‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 10 sur 197 · E. Soyez. Notice sur les évêques d'Amiens, p · texte numérisé non relu

E. Soyez. Notice sur les évêques d'Amiens, p

3. La Décade, an X. N° 20. « Les nommés Aubrelicque, Bertrand et Guilbert, prêtres insoumis, détenus quelque temps au dépôt de mendicité, sont conduits à la frontière par la gendarmerie. »

4. Arch. mun. D2 Corresp. an VH-an VIII p. 190. 13 messidor an VIII. Le maire au préfet. « Je vous transmets les rapports des commissaires de

LK CONSULAT

Les assermentés ou constitutionnels, relevant (Je 1 evêque Desbois de Rocheforl, conservent la disposition de l’église cathédrale, de l’église Saint-Leu, de l’église Saint- Honoré.

La municipalité séparait les cultes ; « c’était la meilleure garantie de la décence, de la paix et de l’union 1 ». Ces deux cultes, constitutionnel et réfractaire, étaient divisés par une trop vive animosité, et en même temps l’analogie était trop étroite entre leurs cérémonies, pour qu’une cohabitation matérielle fût possible. 11 va sans dire, en effet, qu’il y avait idendité de liturgie et que les offices proprement dits ne différaient point d’une communauté à l’autre. Les dissemblances étaient reléguées dans les affiches où les constitutionnels usaient du calendrier républicain et de la qualification de citoyen. Le ton des sermons révélait aussi fréquemment des dissonnances, car les prédicateurs constitutionnels faisaient plus volontiers vibrer la corde patriotique et recommandaient une soumission plus exclusive au gouvernement.

police touchant le citoyen Degove, ci-devant curé de Saint-Leu. Vous y verrez qu’il ne peut y avoir d’inconvénient à faire tomber sur lui les marques d’indulgence du gouvernement. La rentrée de ce curé ne causera aucun trouble. »

Ibidem. Délib. de l’administration municipale du 5 nivôse an VIII . « Vu la pétition des habitants de la rue Saint-Jacques ; vu l'arrêté des Consuls du 7 de ce mois ; ouï le commissaire du gouvernement, l'administration municipale arrête que les pétitionnaires seront libres d’exercer le culte dans cette église. »

1. Arch. mun. Délib. du 15 messidor an VIII (4 juillet 1800). Statuant sur la pétition de plusieurs habitants de la paroisse de Saint-Germain, demandant à exercer le culte dissident à des heures différentes de celles autorisées pour le culte orthodoxe, l’administration municipale n'accorde pas : « la concentration de chaque culte dans un édifice distinct, est le moyen le plus efficace pour conserver la paix et l’union dont cette commune a toujours goûté les heureux fruits. »

L’obligation de tenir les portes fermées pendant la célébration des offices \ et de ne pas faire usage des cloches, subsiste dans toute sa rigueur. On ne tolère aucune manifestation extérieure. Dans une admirable page, Chateaubriand, parlant de son retour à Paris, au printemps de 1800, fait passer en l’àme du lecteur l’impression que lui donnent les tours muettes et les clochers silencieux, qui laissent planer dans Pair le deuil d’un éternel Vendredi- Saint.

Les fidèles se portaient en foule aux offices que célébraient les non-sermentés ; les églises réservées aux assermentés étaient à peu près désertes, et les cultes rivaux voisinaient dans des sentiments de profonde aversion 1 2.

Desbois de Rochefort, ami personnel de l’abbé Grégoire, qui était un ardent champion de la Constitution civile, rêvait encore un rapprochement, et, dans ce dessein chimérique, il vint à Amiens, au mois d’avril 1800, pour présider un synode auquel il avait convié les prêtres

1. Arch. mun. Délib. du 15 messidor an VIII. « Les citoyens qui se réunissent, dans la chapelle du ci-devant Oratoire, laissent la porte

ouverte Les signes des cérémonies et les costumes sont ostensibles

au public contravention aux articles 13, 16, 19 de la loi du 7 vendé-

miaire an IX. » Ordonné que la porte extérieure de cet édifice ne sera pas ouverte pendant la célébration du culte, sous les peines portées par ces articles de loi.

2. Arch. mun. D2 Corresp. 1800-1802 p. 63. 4 nivôse an IX (25 décembre 1800).

« Lettre d’un mari à sa femme ou le petit bout de l’oreille découvert. A Amiens. De l’imprimerie de Caron-Berquier. an IX. « Depuis que nous sommes ensemble, madame, la paix régnait dans notre petit ménage. Depuis le retour d’Allemagne de votre directeur céleste, vous ne

voyez plus en moi qu’un hérétique, un schismatique Je suis les

principes de certains personnages que vous appelez intrus, usurpateurs.... Votre directeur vous l’a dit, et déjà parce que je ne pense pas comme vous, je vous vois toute changée..,. »

LE CONSULAT

orthodoxes et les prêtres constitutionnels. Ceux-ci répondirent seuls à son appel, et l’assemblée n’eut d’autre résultat que la rédaction d’une adresse au pape Pie VII, adresse empreinte d’une invincible obstination dans l’erreur L Sur ces entrefaites, les pourparlers entamés avec la Cour de Rome ayant abouti, un Concordat fut signé le 15 juillet 1801. Le Concordat rétablissait la religion catholique en France, dans son unité et dans sa hiérarchie, décrétait une nouvelle circonscription des diocèses, garantissait leur droit de propriété aux acquéreurs de biens nationaux, et stipulait qu’en échange l’État doterait l’Église et son clergé. Les édifices anciennement consacrés au culte catholique étaient remis à la disposition des évêques, à raison d’une église par cure et par succursale.

L’impression de soulagement fut générale chez les catholiques, quand ils apprirent que la solution tant attendue s’était précipitée en quelques jours. Leur satisfaction était trop vive pour s’arrêter à des objections de détail. Les articles organiques, destinés à soulever bien des polémiques au xixe siècle, passèrent presque inaperçus aux yeux d’hommes pressés de jouir de la paix religieuse.

Le diocèse d’Amiens, inscrit dans la bulle Qui Christi Domini , donnée le 29 novembre 1801, comprit les départements de la Somme et de l’Oise. Les évêchés de Noyon, de Beauvais et de Senlis disparaissaient, mais l’évêque d’Amiens joindrait désormais à son titre celui d’évêque des églises de Noyon et de Beauvais, dont on ne voulait pas laisser périr la mémoire1 2. Il résultait des dispositions

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