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Histoire littéraire de la France. T. XVI, p

2. Ibidem, T. XXI, p. 660. Nicolas indique dans les annales la date de sa naissance: MCXLWU, Nicholaus Ambianensis nascitur qui liane seriem cronicorum digessit. Le manuscrit conservé au Vatican parmi ceux provenant de la reine Christine se compose de 83 feuillets de parchemin à deux colonnes d’une écriture du xme siècle.

3. G. Boudon. Robert de Clari en Aminois. Robert de Clari était seigneur de Cléry-lès-Pernois, fief englobé dans les vastes possessions de la maison d’Amiens.

Il n’existe aucune donnée sérieuse concernant les établissements d’instruction dans lesquels ces clercs, ces bourgeois apprenaient à devenir poètes, chroniqueurs, médecins, théologiens, jurisconsultes b A la primitive école installée près de la résidence épiscopale et sous la surveillance des prélats, dont c’était le devoir strict de veiller à l’éducation de la jeunesse, avaient succédé plusieurs établissements d’instruction répartis dans les différentes paroisses1 2. Ce fut la conséquence toute naturelle de l’accroissement de la population et de la faveur marquée dont les études jouissaient auprès d’évêques érudits, tels que furent la plupart de ceux qui gouvernèrent le diocèse au xme siècle. Geoffroy d’Eu et Guillaume de Mâcon étaient docteurs en théologie.

La plus importante de ces écoles prit naissance au faubourg Saint-Michel, dans les terrains dépendants du prieuré Saint- Denis. Elle fut placée sous le vocable de Saint-Nicolas, 1253.

L’école Saint-Nicolas prospéra. On y mit en pratique l’usage alors très répandu de faciliter les études des jeunes gens bien doués mais dépourvus de ressources, en leur donnant le vivre et le logement.

D’après le père Daire, qui peut-être eut connaissance de quelques comptes annuels d’administration, où les noms des pensionnaires se trouvaient enregistrés, les écoliers se recrutaient non seulement à Amiens, mais à Abbeville, Roye, Montdidier, Montreuil, jusqu’à Arras, Béthune et Tournai.

Depuis la fondation en 1295 du collège de Cholet par le cardinal de ce nom, huit boursiers gradués et étudiants en théologie du diocèse d’Amiens, étaient admis à aller continuer

1. Thibaut d’Amiens enseignait au xme siècle le droit canonique en Italie. Histoire littéraire de la France, T. XVI, p. 77.

2. Le nom de rue de la Vieille Escole, que portait au début du xive siècle, la rue des Jeunes-Matins, prouverait assez que la paroisse Saint-Firminen-Castillon avait fort anciennement été dotée d’une école.

Cf. Daire. Histoire littéraire de la ville d’Amiens, p. 37.

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à Paris les cours commencés à l’école de Saint-Nicolas. Les chapitres de Beauvais et d’Amiens nommaient alternativement le grand maître de ce collège.

L’obligation de conquérir les grades universitaires dans la capitale du royaume y fit affluer les étudiants.

Des quatre nations dont se composait l’Université, la nation de France, la nation de Normandie, la nation d’Angleterre, la nation de Picardie, celle-ci ne fut pas la moins célèbre.

Groupant maîtres et auditeurs comme en une famille, sous la direction d’un procureur, leur élu, la nation Picarde assurait dès le début du xme siècle, aux étudiants de son ressort, le bénéfice de l’étroite solidarité inscrite en première ligne du règlement, pendant les cours des quatre facultés des arts, de théologie, de droit civil et canon, de médecine. Le temps des études se partageait en deux parties : le grand ordinaire, de la Saint-Remi à Pâques, et le petit ordinaire, de Pâques à l’époque des vacances qui duraient tout le mois de septembre l.

Le Biblionomici de Richard de Fournival ferait croire que, vers le milieu du xme siècle, une véritable bibliothèque publique fut établie à Amiens. Un bourgeois exercé dans les sciences mathématiques découvrit, y est-il dit, que le jour de sa naissance répondait précisément, quant à la situation des astres, au jour de la fondation de la ville. Et cette communauté d’origine ajoutant encore au désir qu’il avait de contribuer à l’illustration de sa patrie, il résolut de planter dans ses murs « un jardin où ses concitoyens (civiiatis alumpni) pussent trouver de nombreuses espèces de fruits dont la saveur les conduisît jusqu’au sanctuaire de la philosophie (in sêcrelum philosopliiœ cubiculiim). » La clef

1 . Chartularium Universatis Parisiensis. Édit. H. Denifle et E. Châtelain. 1889. T. II, p. 323. Statuta notabilia Nationis Picardorum quantum ad officiarios omnes et negotia ejusdem Nationis.

de ce jardin est précisément la Biblionomie de maître Richard de Fourni val, catalogue de la collection de livres ou de « fruits » mise à la disposition des savants amiénois.

Le jardin scientifique, pour conserver la métaphore de fauteur, comprenait trois grands carrés distribués euxmêmes en un certain nombre de planches. 11 y avait le carré philosophique, le carré des sciences lucratives, le carré théologique. De leur réunion devait se former l’ensemble de toutes les productions littéraires.

Le carré philosophique était subdivisé en onze planches : grammaire, dialectique, rhétorique, géométrie et arithmétique, musique et astrologie, physique et métaphysique, la suite de la métaphysique et l’éthique, trois planches de mélanges philosophiques, plus les poètes. Chacun des volumes était marqué d’une lettre de l’alphabet, mais comme il y en avait plus de deux cents, Richard avait suppléé à l’insuffisance du nombre des caractères, en variant les couleurs et en adoptant tour à tour les différentes formes de la calligraphie contemporaine. Ainsi l’A servait à distinguer quinze volumes, grâce à cinq couleurs, le bleu, le violet, le rouge, le vert et le noir, distribuées sous trois formes d’écriture qui correspondaient à ce que nous appellerions aujourd’hui la romaine, la gothique et l’italique. Pour mieux fixer la place de chacun des volumes, la lettre dont ils étaient marqués devait être reproduite au dessous, sur la tablette où ils étaient rangés.

Le classement du carré des sciences lucratives, — sans doute celles qui conduisaient à une profession comme la médecine et le droit, — et celui du carré des sciences théologiques offraient le même ordre.

La bibliothèque supposée était riche en traités philosophiques, en livres de médecine et en chefs-d’œuvre littéraires. On pouvait y consulter les écrits d’Aristote et d’Hippocrate traduits d'après les docteurs arabes; des versions latines

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d’Euclidc, de Galien, d’Avicenne; Cicéron, Quintilien, Sénèque, Plaute, Térence, Yitruve ; les poésies de Virgile, d’Horace, d’Ovide, de Tibulle, de Properce. Les traités de médecine étaient fort nombreux ; ce qui permet de supposer que Richard de Fournival avait fondé cette bibliothèque, dont une partie pouvait provenir de son père, le médecin Roger de Fournival b

Établissements charitables

De tout temps, principalement au siècle des croisades, la religion chrétienne inspira aux fidèles la pensée d’accroître le trésor des pauvres, placé sous la sauvegarde des évêques.

Le sentiment de la charité divine et la sollicitude pour « les pauvres membres de Dieu », la pensée des fins dernières, la compassion pour les âmes du Purgatoire, le désir de procurer le salut des âmes en général, portaient irrésistiblement ecclésiastiques, nobles, bourgeois, voire les gens du peuple à se dépouiller au profit des malheureux. Qu’était-ce en effet, sinon une femme du peuple, que cette Agnès abandonnant sa maison à la léproserie, à la veille d’entreprendre, en compagnie de ses deux fils, le pèlerinage de Jérusalem, et stipulant que la maison lui sera rendue pour y finir ses jours, au cas où elle reviendrait du lointain voyage1 2?

La population ouvrière s’est notablement accrue depuis un siècle. La primitive « hospitalerie Saint-Jehan, » installée par les évêques entre la rivière d’Avre et l’église Notre-Dame et Saint-Firmin, ne répond plus aux besoins de la « multitude des pauvres 3 ». Les malades entassés les uns sur les autres

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