‹ Histoire de la ville d'Amiens (volume 3)Chapitre 95 sur 246 · Monuments inédits. T. I, p · texte numérisé non relu

Monuments inédits. T. I, p

sanitaires, règles d’hygiène, soins de propreté, rien n’est omis.

Le règlement édicté par l’échevinage et imité de celui de l’Hôtel-Dieu, statue sur la conduite de tous les habitants de la maison, clers ou laïcs, hommes ou femmes, sains ou malades, et son exécution est garantie par des peines disciplinaires appropriées à la situation toute spéciale des délinquants.

On prescrit d’abord aux frères et aux sœurs sains ou malades l’accomplissement des devoirs religieux, une entière soumission au directeur de l’établissement, une conduite honnête au dehors et dans la maison.

Défense aux frères ladres de s’approcher du four, de la cuisine, du cellier, du puits, de la grange et, généralement, de tous les endroits où se préparent et se conservent les aliments.

Défense de porter une arme, même un couteau, de jouer aux dés ou à des jeux d’argent.

Les frères sont entièrement justiciables du maître assisté d’un certain nombre de frères, non seulement pour les délits et infractions qu’ils pourraient commettre, mais encore pour les conflits survenant entre eux. Les châtiments en usage sont l’exclusion de l’hospice pour toujours ou pour un temps déterminé, et des pénitences plus ou moins longues, généralement de quarante jours, en silence, au pain et à l’eau.

Les bourgeois de la ville ont seuls le droit d’être admis à « Saint-Ladre » ; les sujets ecclésiastiques n’y sont reçus qu’à titre provisoire. On a reproché au moyen âge l’ensevelissement anticipé auquel il condamnait le lépreux que la société rejetait de son sein, en le séquestrant, du moins dans certaines localités, pour toujours du reste des humains. L’échevinage se montre ici plus clément et les malades peuvent sortir « du moustier » avec l’autorisation du maître.

Rien de lugubre comme la cérémonie d’admission et la messe de Requiem pendant laquelle le lépreux se tient agenouillé en face de l’autel, à l’endroit où l’on a coutume de déposer les morts

L’hôpital de Saint-Lierre fondé par Guérart de Waloy2 et l’hôpital de Saint-Julien 3 datent également du xm* siècle. Quelques années plus tard, sire Liénard le Secq créa celui de Saint-Jacques 4 (1314) et dame Colaye le Monnier celui de Saint-Nicolas-en-Coquerel (1382) 5, dans lequel quarante pauvres devaient être logés, nourris et chauffés sous la surveillance de l’échevinage.

1. Arch. mun. Charte de Saint-Ladre. « Chest l’ordonnance et le règle de le Maladrerie d’Amiens, » édictés « par Jehan le Borgne, maïeur et les e'chevins, le vigille de le Magdeleine l’an mil ccc et v en plain eskevinaige en le grant sale de le Malemaison. »

2. L’hôpital Saint-Pierre a été englobé dans les possessions du couvent des Célestins. Arch. hospit., A 5, p. 1.

3. L’hôpital Saint-Julien, situé en face de l’église Saint-Leu, est cité dans le dénombrement du temporel de l’évêché en 1301. Il était réservé aux femmes et aux enfants. En 1480, l’échevinage y introduisit, pour le soin des malades, les religieuses du tiers-ordre de saint François, dites Sœurs-Grises, chassées d’Hesdin. Les jardins de leur communauté sont en partie occupés par les batiments de la nouvelle école de médecine.

4. L’hôpital Saint-Jacques, aussi appelé de Saint-Lynart (BB 2, p. 192), se trouvait comme le précédent sous la direction de l’échevinage. 11 était surtout destiné au logement des pèlerins. La construction de la citadelle en 1597 ayant amené la ruine de l’église Saint-Sulpice, l’échevinage permit de convertir en église une partie des bâtiments de l’hôpital Saint- Jacques et d’y transférer le siège de la paroisse.

5. L’hôpital Saint-Nicolas-en-Coquerel, accordé comme celui de Saint- Julien aux Sœurs-Grises exilées d’Hesdin, se confondit dès lors avec leur couvent, situé à l’extrémité ouest de la rue actuelle Saint-Germain.

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