‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 9 sur 246 · Strabon. IV, ch. 6, p. 25. Edit. Didot , p · texte numérisé non relu

Strabon. IV, ch. 6, p. 25. Edit. Didot , p

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Agrippa a tracé une troisième route, celle aboutissant à l’Océan, à travers les Bellovaci et les Ambiant.

LES ORIGINES DE LA VILLE D’AMIENS

le centre de toute la région du nord des Gaul<*s et ont contribué à développer la prospérité comm< capitale des Ambiani, qui se trouve être également munication par des chemins secondaires avec de la Somme, de la Selle et de l’Avre.

Cicéron1 parle trois fois de Samarobriva. Il écrit so i ami C. Trebatius, jurisconsulte romain ami rie désir. lequel il fut un instant tribun militaire, et il le plaçante agréablement, pendant son séjour dans la ville pi des Ambiani: « On m’assure que tu deviens un dixiph* d’Épicure ! Oh, merveilleuses stations militaires ! One serait-ce si je t’avais envoyé, non pas à Samarobriva , mai> à Tarente! » Tarente était réputée la ville de plaisirs par excellence.

Ailleurs : « Par Hercule! à toutes les Samarobriva , j •• préférerais un moment d’entretien avec toi. »

Dans une dernière lettre : « On sait que personne, a Samarobriva , n’est plus versé que toi dans la scient droit et il y a lieu de t’en réjouir. »

Saint-Quentin, Cambrai, Vermand, et jusqu’à la petite ville de Bray-sur-Somme, ont disputé à Amiens l’antique héritage de Samarobriva et se sont tour à tour efforcées de revendiquer les origines reculées que le témoignage des meilleurs auteurs et la tradition attribuaient à notre cité*.

Cambrai, éloigné de la Somme et de la Sambre, ainsi que Vermand, situé sur l’Aumignon, ayant été facilement

1. M. Tullii Ciceronis Epistolæ. Ad familiares. Édit. Lemaire.

Lib. VII. EpistolaXII: « Indicavit mihi Pansa meus Epicur i factum. 0 castra præclara ! Quid tu fecisses si te Tamitum , et non Santa brivam, misissem. »

Epistola XI: « Una, mehercule, collocutio nostro pluris omnes Samarobrivæ »

Epistola XVI : « Sed tamen est quod gaudeas constat enini inter otntu > neminem, te uno, Samarobrivæ juris peritiorem esse.

écartés et Bray ne s’appuyant que du témoignage d’Ortelius, la lutte a été réellement circonscrite entre Saint-Quentin et Amiens.

« Croirait-on, s’écrie La Morlière indigné, qu’Ortelius, en son théâtre des villes, eust la pensée de prendre nostre bicoque de Bray-sur-Somme pour Samarobrive! » 1

La ville de Saint-Quentin a rencontré, de notre temps, un champion très convaincu : M. Mangon de la Lande. Bessuscitant les arguments démodés des écrivains du Vermandois, de Charles de Bovelles2, de Hordret3, de Colliette4, entre autres ; rejetant nettement l’autorité de Ptolémée et, par conséquent, les données favorables à Amiens de l’itinéraire d’Antonin et de la carte de Peutinger; prenant pour base de la discussion la distance de cent mille pas qui séparait, au dire de César, la ville de Samarobriva du camp d 'Atuatuca (Tongres), témoin du désastre infligé par Ambiorix aux lieutenants Sabinus et Cotta; plaçant Atuatuca tantôt au pays de Liège et tantôt au pays de Namur ; expliquant, à sa façon, les textes ou les réticences des

1 . Adrien de la Morlière. Les antiquités, histoires et choses plus remarquables de la ville d’Amiens. 3° édit. 1642. In-f°, p. 8.

2. Caroli Boyilli, Samarobrini, liber de differentia vulgarium linguarum. 1533. — Le dernier livre, p 91, est intitulé : Bovilli Samarobrini liber, de hallucinatione Gallicanorum nominum.

3. Hordret. Histoire des droits anciens de la ville de Saint-Quentin.

4. Colliette ( Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique, civile et militaire du Vermandois) est déjà moins affirmatif que l’avait été Charles de Bovelles. « Il nous fait peine, dit-il au cours de sa dissertation, qu’un manuscrit du xme siècle, qui repose dans l’abbaye de Saint-Remi, à Reims, ne soit pas de notre sentiment. » Voici ce qu’il dit en parlant de Rictiovare qui a condamné saint Quentin :

(De martyrio S. Quintini, cap. VJ.

Interea adgrediens urbem, quæ florida Gallos Extiterat, quondam nomen Samarobria gestans Ambianum quam nunc, mutato nomme, dicimt.

LES ORIGINES DE LA VILLE D AMIENS

commentaires, M. Mangon de la Lande affirme q te Sam b riva n est pas la capitale des .\tubiani, mais la rapital** des Veromandui et qu’elle a jadis pi montagne de Saint-Quentin L

En dépit d’une érudition qui séduit par la forme ; d’un style élégant, il ne parvint pas a faire adophu- <on opinion par le monde savant. MM. Brumeau . Rilt* »il* »t de Cayrol1 2 3 4, répondirent victorieusement à ses argiiim-,N et il demeura établi, entre autres choses, que si les di>lane. ■ * indiquées dans les commentaires donnent un semblant déraison à M. Mangon de la Lande, c’est qu’il s’ g du mille romain, mais de la lieue gauloise qui est plus grande de près d’un tiers. Cette interprétation toute >imph\ que l’on s’étonne de rencontrer pour la première fois s<»u> la plume de M. de Cayrol, explique les obscurités d<

Les quartiers d’hiver répartis par César, au retour de l’expédition de Bretagne, se trouvent nettement définis et Amiens est bien Samarobriva.

Sanson, d’Anville, de Thou, l’abbé de Contenu, l’abbé Belley et les auteurs anglais n’en avaient jamais douté.

L’autel votif, récemment trouvé dans des terrassements effectués rue des Jacobins, aurait rendu toute discussion

1. Dissertation sur Samarobriva, ancienne ville delà Gaule. — Sai:.*- Quentin. 1825.

Mémoire en réponse à celui de M. Rigollot sur l'ancienne ville l > Gaules qui a porté le nom de Samarobriva. — Saint-Qm-ntin. Is 27.

2. Rapport sur Samarobriva fait à la Société acailémique de D u .

3. Mémoire sur V ancienne ville des Gaules qui a porte le nom Samarobriva. — Amiens. 1827.

Second mémoire sur V ancienne ville des Gaules qui a porte le Samarobriva. — Amiens. 1827.

4. Samarobriva ou examen d'une question de géogra j tan Amiens. 1832.

Samarobriva ou Saint-Quentin. Notes critiques et géographiques sur la Samarobriva de M. de C. par Ch. Quentin. — Saint-Quentin. 1832.

inutile, si on l’avait connu plus tôt. Le monument de trente-six centimètres de hauteur et d’un prix inestimable

LES ORIGINES DE LA VILLE D'AMIENS. |î»

pour l’histoire de notre ville, porte cette tri-s h'-nniq inscription :

T- MESSIVS SAM AROBRI VA

qu’il faut traduire en ajoutant la phrase cous utiv ; ■■ ,

ex-voto de ce genre, généralement sous-nihmdiH*. . ! <j ,i s’interprète ainsi : T. Messins, originaire de Sinimmbi /. ou simplement, se trouvant à Samarobi son vœu l.

d. L’ablatif est souvent employé, en épigraph . ; de naissance ou d’origine, bien que la forme locative > t j< nominatif est usité également pour signifier Pt un fait quelconque, sans relation, dans ce cas, avec !•• pr. m r m« de la phrase, rinscri[)tiou donnant simplement : l le n m i . accomplissant un vœu; 2° le nom de l’endroit où le vœu >'< st k L’i de Samarobriva se trouve enserré dans la lettre v.

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