exercitusfobsidcs emtatum . litteras publicas, frumentumque omne quod eô toUrand devexerat, relinquebat »
sécurité, il se décide à demeurer, pendant l’hiver, au milieu de ses troupes, répartissant autour de Sqmafobriva les cantonnements des trois légions de Qrassus, de Cicéron et de Trebonius L
Dans cette circonstance ont été très probablement utilisés les camps ou oppidums gaulois, soit de Tirancourt, soit de l’Etoile, soit de Liercourt, soit de Roye,dont la construction, attribuée à tort aux Romains, était de beaucoup antérieure à l’invasion et que les Ambiani avaient vraisemblablement établis pour la défense de la vallée de la Somme. Ces retranchements gaulois, qu’il importe d’effacer, comme beaucoup du même genre, de la liste des traditionnels camps de César1 2, présentent certains caractères de la fortification romaine, mais ils existaient antérieurement. Des fouilles récentes y ont fait découvrir de nombreux vestiges des époques néolitique et gauloise 3.
Le comte d’Àllon ville 4 établit au nord de la ville, et sur l’emplacement de la citadelle, le castrum stativum de la légion qui a hiverné à Samarobriva. Mais César avait le plus grand intérêt à ne point séparer, par le fleuve, le camp retranché de la ville soumise. Les Gaulois l’auraient trop facilement isolé en coupant les ponts. 11 dut bien plutôt
1. Belli gcillici Édit. préc. V. 53. « Ipse, cum tribus legio7iibus,
circùm Scimarobrivam trinis hibemis hiemare constitua et... . totarn hienien ipse ad exercitum manere decrevit »
2. Colonel G. de la Noe. Bulletin de géographie historique et descriptive, du Comité des Travaux historiques. - - Compte rendu des fouilles exécutées dans diverses enceintes fortifiées de la vallée de la Somme. Paris. 1891.
3. Bulletin de géographie historique et descriptive publié par le Ministère de V Instruction publique en 1891.-— Compte rendu des fouilles exécutées par M. Vauvillé dans diverses enceintes fortifiées de la vallée de la Somme.
4. Comte d’Allonville. Dissertation sur les camps romains de la Somme. 1828, p. 60.
LES ORIGINES DE LA VILLE D’AMIENS. 13
prendre position sur les pentes qui dominant la rive g a H-Inde l’Avre, dans le Quadrilatère que circonscriront ; - / nettement, au moyen âge, les limites de la paroisse S Firmin-en-Castillon ', que Dom Grenier propose de boi lei « par la Longue Maisière, la rue de Vi B
liage, la rue du Beffroi » et dont le centre été le milieu de la place de l’Hôtel de Ville.
Ce quadrilatère est demeuré, à travers nage du maître de la cité. Les représentants des empen i y jetteront les fondements de colossales constructions dont on a retrouvé les vestiges chaque fois que la pioche a -«•v iles profondeurs de cette portion du vieux sol amiéimis . h ■> chefs Francs y succéderont aux Romains; les Comtes y - accéderont aux Francs; la Commune triomphante y >ue. a aux Comtes. Chaque génération apportant sa part d’ali ivions, de ruines, d’incendies, de remblais, le sol vierge, sur lequel reposent les constructions contemporain* -s des Césars et que les soldats de Trebonius et ceux de Crassus foulaient, il y a vingt siècles, se trouve actuellement a muprofondeur variant de sept à onze mètres.
Une dernière tentative de résistance, à laquelle les \ mbiani prennent part1 2 3 * * *, n’ayant point eu pl us de succès que les précédentes, la conquête de la Gaule s’achève. — M a\ . J.-C. — Dès qu’au bruit des armes a succédé le silence de la soumission, les Romains organisent leur domination et César, aussi habile politique que capitaine expérimente, traite les vaincus avec modération. Il visite, l’une apres l’autre, les cités du Belgium plus remuantes, plus hostiles,
1. Arch. hospitalières d’Amiens. A8, 1416. Voir la planche III.