‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 93 sur 246 · Histoire littéraire de la France , T. XXIII, p · texte numérisé non relu

Histoire littéraire de la France , T. XXIII, p

2. Arch.mun. AA 5, p. 21. 1270. Agnes Hyerosolimam profectura

3. Arch. hospit., A 3, p. 31 v°. 1233-34. Charte de l’évêque Geoffroy.

dans des salles exiguës et malsaines s’empoisonnent mutuellement ; leur agglomération devient un foyer d’épidémies pour le quartier; les habitants de la paroisse de Saint-Firminle-Confesseur désertent leur église devenue absolument inhabitable, à cause de ce voisinage dangereux. Le clergé et le peuple décident de reléguer l’hôpital où il se trouve actuellement, sur des terrains acquis par Jehan de Croy, et üévêque Geoffroy d’Eu approuve leur détermination b Le changement ne s’est accompli que dans les premiers temps de l’administration de son successeur Arnould.

Le patrimoine des pauvres comprend déjà, outre des dîmes et portions de dîmes à Buires-sous-Corbie, Cagny, Contav, Raineval, Villers-aux-Erables, Wiencourt-l’Équipée, etc., etc., des propriétés déjà considérables à Beaucourt, Bertangles, Regnauval, Talmas et autres lieux; des terrages et des censives dans beaucoup de paroisses et dans presque tous les quartiers de la ville 2.

Geoffroy dote « l’hospitalerie » de statuts nouveaux, en rapport avec le développement de l’institution bienfaisante à laquelle il semble s’être tout particulièrement intéressé.

Une charité ardente, une parfaite sagesse, une prévoyance s’étendant aux moindres détails de la vie religieuse et des soins à prodiguer aux malades, tels sont les caractères de ces statuts, édictés en juin 1233.

Le pape Innocent IV les approuva au concile de Lyon. Sauf quelques modifications insignifiantes, ils ont été successivement adoptés dans la plupart des maisons hospitalières de la région du Nord.

Ce règlement, qui permet de restituer aux établissements

« Hospitalarie Sancti Jolmnnis Ambianensis liospitalitatem et pauperum ibidem confluentium multitudinem diligentius attendentes «

1. Cart. du Chapitre. T. II, p. 286, ch. cccxiv. 1241. Charte d'Arnould.

2. Arch. hospit. A3. Regnauval, sur les terroirs de Vignacourt, Vaux, Flesselles.

AMIENS AU XIIIe SIÈCLE.

charitables d’alors leur physionomie véritable, montre comment l’Église comprenait et mettait en pratique la hiérarchie des services, la discipline intérieure, l’administration des biens, tout, jusqu’aux séances hebdomadaires du conseil chargé de la surveillance et du contrôle des intérêts du pauvre.

L’évêque veut que l’Hôtel-Dieu soit gouverné par deux prêtres et par un clerc instruit et capable. Huit sœurs et quatre frères convers soignent les malades. La communauté statue, à la majorité des suffrages, sur l’admission des frères et des sœurs, qui se lient par les trois vœux de chasteté, d’obéissance et de pauvreté, après une année de probation. Les préceptes, dictés par le prélat aux personnes chargées du soin des malades, résument toute la doctrine évangélique : « Craignez le Seigneur; observez ses commandements; n’ayez qu’un cœur et qu’une âme et mettez vos biens en commun pour le soulagement des pauvres. »

Le maître de l’Hôtel-Dieu, librement élu par la communauté, relève de l’évêque, qui lui donne l’investiture. Il en est de même du procureur chargé des intérêts temporels, ainsi que de la sœur supérieure. Six fois par an, le maître, assisté du conseil, examine les comptes des recettes et dépenses. La récitation des offices est l’objet de dispositions spéciales.

Toutes les semaines, la communauté, réunie capitulairement, expédie les affaires courantes. Ne point obéir à un supérieur entraîne la dénonciation du coupable au chapitre. L’excommunication est réservée à quiconque viole le secret des délibérations; les conséquences de l’excommunication sont le jeûne au pain et à l’eau avec défense de parler à qui que ce soit sans nécessité absolue.

Hommes et femmes occupent des appartements séparés

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