‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 11 sur 197 · E. Soyez. Notices sur les évêques d'Amiens, p · texte numérisé non relu

E. Soyez. Notices sur les évêques d'Amiens, p

2. Le 22 août 1822, un bref du pape restreignit aux limites du département de la Somme, le territoire soumis à la juridiction de l’évêque d’Amiens. Le 6 octobre de la même année, la bulle Patemæ pietatis sollicitudo replaça l’évêché d’Amiens sous le métropolitain de Reims, et rétablit l’évêché de Beauvais.

concordataires qu’aucun prélat ne serait replacé dans le diocèse occupé par lui avant 1789. Déférant au désir du Souverain Pontife, Mgr de Machault se démit de ses fonctions. Il rentra en France et fixa sa résidence auprès de son frère, qui habitait le château d’Arnouville en Seine-et- Oise h Desbois de Rochefort résigna également sa charge.

Mgr de Villaret1 2, nommé à l’évêché d’Amiens le 9 avril 1802, prit possession le il juillet. L’ordre et l’appareil du cortège des autorités civiles et militaires et du clergé, qui l’accompagna du palais épiscopal à la cathédrale, eurent un éclat prodigieux 3. Mgr de la Tour d’Auvergne, récemment nommé évêque d’Arras, reçut le prélat au seuil du monument. Un séjour prolongé dans notre cité, où il exerça le ministère aux plus mauvais jours de la Révolution, lui avait acquis des droits à cet honneur. Nicolas Quinette dit à Mgr de Villaret, en lui remettant les clefs de l’église :

« Monsieur l’évêque, j’ai l’honneur de vous remettre les clefs de l’église confiée à vos soins et à vos vertus.

« En ce jour mémorable, toutes les volontés sont accomplies et tous les désirs sont satisfaits.

« Nommé par le Premier Consul, institué par le Souverain Pontife, vous apportez l’union dans le sacerdoce, la paix dans les consciences, le bonheur dans les familles.

1. E. Soyez. Notices sur les évêques d’Amiens , p. 340. Mgr de Machault mourut le 12 juillet 1820.

2. De Villaret, Jean-Chrysostome, né à Rodez, le 27 janvier 1739, chanoine théologal et vicaire général de l’évêque de Rodez, député aux États généraux.

3. La Décade du département de la Somme. 30 Messidor an X. Programme de la cérémonie de l’installation de M. l’évêque d’Amiens, pour le 22 messidor an X. Amiens, Impr. Maisnel. — Acte de prise de possession de l’évêché d’Amiens. — Discours de M. l’évêque d’Arras à M. l’évêque d’Amiens, en le recevant à la porte de l’église cathédrale de cette ville où il était chargé de l'installer. — Réponse de M. l’évêque d’Amiens a M. l’évêque d’Arras.

LE CONSULAT

« Votre exemple apprendra à tous que servir Dieu, que servir la Patrie, c’est remplir les premiers devoirs de l’homme et du citoyen. »

Mgr de Villaret fut conduit processionnellement au chœur. Après la lecture des actes olïiciels qui instituaient le siège épiscopal d’Amiens, on accomplit le rite prescrit pour l’intronisation du prélat, qui célébra la messe suivie du chant du Te Deum. Piendant compte de la solennité qui avait attiré, dans l’enceinte et aux abords de la Cathédrale, une foule que Rivoire estime à plus de dix mille personnes, l’organe officiel de la préfecture ajoute : « Le jour du 11 juillet 1802 peut être mis au nombre de ceux qui ont signalé le triomphe de la Foi. L’allégresse était générale ; les partis avaient oublié leurs divisions. »

Le même acte qui érigea, dans la Cathédrale, un chapitre composé de deux vicaires généraux et de huit chanoines recrutés parmi les dignitaires de l’ancien clergé des églises d’Amiens, de Beauvais, de Noyon et de Senlis, institua autant de cures concordataires qu’il y avait de cantons. Aux quatre cantons, ou arrondissements de justice de paix d’Amiens, correspondirent les quatre cures de Notre-Dame, de Saint-Germain, de Saint- Leu et de Saint-Jacques. Le tableau des succursales ne fut approuvé que le 23 avril 1803 l. Tous les oratoires domestiques

1. Arch. de la Somme. V. Documents généraux. — Copie signée Quinette, J. Chris, évêque, Portalis.

État des cures et des succursales des quatre cantons d’Amiens, approuvé le 3 floréal an XI.

Canton Nord. — Cure Saint-Leu ; succursales : Allonville (Rivery-le- Pelit, Cardonnette), Poulainville , Saint-Pierre.

Canton Sud-Est. — Cure Notre-Dame ; succursales : Saint-Remy (intra muros), Camon (Rivery-le-Grand, La Motte- Brebière), Cagny (Boutillerie), Longueau , Saint- Acheul (La Neuville).

Canton Sud-Ouest. — Cure Saint-Jacques ; succursale : Pont-de-Metz (Petit-Saint-Jean).

étaient supprimés. Les évêques avaient le droit de solliciter la réouverture de ceux qu’ils jugeraient utiles. Le premier oratoire privé, autorisé dans la ville, a été celui de l’hôtel de la préfecture, pour l’usage de Mrae Quinette b

Le dimanche 24 octobre 1802, les vicaires généraux, les chanoines et titulaires des cures du diocèse, prêtèrent le serment de fidélité prescrit par l’article 7 du Concordat. La cérémonie eut lieu à la cathédrale, en présence des autorités civiles, après l’évangile de la messe pontificale. Les jours suivants, les curés furent installés dans leurs paroisses respectives. Ils se rendirent alors à la préfecture, (c afin de renouveler l’alliance qui s’était formée, au pied des autels, entre la Religion et l’État 2 ».

De l’ensemble des témoignages contemporains, il résulte que la réouverture des églises fut accueillie partout avec bonheur.

Tout était à réorganiser dans le diocèse : le séminaire, les cadres paroissiaux, l’administration temporelle et spirituelle. Le recrutement du Clergé était nul depuis quinze ans. Le petit nombre de prêtres ordonnés en émigration ne suffisait point à combler les vides qui s’étaient produits et qui allaient se produire parmi les hommes que les épreuves physiques et morales avaient épuisés. Le premier souci de Mgr de Villaret, après qu’il eut reconstitué les cadres de son Église, fut de former de jeunes recrues dans le séminaire

Canton Nord-Ouest. — Cure Saint -Germain ; succursales : Saint- Sauveur , Argœuves, Saveuse, Dreuil , Montières, Renancourt.

L’état des circonscriptions paroissiales, approuvé le 28 août 1808, après le décret du 30 septembre 1807, apporta un premier changement à cet état. Saint- Acheul et La Neuville furent annexés à Longueau et Longpré-lès-Amiens à Allonville.

1. Arch. nat. AF IV. Plaquette 1065, n° 70. Décret du 30 messidor an XIII.

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