‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 114 sur 197 · Le Glaneur, 1er juin · texte numérisé non relu

Le Glaneur, 1er juin

2. Mémorial d'Amiens, 6 janvier 1853. Discours du recteur de l’Académie aux instituteurs : « Nous savons tout le mérite que vous avez eu pour repousser en immense majorité, dans le département de la Somme, les avances de ces utopistes audacieux qui, dans leur impuissance de

réédification, n’avaient de passion que pour abattre et détruire , vous

conviant ironiquement à sortir de l’obscurité de votre condition pour devenir d’autant plus grands que vous serez partis de plus bas »

La Providence est avec nous; elle est notre soutien, notre consolation, notre force ! » .

Les Amiénois ne subissaient pas rentrainement. Les inclinations des masses n’étaient alors ni turbulentes, ni agressives ; il suffisait d’un bien petit effort des chefs d’établissement pour gagner les sympathies de leurs ouvriers et résister au courant socialiste. Si quelque misérable profère des menaces sur la voie publique et crie : Vive la République démocratique et sociale! A bas les riches! Vive la guillotine!1 c’est un fait isolé. De tels propos, émanant d’un alcoolique, ne sauraient dénoter l’état d’esprit de la classe ouvrière.

Ces nouveautés, malgré tout inquiétantes, s’ajoutant aux agitations quotidiennes de la Capitale, contribuent à discréditer la République aux yeux de notre population paisible, qui en arrive à confondre les républicains de l’école libérale avec les « rouges » 2, auxquels une certaine presse ne craint pas d’attribuer les pires desseins. Ainsi représente-t-on les « Montagnards » s’emparant de la préfecture, de l’hôtel de ville et du « débarcadère », au cas où l’anarchie triompherait, mettant en arrestation le préfet, le maire, les adjoints, les officiers supérieurs de la garde nationale et les fusillant sans merci dans les fossés de la citadelle 3.

Telle était la situation au moment des élections à l’Assemblée législative, du mois de mai 1849. En dépit de quelques malentendus qui pouvaient devenir funestes, lorsque le parti de l’ordre eut à fixer le choix de ses candidats 4,

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