Ibidem, AA 5, p
4. Ibidem, AA 5, p. 28 v°. 1255. Petrus de Yvreigny clericus emisset
quandam domum lapideam sitam Ambianis in vico Sancti Dyonisii.
AMIENS AU XIIIe SIÈCLE.
tectural, à en juger par celle qui subsiste encore rue Saint- Martin et que Viollet Le Duc a citée comme un type intéressant de la structure alors en usage pour les habitations. Elles contrastent avec l’ensemble des bâtiments publics et privés pour la plupart édifiés en bois, couverts <t d’orbe, de rost et d’esteulle » 1 qui donnent à la ville un aspect très pittoresque. La tuile est encore rare et l’ardoise à peine connue.
Les Lombards, banquiers de l’époque, ont installé un Change 2 rue de la Fourbisserie (rue Flatters), au centre du quartier des affaires. La Halle :3, située place du Castillon, abrite sous son toit rustique les eswars chargés de vérifier la qualité des produits de l’industrie locale et de les estampiller du sceau de la corporation avant de les livrer au commerce.
Les bouchers tuent les animaux à CÉcorcherie et débitent la viande aux Mais eaux 4 situés sur la place du Marché, entre la rue Saint-Germain et la rue des Chaudronniers. Ils sont tenus de se conformer, dans l’exercice de leur état, à des règlements de police qui dénotent un réel souci de l’hvgiène. Également sur la place du Marché, entre la rue des Fèvres (des Orfèvres) et la rue Saint-Germain, se trouve rEstaple 5,
d. Ibidem. Comptes 1386-87, pp. 8b, 89. Acat d’erbe et d’esteulle convertie à couvrir le tour lez la tour de Mailli. — A Fremin de Morchie
pour 6 jours qu’il ouvra aux couvertures d’erbe et de rost aux halles
2. Ibidem, AA b, p. 26 v°. 1309. Duas domos sitas Ambiants in
vico per quem itur de Sancto Martino in Burgo ad Scambium Ambianorum.
3. Arch. hospit. A b, p. 33 v°. La rue qui mène des Vergiaus as Haies.
4. Arch. mun. AA b,p. 12 v°. 1293. « Suprà tenemento Ricaldis deConty sito ante escorcheriam supra Merderon. — AA 13, p.26. 1281. Ordonnance sur le métier des bouchers des grans et petis Maiseaux.Du Cange : maiselli ubi venduntur carnes in foro Ambianensi.
b. Arch. mun. AA b, p. 2b v°. 1280. Medietatem in tribus essopis
sitis Ambiants in Stapula. — Arch. hospit. A b, p. 20 v°. « La maison qui fait le touquet de l’estaple et de la rue des fèvres. »
rendez-vous des négociants flamands qui viennent acheter les vins de Gascogne, de Beaune et d’Espagne, que les navires aux lourdes voiles débarquent en quantités considérables au Crotoy L De plus il s’y fait un commerce important de vins du crû amiénois, car les vignobles de Saint-Ladre (La Madeleine), de Saint-Pierre, de Saint-Acheul et d’autres situés autour de la ville produisent d’abondantes récoltes, ainsi que nous aurons l’occasion de le dire en traitant de l’alimentation au xve siècle.
Les plus belles caves pratiquées sous le vieil Amiens ont été construites aux xme et xive siècles. Elles servaient de magasins et ce n’est pas la moindre des curiosités que nous ait léguées le moyen âge. Plusieurs sont très remarquables; les unes sont voûtées en plein cintre, d’autres affectent la forme ogivale et présentent les caractères architectoniques de l’art le plus pur. Celle dont la voûte est supportée par une colonne centrale avec chapiteau sculpté au n° 25 de la rue Flatters, celle également à deux nefs avec trois colonnes du n° 4 de la rue André, celle tout à fait monumentale qui existait encore il y a peu d’années à l’hôtel du Berceau d’Or, place de l’Hôtel-de-Ville, méritent une mention spéciale.
La plupart des églises paroissiales datent de si loin qu’il est impossible de pénétrer le secret de leur origine et le motif qui les a fait placer sous le vocable de tel saint, plutôt que de tel autre. Elles se touchent. 11 semble qu’on les ait jadis construites, non pas selon les besoins de la population, mais en raison du saint qu’on voulait honorer. Quelques vers extraits d’une vie inédite de saint Dominique, composée en dialecte picard, peut-être par un religieux du couvent des Jacobins d’Amiens, dénotent, malgré tout, une certaine
1. J.-M. Richard. Mahaut comtesse d’Artois et de Bourgogne. 1302- 1329, p. 145. « Le grainde partie des boins vins qui sont venus au Crotoy a esté menée à Amiens ad markans d’Amiens. »
indifférence religieuse au milieu de cette forêt de clochers, qui répandent à certaines heures sur la ville, le pieux concert de leur carillon :
L’en puet bien sonner à l’église Matines et la messe apriès.
Mais de ceux y aura adiès (toujours)
Ki ja (jamais) les pies n’i porteront Ke (parce que) pas acoustumé ne l’ont 1
Chacune des églises a son cimetière. Cependant il existait un lieu de sépultures commun à toutes les paroisses dans les terrains dépendant derabbayedeSaint-Martin-aux-Jumeaux. Ce cimetière, compris dans l’enceinte agrandie, fut abandonné à la tin du xme siècle et remplacé par le cimetière de Saint-Denis, après que le mayeur Jehan de Saint-Fuscien eut acheté, rue de Saint-Acheul, un immeuble amorti par lettres du roi Philippe le Long (1316) et qui, considérablement augmenté peu d’années après, devint la grande nécropole amiénoise 2.
Voici, en commençant par le nord, la nomenclature des églises ou « moustiers » : Saint-Pierre-outre-Ponts 3, Saiut- Maurice-au-Faubourg 4 5, Saint- Sulpiceh , Saint-Leu ou Saint-
1. Biblioth. nationale. Manuscrits. Légende de saint Dominique en dialecte Picard, xme siècle, vers 20 et suiv.
2. Arch. mun. AA 1, p. 126 v°. — Pagès. Mns, Édit. préc.T. I, p. 126.
3. Arch. dép. Cart. du Chapitre. T. I, p. 1, ch. 1. 1150. « Domines de
parochia sancti Pétri infra calceiam de Renisvilla (Rainneville) »
Ibidem, T. I, p. 195. « Ecclesia beati Pétri quæ est ultra pontem .. . »
4. Ibidem, T. I, p. 49. « Terram abbatie Sancti Mauricii in suburbio
Ambianorum sitam »
5. Ibidem , I, p. 102 v°. « Iste sunt parrochie que libéré subsunt ecclesie
Ambianensi et quarum presbiteri a decano etcapitulo curam recipiunt
in Ambianensi civitate : sancti Michaelis, sancti Remigii, sancti Sulpicii (justà Ambianum) sancti Jacobi et capella sancti Laurent ii et ecclesia de Camuns (Camon), » de 1174 à 1192.
Loup', Saint-Germain Saint-Firmin-au-Val2, Saint-Martinau-Bourg 3, Saint- Remy 5, Saint- Firmin-le- Confesseur 3, Saint-Nieolas 4, Saint-Firmin-en-Castillon \ Saint-Jacques 5, Saint-Michel 5, auxquelles s’ajoutent : la chapelle Saint- Montan 6, territoire de Saint-Maurice ; la chapelle de Saint- Valéry 7, au faubourg Saint-Michel ; la chapelle de Saint- Laurent8, au faubourg Saint-Remy, et celle du prieuré de Saint-Denis-des-Prés 9.
Enfin, dominant les abbayes, les églises, les couvents, tous
1. Arch. hospit. Cart. de rHôtel-Dieu. A4, p. 43 et suiv. 1276. (Legs
Bethisy). « Supra domum Johannis ad Canes rétro ecclesiam sancti
Lupi. » — L’église de Saint-Leu est desservie par les religieux de Saint- Martin-aux-J umeaux.
2. Cart. de l’abbaye de Saint-Jean, p. 1. 1137. Le pape Innocent confirme la possession : « Altare scilicet sancti Germani et sancti Firmini de veille. »
3. Arch. hospit. Cart. de l’Hôtel-Dieu, A 3, pp. 64 et 65. 1218. « Cum inter
hospitalariam domum ambianensem, ex una parte, et Johanem de Mons cappellanum beati Firmini confessons Ambianensis, ex alia discordia orta fuisset super domo que fuit Stepliani de Mons in vico sancti Martini in burgo »
4. Cart. de Saint-Martin-aux-J umeaux, p. 56. 1193. « Cum canonici sancti Nicholaï innovare ecclesiam suam decrevissent propter angustiam.. »
5. Arch. mun., AAI, p. 155. 1209. Cession de terrain. « ln Castellioîie, ante monasterium sancti Firmini martyris .... »
6. Cart. du Chapitre, T. II, p. 295, ch. cccxix. 1244. « Iter arripiat
eundi ad Furcas et ibi quantulacumque statione per acta, per ecclesiam
sancti Montani sub eodem scemate revertatur. »