Aug. Thierry, loc. cit. , T. I, p
Amiens appartient à la hanse de Londres, elle-même affiliée à la célèbre ligue hanséatique dont Hambourg, Lübeck, Anvers, Novogorod avaient pris l’initiative et qui monopolisa le commerce de l’Europe entière. Les rois d’Angleterre et d’Écosse défendent l’arrestation pour dettes des sujets amiénois dans l’étendue de leurs royaumes, et la commune de Londres les autorise à décharger et à emmagasiner dans le port de la cité les marchandises dont ils trafiquent et notamment la guède. 1237.
On jugera de la réputation des produits de notre industrie locale par ce fait très significatif que la municipalité de Saumur, où la communauté des marchands avait loué un entrepôt, préféra renoncer à vingt années de location non payées, à raison de dix livres tournois (1,140 francs) par an, plutôt que d’interrompre les relations commerciales, un instant suspendues, parce que les Amiénois n’osaient plus se rendre dans le Maine, craignant d’être arrêtés comme solidaires de la dette. 1270 b
L’échevinage, responsable de la juste distribution du travail, confère l’investiture aux associations volontaires que la nécessité de se prêter un mutuel appui ou l’intérêt ont établi entre fabricants, marchands ou artisans. Les règlements témoignent de l’union profonde et du besoin d’harmonie qui existaient entre les citoyens; sans cette union morale, sans ce besoin d’entente et de concorde, ils ne seraient pas nés et, s’ils étaient nés, ils n’auraient pu subsister.
Le groupement des gens vivant de la vente et de l’achat est un phénomène si naturel, dans un état social organisé comme celui du moyen âge, que l’on ne doit pas craindre de se tromper en affirmant que partout il s’est effectué très tôt.
1. Aug. Thierry. Monuments inédits , T. I, pp. 177, 219, 801, 804. — Arch. mun , Reg. AA 5, p. 23.